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Baisse de niveau scolaire : les réseaux sociaux, un couteau à double tranchant

Les technologies de l’information et de la communication ont simplifié l’expression tout en impactant négativement le niveau en français des élèves et étudiants maliens, dénonce Lamissa Diarra. 

 

Les jeunes maliens utilisent de plus en plus les réseaux sociaux, qui offrent de nombreuses commodités, pour « clavarder » ou faire passer des messages. Pour eux, l’essentiel étant de se faire comprendre. Plus besoin de fournir des efforts pour tenir un langage correct. Les apprenants se soucient peu des règles linguistiques qui imposent plus de rigueur dans l’expression. Toutes choses qui impactent négativement leur capacité à s’exprimer correctement, surtout à l’écrit.

La baisse de niveau quant à l’expression en français est une réalité dans notre pays. De nombreux maliens s’accordent à dire que nos écoles ne forment plus comme il faut, et qu’il est très difficile pour un élève ou un étudiant d’aligner deux phrases sans commettre une faute grammaticale. Qui ne se rappelle pas des propos de notre ancien président de la République Ibrahim Boubacar Keita, qui rapportait lors d’un entretien télévisé sur les antennes de la télévision nationale qu’un de ses neveux lui a exprimé une fois son souhait d’avoir « un moto ».

Baisse de niveau

Qui n’a pas en mémoire une autre sortie du même président, lorsqu’il tançait les hommes de médias de notre pays qui, selon, ne font pas attention aux fautes grammaticales dans leurs écrits. Ces derniers n’ont pas manqué de répliquer à juste raison. Disons-le donc ! La baisse de niveau en français des apprenants maliens n’a pas commencé avec l’avènement des nouvelles technologies. Cependant, les commodités qu’offrent ces nouveaux moyens d’apprentissage leur simplifient trop la tâche.

Les travaux de recherche confiés aux apprenants devraient constituer de véritables opportunités d’apprentissage et d’autoformation. Les enseignants souhaitent, qu’au-delà des connaissances transmises à l’école, l’élève ou l’étudiant cherche à renforcer ses compétences et à pousser ses réflexions, explique Alhousseini Maiga, professeur de français au lycée. À l’issue de ces activités de recherche, l’apprenant est censé bénéficier de plusieurs autres informations qui viennent compléter celles obtenues en classe.

«Copier-coller »

Malheureusement, avec la facilité d’accès aux informations grâce à la technologie, les élèves et étudiants maliens ont pris la mauvaise habitude de plagier. C’est-à-dire qu’ils s’empressent de reproduire textuellement les travaux d’autres personnes tout en s’attribuant le mérite. Pas la peine de faire des efforts si d’autres ont déjà traité la question. Au lieu de profiter de l’ensemble des informations disponibles sur les moteurs de recherche pour se faire une analyse propre, les jeunes apprenants maliens pour la plupart font du copier-coller, comme on aime le dire chez nous. La majorité par manque de niveau. « Ce qui fait que nos élèves sont incapables de s’exprimer correctement, et d’ailleurs ils ne prennent même pas de temps pour lire les textes qu’ils copient, sinon ils apprendraient quelque chose», commente l’enseignant.

L’utilisation effrénée des réseaux sociaux a fini par impacter également la capacité rédactionnelle des apprenants maliens. Les abréviations qui consistent à raccourcir les mots, en y soustrayant des lettres, inondent les phrases employées par les élèves et étudiants sur les réseaux sociaux.

« Les réseaux sociaux ne sont pas faits pour prouver son savoir »

Jugés plus pragmatiques, « les réseaux sociaux ne sont pas faits pour prouver son savoir », me rétorque mon jeune frère lycéen. Cette opinion largement partagée par nos élèves et étudiants leur confère une certaine autorité pour continuer à malmener les règles grammaticales. « J’ai l’habitude de corriger des copies de mes élèves avec des abréviations embêtantes. “L’habitude est une seconde nature“, dit-on», regrette Ladji Diarra, également professeur de français.

Le français est la langue officielle dans notre pays. Il aurait été préférable de faire avec nos langues locales mais nous sommes devant les faits. Nos élèves et étudiants sont formés pour servir dans nos administrations et entreprises qui fonctionnent toutes avec cette langue. Ils ne pourront y travailler convenablement que s’ils maîtrisent cette langue. Utilisons les technologies à notre profit et non contre nous. S’exprimer correctement en français n’est pas un choix pour nos apprenants, c’est bien un impératif.

Il appartient à nos jeunes élèves et étudiants de savoir que le présent ne leur fera pas échapper au futur. Si aujourd’hui ils ont toutes les astuces pour négliger le français, une fois sur le marché de l’emploi demain ils risquent de se faire disqualifier pour cette indispensable aptitude. Tâchons d’y penser.

Source : Benbere

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