L’Union Nationale des Enseignants Retraités de l’Éducation et de la Culture (UNEREC) a tenu une conférence marquante, le 3 juillet 2025, au Centre National des Ressources de l’Éducation non Formelle, autour d’un enjeu fondamental pour la souveraineté malienne : l’officialisation des langues nationales.
Dans un Mali engagé vers une affirmation pleine de sa souveraineté, cette démarche linguistique prend tout son sens. Le pays a désormais inscrit dans sa Constitution les fondations juridiques d’une Politique Linguistique Nationale, amorcée en 2014, qui vise à valoriser les langues locales dans leurs contextes d’usage et à renforcer le vivre-ensemble.
Représentant le ministère de l’Éducation nationale, Banna Moussa BAKHAGA a salué l’action de l’UNEREC, qualifiant l’organisation de « partenaire essentiel » dans ce processus. Il a souligné que « la souveraineté nationale ne peut être pleinement réalisée sans l’appropriation par les citoyens de leurs langues nationales. »
Le président de l’UNEREC, Abdoulaye SISSAKO, a réaffirmé l’engagement de son organisation à soutenir les réformes éducatives et culturelles : « Nous mettons notre expertise au service de la nation pour accompagner cette réforme historique. »
Invité en tant que conférencier, le professeur Abou DIARRA a défendu avec passion cette initiative. Selon lui, « officialiser nos langues est un acte de souveraineté. Un État véritablement indépendant travaille dans sa propre langue. » Une déclaration qui a résonné avec force dans une salle attentive aux enjeux identitaires et politiques de cette réforme.
La réforme s’appuie sur l’article 31 (alinéa 2) de la Constitution du 22 juillet 2023. Le projet de loi organique en cours de discussion définit les conditions d’usage officiel des langues nationales, jetant ainsi les bases d’un cadre légal solide pour leur reconnaissance dans les sphères administratives, éducatives et sociales.
Cal Jacques DIARRA