Depuis ce mardi à 12 heures, l’Hôpital du Mali est en situation de blocage. Les médecins, avec le soutien unanime des trois syndicats du secteur, ont pris une décision radicale : suspendre toute nouvelle admission de patients. Si ceux déjà hospitalisés continueront de recevoir des soins, il n’y aura plus de consultations ni d’entrées de nouveaux malades. Une situation qui s’ajoute à celle du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Gabriel Touré, où un mouvement similaire est en cours.
Une grève motivée par un sentiment d’injustice
Bamada.net-Ce mouvement de protestation fait suite à l’incarcération du professeur Broulaye Samaké, un médecin de l’Hôpital du Mali, placé sous mandat de dépôt pour expropriation d’une parcelle. Une décision jugée arbitraire par ses collègues, qui rappellent que le nom du professeur Samaké figure sur l’acte notarié du terrain en question.
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Un mouvement bien encadré
Les syndicats s’appuient sur plusieurs textes juridiques pour justifier leur action, notamment :
- La Constitution de la République du Mali
- La Charte de la Transition garantissant les droits fondamentaux des citoyens
- Les conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) relatives aux droits des travailleurs
- La loi hospitalière de 2002 modifiée
- Le Code du travail en vigueur au Mali
Dès lors, le mouvement de protestation ne vise pas uniquement la libération du professeur Samaké, mais aussi la dénonciation d’une justice perçue comme partiale et expéditive dans cette affaire.
Des conséquences pour les patients et le système de santé
Cette grève a des répercussions immédiates sur les patients. Faute de nouvelles admissions, ceux qui devaient se rendre à l’Hôpital du Mali pour des soins urgents sont désormais contraints de chercher des alternatives. Pour certains, cela signifie une attente prolongée, voire un renoncement aux soins, en raison du manque de structures hospitalières accessibles.
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Face à cette crise, des organisations de la société civile appellent le gouvernement à intervenir rapidement pour débloquer la situation. « Il est inacceptable que les citoyens payent le prix d’un conflit qui aurait pu être résolu autrement », souligne un responsable d’une ONG locale.
Quelle issue pour ce bras de fer ?
Les syndicats restent fermes : tant que le professeur Samaké restera derrière les barreaux, les admissions resteront suspendues. En attendant, les négociations avec les autorités semblent au point mort. Si aucune solution n’est trouvée rapidement, la paralysie du système de santé pourrait s’étendre à d’autres établissements hospitaliers du pays.
Cette affaire relance aussi le débat sur l’indépendance de la justice et les conditions de travail des professionnels de santé au Mali. Dans un pays où l’accès aux soins reste un défi majeur, ce conflit met en lumière des dysfonctionnements qui, s’ils ne sont pas corrigés rapidement, risquent d’aggraver encore davantage la situation sanitaire nationale.
Bamada.net suit de près l’évolution de cette crise et continuera à informer ses lecteurs sur les développements à venir.
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Fatoumata Bintou Y
Source: Bamada.net