Faut-il “changer d’ordonnance, de médecin, apporter un autre diagnostic, voilà les questions que se pose l’opinion publique malienne, mais la position du gouvernement est de dire que nous restons dans l’Accord”, a-t-il dit.– Wagner et “rumeurs” –

Après une diatribe samedi à l’ONU à l’égard de la France, qui, a-t-il dit, a “abandonné le Mali en plein vol” en décidant unilatéralement de retirer ses troupes de l’opération Barkhane du nord du Mali, le Premier ministre a démenti tout “discours de rupture”.

“Nous avons un accord écrit” avec la France, “on ne peut s’en désengager sans même nous aviser”, a asséné Choguel Kokalla Maïga. La France a pris sa décision “au motif que le gouvernement dialoguait avec les terroristes” alors que “c’est une demande forte du peuple malien”, s’est insurgé le Premier ministre.

Interrogé pour savoir s’il avait une ligne rouge pour ne pas parler à certains des groupes terroristes les plus radicaux, il a répondu: “Nous ne nous interdisons de parler avec personne, sauf qu’il y a des choses qui ne sont pas négociables, l’unité nationale, la souveraineté de l’Etat malien sur l’ensemble de son territoire, l’intégrité du territoire national et la forme républicaine et laïque de l’Etat”.

“On nous dit que la France quitte un certain nombre de localités, Barkhane quitte le Mali pour se concentrer sur Takuba”, une nouvelle opération menée par des forces spéciales européennes et décidée “sans que le gouvernement malien n’en connaisse les contours”, a poursuivi le Premier ministre. “Nous ne savons pas comment elle a été constituée, qui la compose, quelle sera sa mission”, a-t-il dénoncé.

“Lorsque des zones sont abandonnées, qu’est-ce qu’il nous reste? Chercher des alternatives”, a fait valoir Choguel Kokalla Maïga, en évoquant implicitement des négociations avec des sociétés paramilitaires russes, comme confirmé samedi par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

“Tout ce débat autour de Wagner relève pour l’instant des rumeurs”, tout comme le financement de ces groupes par des ressources minières, a-t-il affirmé. “Lorsque nous conclurons un accord”, avec un “Etat ou quelconque partenaire”, “nous n’aurons aucune honte de le rendre public”, a précisé le Premier ministre.

“Nous en sommes au stade des rumeurs et souvent même de la désinformation”, a-t-il souligné.

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AFP