Après le CHU Gabriel Touré, le CHU de Point G, l’Hôpital du Mali et les centres de santé des communes I et II, ont annoncé, ce mercredi 2 avril 2025, qu’ils n’accepteront plus de nouvelles admissions, en signe de protestation contre l’arrestation du Pr Broulaye Samaké, qualifiée d’«injuste» par les responsables syndicaux.
L’élan de solidarité en faveur du Pr Broulaye Samaké, incarcéré le lundi 24 mars dans le cadre d’un différend foncier l’opposant à un officier malien, ne faiblit pas. À la veille de son jugement, ce jeudi 3 avril, plusieurs structures sanitaires ont tenu des réunions pour lui apporter leur soutien. La plupart ont décidé de ne plus accepter de nouveaux patients jusqu’à la libération, sans condition, du Pr Broulaye Samaké. Cette décision concerne notamment l’Hôpital du Mali, le CHU de Point G et les centres de santé des communes I et II du district de Bamako. D’autres structures risquent d’emboiter le pays d’ici le vendredi et provoquer une grève totale.
Au rythme où vont les choses, avec la métastase de la crise, le pays risque une paralysie totale de son système de santé si cette affaire ne trouve pas une issue rapide.
Le syndicat des travailleurs de l’hôpital Gabriel Touré, lors d’une conférence de presse, hier mercredi, a précisé que cette affaire ne relevait pas d’un conflit personnel. Elle implique le comité syndical, qui a acquis les parcelles destinées aux travailleurs, a expliqué Losseni Bengaly, secrétaire général.
« En 2005, nous avons acquis des terrains avec des titres fonciers pour les travailleurs. Ce titre a été attribué au personnel de Gabriel Touré par un système de lotissement, soit un total de 210 lots, dont la gestion a été confiée à un notaire », a rappelé M. Bengaly, ajoutant que «tous ceux qui ont payé intégralement ont reçu leur titre personnel».
En 2023, a regretté le responsable syndical, le cercle de Kati a vendu une partie de ces parcelles à un particulier (un officier de la gendarmerie) avec un permis d’occuper, créant ainsi un conflit entre les deux parties.
Refusant de démolir ses constructions sans décision de justice, le Pr Broulaye Samaké a été placé en détention provisoire expliquent les syndicalistes qui dénoncent l’injustice car «c’est un titre du syndicat et il devait agir » après l’échec de la voie du dialogue.
Selon le responsable syndical, leur action n’est pas une défiance envers la justice, ni aux autorités, encore moins de lancer un conflit entre les magistrats et le corps soignant. «Il s’agit de manifester notre mécontentement et de demander la réparation d’une injustice», a clarifié M. Bengaly.
Le syndicat s’est dit sidéré par la lenteur de la libération du Pr Samaké, malgré le mea-culpa de la préfecture de Kati, qui a reconnu avoir vendu une parcelle appartenant déjà à une organisation.
Lors de cette conférence, plusieurs responsables syndicaux d’autres structures de santé ont exprimé leur soutien à la lutte, tout en témoignant aussi de leur disponibilité à accompagner le mouvement d’arrêt partiel de travail. « Nous les infirmiers, les laborantins et autres ont décidé d’accompagner l’arrêt partiel à partir du vendredi si le Pr Broulaye n’est pas libéré », a annoncé le secrétaire général par intérim de ce comité syndical, estimant que c’est un combat de survie qui doit être mené par le monde soignant dans sa globalité.
A ce jour, ces syndicats : le comité syndical de la Faculté de médecine, de l’CHU-Gabriel Touré, CHU-Point G, le syndicat national de la santé, de l’action sociale, le syndicat national de l’Enseignement supérieur (CEN-SUNEP), le Syndicat des médecins appellent à la libération sans condition du Pr Broulaye Samake.
PAR SIKOU BAH