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Après le deuxième tour des législatives: Des enseignements à tirer

Le deuxième round des élections législatives a eu lieu le 19 avril sous la menace accentuée du Covid-19. Rime ou non sur le nombre 19, il est évident que les maudites consultations électorales ont constitué un baromètre important évaluer la vie politique nationale. 

 

À défaut de tenir le rythme, l’agenda farouchement contrôlé par Ibrahim Boubacar Keïta est toujours dans sa cadence originelle. Pas à pas, se faufilant entre mensonges d’État, écueils politiciens et manœuvres dignes de Sioux, le président de la République mène le pays et la nation vers des horizons incertains. Il ne peut en être autrement puisque lui-même ne doit sa réélection en 2018 que grâce à la manipulation des bulletins de vote par la technique politico-médicale de fécondation « in urno » et autres méthodes de fraudes qui ont atteint au Mali des dimensions si astronomiques qu’il est quasiment impossible de les démêler. Bref, le système d’IBK est un mélange de déni de la démocratie et d’insouciance politique.
Il est désormais évident que le Mali est le seul pays sur la planète à oser maintenir des élections pendant la période d’une indéniable pandémie historique, le Covid-19, qui a jeté le monde entier dans une effroyable anxiété. Cette performance est uniquement due au mépris d’Ibrahim Boubacar Keïta qui a crânement tenu tête à l’écrasante majorité de son peuple et de la classe pour un avenir dont il croit avoir reçu mandat du ciel. C’est un déshonneur historique et une sombre médaille criminelle dont il paiera le prix énorme outre-tombe.
Il s’y ajoute qu’au premier tour des honnies législatives, seuls 22 députés sur 147 avaient pu être élus dans des conditions d’insécurité et de pagaille inouïes qui n’honorent aucune démocratie vertueuse, encore moins une personne soucieuse d’excellence. Bamako, la capitale, n’avait même pas alors enregistré 10% de mobilisation du corps électoral. Par contre, à Kidal qui se trouve sous la coupe réglée de la C.M.A. (Coordination des Mouvements de l’Azawad ), organisation ouvertement indépendantiste, le camp présidentiel a raflé toute la mise. Un message pas difficile, même de la part des esprits les plus obtus, à décrypter.
Les 125 députés qui restaient à élire au deuxième tour, soit les 4/5 de la future Assemblée nationale, ont compéti dans une indifférence déconcertante, comme si les citoyens, majoritairement, se moquaient de la future institution législative. En plus, la promesse du président de la République, reprise et amplifiée par le chef du gouvernement et le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, de sécuriser les élections, a été à nouveau un mensonge d’État. Le scrutin s’est déroulé dans des conditions de violences extrêmes. Au moins 200 bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir sur l’ensemble du pays. À Ansongo, Gao et dans plusieurs localités de Tombouctou, la fronde citoyenne contre l’implication malhonnête des agents de l’État, notamment des chefs des exécutifs régionaux, a perturbé en plus fortement le déroulement des opérations, et les violences ont fait le reste. Quid de Mopti où les incidents ont été si multiples que les résultats ne peuvent être honnêtes.
À Bamako où le Rpm a eu son seul député dans la capitale en la personne de Karim Keïta, le fils du président, les populations de la commune II crient à la fraude et s’organisent pour faire échec aux résultats provisoires transmis au ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation. D’importantes manifestations de protestation y sont en tout cas en préparation avec des supports donnant les preuves d’achat de conscience, de bourrages d’urnes.
Mais ce qu’il faut surtout retenir, pour l’Histoire, en plus de toutes les tares pointées çà et là, c’est que IBK, qui a crié sur tous les toits que toutes les conditions sanitaires sont réunies pour le deuxième tour des législatives, est quand même venu voter avec son propre encrier. Assurément, il l’a fait avec la conviction que les encriers destinés à tous seraient infectés, en tout cas qu’ils ne garantissaient pas à 100% la santé publique. Un mensonge d’État de mieux enveloppé, cette fois, dans la traîtrise à la nation.

Ahmad Ould Bilé

LE COMBAT

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