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Discorde Bamako-Paris : Le point de non-retour est-il atteint ?

Entre Bamako et Paris le torchon brûle et le fossé s’accroît indubitablement. Loin des dissentiments classiques inter-Etats où les torts sont généralement partagés, c’est un Etat malien dos au mur qui se voit dans l’obligation de braver l’ex puissance coloniale qui rechigne visiblement à admettre ses errements.

 

En effet, depuis l’arrivée massive des troupes militaires étrangères sur le sol malien, en 2013, l’insécurité s’est métastasée aisément sur toute l’étendue du territoire national. Un regrettable et dramatique fait parlant dont l’évocation vexe bizarrement la France, qui s’était résolue, suite au deuxième coup de force militaire du colonel Assimi Goita en mai 2021, d’accélérer la réduction des effectifs de l’opération Barkhane. Le drame d’Ouatagouna et d’autres s’en sont suivis comme tragique conséquence. Dans une logique d’endiguer les massacres quasi quotidiens des populations, l’Etat malien a ainsi décidé d’explorer une diversification de son partenariat militaire tout en excluant pas une possible révision de la coopération militaire la France, dont le contenu relève de l’ésotérisme. Toutes choses qui sidèrent l’ego surdimensionné notoire de l’Élysée, qui n’a de cesse de s’illustrer par des propos propres à exacerber le climat exécrable entre les deux pays.

En réplique à cette posture de l’exécutif français, l’actuel chef du gouvernement malien a su profiter de l’audience de la tribune de la 76ème session ordinaire de l’assemblée générale de l’ONU pour expectorer avec témérité à la face du monde ce qui est l’aspiration ultime de bon nombre de ses concitoyens. Parallèlement au discours de Choguel Maiga, jugé populiste et indécent pour certains et chauvin pour d’autres, ce qui a surtout été saillant c’est la réaction de clarification du chef de la diplomatie russe. Serguei Lavrov, qui, tout en affirmant que son pays n’est pas impliqué dans les négociations entre la société «Wagner» et le Mali, dit à qui veut l’entendre qu’un programme de coopération politique et militaire entre la Russie et le Mali, dans le cadre des recommandations onusiennes, ne saurait être perçu comme un problème. Et de marteler que la France déraisonne en estimant que le Mali est son territoire. Cette clarification vient conforter la position d’une écrasante majorité des Maliens qui chérissent l’idée d’un partenariat étroit et multiforme entre le Mali et la Russie après le départ définitif, souhaité de la France.

Difficile, en définitive, d’imaginer une réconciliation prochaine entre Bamako et Paris, au regard des coups de boutoir et menaces proférées par le ministre français de la défense à l’endroit du Premier ministre malien. Il y a lieu plutôt de s’interroger si les autorités de Transition ne se feraient pas hara-kiri en rebroussant chemin, au regard du soutien populaire dont elles bénéficient présentement du seul fait de leur hostilité face à la France. Les dés paraissent davantage jetés avec la réception récente au Mali de quatre hélicoptères type MI-171 et des armes de la Russie contrariant ainsi grandement l’Elysée. Comme quoi, le divorce entre les deux pays Mali de fil en aiguille prend forme, pour la PASJ grande satisfaction d’un peuple malien qui ignore peut-être la lourde conséquence pouvant découler d’une rupture brutale avec une France capable de pactiser avec le diable pour le cas malien soit Mali une leçon pour d’autres du même pré-carré.

Ousmane Tiemoko Diakité

Source : Le Témoin

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