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Aide étrangère en Afrique: les vérités dérangeantes de Célestin Monga

L’analyse de Célestin Monga sur la suspension de l’aide américaine à l’Afrique et les enjeux structurels du développement du continent est à la fois percutante et provocatrice. Elle soulève des questions fondamentales sur la dépendance à l’aide internationale, la responsabilité des élites africaines, et les dynamiques géopolitiques. Voici une synthèse critique de ses arguments et des implications.

Critique de l’aide publique et responsabilité africaine
Dépendance et « misérabilisme »
Monga dénonce l’addiction des États africains à l’aide étrangère, qu’il qualifie de « stratégie de la pitié ». Il pointe du doigt les élites africaines qui, selon lui, externalisent leurs responsabilités depuis des décennies, préférant « pleurnicher » plutôt que de construire des économies productives.
Exemple : Les budgets d’éducation et de santé, souvent présentés comme dépendants de l’aide, sont en réalité majoritairement consacrés aux salaires, financés par les États eux-mêmes.

Chiffres révélateurs
Il rappelle que l’aide totale à l’Afrique (60 milliards de dollars en 2023) est dérisoire face aux 610 milliards de recettes d’exportation générées par le continent, dont une grande partie est détournée via les flux financiers illicites (fuites de capitaux, surfacturation, etc.).
Ironie : L’Afrique perd bien plus en capitaux illicites qu’elle ne reçoit en « dons », soulignant l’absurdité du discours sur la « générosité » des donateurs.

⁠Dénonciation des institutions internationales
FMI et Banque mondiale : des « prêteurs » inadaptés
Monga, ancien cadre de la Banque mondiale, critique violemment les conditionnalités des institutions de Bretton Woods, qu’il juge contre-productives. Les programmes d’ajustement structurel, axés sur l’équilibre comptable, étouffent les investissements publics nécessaires (infrastructures, éducation, santé).
Exemple : Le Ghana, pourtant présenté comme un « bon élève », a signé 17 accords avec le FMI avant de faire défaut en 2022.

Colonialisme économique
Il dénonce l’hypocrisie des pays occidentaux qui fixent les prix des matières premières africaines en dollars, imposent des règles commerciales déséquilibrées (ex : régulations climatiques pénalisant le cacao ivoirien), et profitent d’une monnaie sur laquelle l’Afrique n’a aucun contrôle.
Chiffre-clé : Les pertes liées à la vente des ressources africaines en dollars dépassent largement le montant de l’aide reçue.

Pistes pour l’autonomie africaine
Industrialisation et zones économiques spéciales
Monga plaide pour une rupture avec le modèle actuel. Il prône la création de zones économiques attractives pour les capitaux privés, l’accès aux marchés internationaux pour les produits manufacturés africains, et des partenariats « gagnant-gagnant » avec des acteurs comme la Chine ou les Émirats arabes unis.
Exemple : L’AGOA (accord commercial États-Unis-Afrique) doit être renégocié pour inclure des produits à valeur ajoutée, non juste des matières premières.
Leadership et colère des jeunes
Il insiste sur le besoin urgent d’un leadership visionnaire en Afrique, capable de transformer la « colère » croissante de la jeunesse en projets concrets. Sans cela, les élites actuelles risquent d’être balayées par des révoltes sociales.

Réactions à la suspension de l’aide Trumpienne
Opportunité historique
Pour Monga, la décision de Trump pourrait paradoxalement « secouer » l’Afrique en forçant ses dirigeants à se libérer de la dépendance à l’aide. Il cite le Kenya, le Rwanda et le Sénégal, dont les leaders appellent déjà à une réorientation stratégique.
Risque
Un report accru vers des partenaires comme la Chine, dont les prêts opaques pourraient creuser la dette africaine.

Climat et hypocrisie occidentale
Il fustige les normes environnementales européennes (ex : lutte contre la déforestation), qui pénalisent les agriculteurs africains sans contrepartie. « On ne peut pas demander aux paysans africains de résoudre des problèmes climatiques qu’ils n’ont pas créés », résume-t-il.

Un appel à la rupture
Célestin Monga livre un réquisitoire sans concession contre un système où l’Afrique reste prisonnière de logiques néocoloniales et de ses propres élites corrompues. Si sa critique de l’aide est radicale, elle met en lumière des vérités gênantes :
L’aide internationale est un outil de pouvoir politique, non une solution au sous-développement.
L’Afrique doit prioriser l’industrialisation, la fiscalité juste, et des partenariats équitables.
La colère des jeunes exige des réponses concrètes, sous peine d’explosions sociales.

Enjeu final
L’alternative est claire : soit l’Afrique saisit cette crise pour se réinventer, soit elle reste engluée dans un cycle de dépendance et de pauvreté. Comme le dit Monga, « même le diable » ne protégera pas ceux qui ignorent cet impératif.

Célestin Monga est camerounais, professeur d’économie à l’Université d’Harvard,
Massachusetts, Etats-Unis).

Source: Info Matin

 

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