Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, entame lundi une visite de trois jours au Mali, au Niger et au Tchad. Le redéploiement du dispositif militaire français au Sahel et la situation en Centrafrique seront au centre des discussions.
Pour la première fois depuis des années, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ne réveillonnera pas avec les militaires déployés en Afghanistan, mais avec les troupes présentes en Afrique. C’est au Mali que le ministre entame, lundi 30 décembre, une visite de trois jours qui le mènera également au Niger et au Tchad. Le redéploiement du dispositif militaire français au Sahel et la situation en Centrafrique seront les principaux sujets de discussion.
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Le ministre s’entretiendra, mardi, avec le président Ibrahim Boubakar Keita, à quelques jours du premier anniversaire de l’opération Serval, lancée le 11 janvier 2013 pour chasser les islamistes armés qui contrôlaient le nord du pays.
Fin décembre, 2 500 soldats français seront encore présents dans le pays, soit deux fois moins qu’au plus fort de la crise. Au printemps 2014, le contingent français ne devrait plus compter qu’un millier d’hommes. 650 soldats français poursuivront à terme leurs opérations contre le « terrorisme » au Mali, où les groupes islamistes conservent une forte capacité de nuisance. Les 350 autres se répartiront entre la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) et la participation française à l’état-major de la Minusma, la force des Nations-unies au Mali.
La France qui dispose d’environ 5 000 hommes stationnés en permanence en Afrique, de Dakar (350) à Djibouti (2 000), en passant par Libreville (950), N’Djamena (950) ou encore Abidjan (450), entend « réarticuler » de façon « très progressive » son dispositif dans la région afin de l’adapter aux nouvelles menaces, souligne-t-on à la Défense.
Crise centrafricaine
La réorganisation du dispositif militaire français sera également au menu des discussions, mercredi à Niamey, avec le président nigérien, Mahamadou Issoufou. La visite du ministre de la Défense survient alors que les deux premiers drones de surveillance Reaper achetés par la France aux États-Unis doivent être installés de façon imminente sur la base française de Niamey. Une avancée dans un domaine, le renseignement, où les forces françaises ont montré de graves lacunes depuis le début de l’opération au Mali.
Enfin, la crise en Centrafrique, où les affrontements inter-communautaires ont encore fait plusieurs dizaines de morts ces derniers jours, malgré la présence de 1 600 militaires français, sera au centre des entretiens entre Jean-Yves Le Drian et le président tchadien, Idriss Deby Into.
Omniprésents dans Bangui, les 850 soldats tchadiens de la Misca sont accusés par une majorité de la population de soutenir les ex-rebelles Séléka et ont été impliqués dans plusieurs incidents. Ils vont progressivement être redéployés dans le nord du pays.
Dans l’entiurage du ministre de la Défense, on préfère souligner le « rôle moteur » joué par le Tchad « auprès de ses pairs d’Afrique centrale ». Et de préciser que Idriss Déby et Le Drian s’entretiennent d’ailleurs régulièrement « à la fois de l’action du contingent tchadien de la Misca », la force africaine en RCA, et de « l’articulation politique d’ensemble ».