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Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé souhaite un report de l’élection présidentielle et la tenue d’assises nationales

(Agence Ecofin) – Pour l’ancien ministre ivoirien de la Jeunesse sous Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, organiser la présidentielle le 31 octobre serait conduire le pays « droit dans le mur ». Il souhaite son report et appelle à la tenue d’assises nationales pour aplanir les divergences.

L’ancien ministre ivoirien de la Jeunesse sous Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé (photo), a appelé dimanche 6 septembre à la tenue d’une grande concertation nationale et au report du scrutin présidentiel prévu le 31 octobre 2020 en Côte d’Ivoire.

« Organiser le scrutin électoral du 31 octobre 2020 dans des circonstances pareilles serait conduire notre pays droit dans le mur. Il nous faut repousser le scrutin, mettre ce report à profit pour organiser des assises nationales qui permettraient de rechercher le consensus », a-t-il déclaré dans une adresse faite depuis La Haye, en Hollande, où il réside depuis son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI).

Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP) estime que « ces assises nationales seront l’occasion de réunir autour d’une table les forces vives de la nation pour discuter des sujets, même les plus fâcheux ».

Au nombre de ces sujets, Charles Blé Goudé a relevé entre autres, la réforme de la Commission électorale, la composition du Conseil constitutionnel, et l’audit de la liste électorale.

Ces propositions rejoignent celles déjà formulées par l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, actuellement en exil à Paris et l’ex-première dame, Simone Ehivet Gbagbo, ainsi qu’une partie de la société civile.

Condamné par contumace à une peine de 20 ans de prison par la justice ivoirienne, Charles Blé Goudé a été rayé de la liste électorale, tout comme l’ancien président Laurent Gbagbo et Guillaume Soro. Une décision vue par l’opposition et bon nombre d’observateurs comme une manœuvre visant à éliminer des candidats de poids de la présidentielle.

Depuis quelques mois, le climat politique en Côte d’Ivoire est tendu. Après les « divorces » intervenus au sein de la mouvance présidentielle, une grave suspicion plane sur la transparence du prochain scrutin présidentiel. Le 15 juillet 2020, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a même ordonné à l’Etat ivoirien de réformer à nouveau la Commission électorale ; ce à quoi les autorités du pays semblent clairement réticences.

Par ailleurs, la récente décision du président sortant Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat jugé « inconstitutionnel » par l’opposition et des observateurs de la société civile a entraîné des violences qui ont fait plus d’une dizaine de morts.

Borgia Kobri

 

Source: agenceecofin

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