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Quand la maladresse de la ministre française des armées dévoile … Les visées impérialistes et néocolonialistes de l’Europe au Sahel

«Nous avons décidé de créer une unité de forces spéciales européenne. Dès 2020, les forces spéciales françaises aux côtés des forces spéciales de nos partenaires européens seront déployées au Mali…». Dixit Florence Parly, Ministre des Armée de France. Au-delà de l’allure chevaleresque, désobligeante voire insultante  envers les Maliens et les Sahéliens en général, l’on note une  volonté manifeste de la France de Macron «d’introduire» toute l’Europe au Sahel avec la bénédiction de Kidal, bien entendu, sans le moindre accord des pays concernés et en absence totale de résolution de l’instance onusienne… Et le pire est à craindre !

En visite à Gao le 06 Novembre dernier, Florence PARLY, Ministre français des Armées a en effet déclaré devant les militaires de l’opération Barkhane, que les soldats [français] qui luttent au Sahel ainsi que leurs chefs militaires et politiques disposent  «de volonté» et «d’idées nouvelles» parmi lesquelles, le déploiement très prochain «de forces spéciales européennes [pas seulement françaises]. Et d’ajouter que «dès 2020, les forces spéciales françaises aux côtés des forces spéciales de nos partenaires européens seront déployées au Mali…».

La décision est donc prise : des Armées Européennes, sous l’égide de la France seront déployées au Sahel dès 2020 !

Mais pourquoi des «Forces Spéciales européennes» et non l’OTAN ?

La visiteuse (Florence PARLY) a bien précisé à Gao : «dès 2020, les forces spéciales françaises aux côtés des forces spéciales de nos partenaires européens seront déployées au Mali…». Que fait donc Madame PARLY de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ?

Ah oui, son Employeur, Emmanuel Macron a enterré cette entité le 7 novembre dernier, seulement quelques heures après les déclarations à Gao, de son ministre en charge des Armées.

Aux dires de Macron en effet, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est en état de «mort cérébrale». Et de justifier ses propos : «Vous n’avez aucune coordination de la décision stratégique des Etats-Unis avec les partenaires de l’OTAN et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l’OTAN, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination… Ce qui s’est passé est un énorme problème pour l’OTAN».

Soit dit en passant, l’on dénote une frustration certaine chez le Président français en Syrie, frustration susceptible de justifier une volonté évidente de créer sa propre coalition au Sahel. En clair, l’OTAN étant cliniquement morte ou «assassinée» pour les besoins de la cause, il faudra alors créer sa propre coalition taillée sur mesure… au Sahel !

Et la «coïncidence» voudrait que les «forces spéciales européennes» dont il est question soient sans nul doute issues des pays membres de la Mission de Formation de l’Union Européenne au Mali, (EUTM). Et l’on constate que 19 des 21 potentiels adhérents à cette coalition sont aussi membres de l’OTAN pendant 10 des 29 de l’OTAN restent en marge de l’EUTM.

En clair, la Coalition de Macron se fera avec la majorité des pays de l’EUTM en laissant en rade une dizaine de membres de l’OTAN dont les Etats-Unis (voir tableau). Une réponse à l’Oncle SAM en Syrie ?

L’on imagine, en tout cas, qu’il s’agit là d’un aperçu de la nouvelle configuration géopolitique du monde. Bien entendu, il faudra compter avec l’Oncle SAM (USA) et la Russie ! Ceci est une autre histoire, ou du moins la suite à donner à la politique française au Sahel.

Kidal et les groupes terroristes : l’option et le prétexte

Le Président Nigérien n’a pas caché ses appréhensions à propos de Kidal. A ses dires, cette ville est le fief des terroristes. Et le monde entier est aujourd’hui d’avis, y compris des Français encore rattachés aux valeurs humaines et républicaines, que Paris file là du mauvais coton en soutenant les indépendantistes du MNLA et en flirtant avec les présumés groupes jihadistes qui seraient, au demeurant, ses propres créations.

En tout état de cause, cette initiative du «Gamin» [excusez de peu – l’expression est de Salif Keita], cette initiative disions-nous, consistant à déployer une «force spéciale européenne» au Mali et dans le reste du Sahel sous le prétexte de la lutte contre le terroriste, confirme tout simplement les visées impérialistes et néocolonialistes de cette France et de ses alliés européens.

Leur point d’attache est bien entendu Kidal où ils ont d’ores et déjà entamé la construction d’un aéroport internationale ; et l’alibi tout trouvé est la lutte contre le terrorisme avec, à la clef, la défaillance des armées nationales Maliennes, Nigériennes et Burkinabées.

Dans les faits, ils sont loin d’être innocents et sans reproches au sujet de la contreperformance de ces armées nationales. L’échec de celles-ci semble d’ailleurs délibérément provoqué en vue de justifier une éventuelle intervention.

Mais ils en attribuent évidemment toute la responsabilité à ces armées nationales. Pourtant…Tenez par exemple : les camps militaires maliens d’Indelimane et de Boulikessy (et bien d’autres censés respecter la norme internationale et qui sont pourtant tombés entre les mains des assaillants) ont été financés par la MINUSMA, construits par Barkhane, sous la supervision de l’EUTM avant d’être finalement livrés aux FAMAS. Peut-on dès lors dire que la responsabilité de l’échec incombe aux seuls militaires maliens lesquels sont en outre formés par l’EUTM ? Hum !

«Forces spéciales» : une autre appellation de «mercenaires»

La décision de déployer une unité spéciale au Mali et au Sahel en général est déjà prise et le nom de l’opération, adoptée. Elle est dénommée «Takuba» signifiant «Sabre» en Tamashek. Bien entendu, la question taraude bien d’esprits : pourquoi «Takuba» ?

Faudra-t-il finalement accorder du crédit à cette réflexion deLarba Israël LOMPO, Président de l’Association «Œil D’Afrik» au Burkina Faso ? Il a, en substance, déclaré ceci lors d’un séminaire sur la sécurité au Sahel :

«De 2014 à 2018, Nous n’avions cessé de demander des explications sur les noms donnés aux forces d’interventions françaises en Afrique.

La Côte d’Ivoire : la force d’intervention française était «Licorne». La Licorne est le seul animal mystique au monde capable de tuer un éléphant. Or l’emblème de la Côte d’Ivoire est l’éléphant.

La Libye : Force d’intervention française, «l’Harmattan», ce vent impétueux qui laisse sur son passage la sécheresse. L’emblème de la Libye, c’est un aigle royal à la poitrine verte qui exprime la volonté du peuple Libyen de reverdir le désert.

Le Mali : Les forces d’interventions françaises sont Serval et Barkhane. Serval est un animal né entre le chat sauvage et la panthère sa langue fait 5m. Il se nourrit d’oiseaux.

L’emblème du Mali, c’est un vautour au cou doré qui couvre la mosquée de Ségou.

Barkhane : dunes de sable en forme de croissant, utilisées par les habitants du sahel pour cacher leurs trésors pendant les déplacements. Une sorte de coffre-fort.

Aussi ne pouvons-nous pas penser que Serval s’évertue à détruire l’emblème du Mali pour que Barkhane s’accapare de ses trésors cachés ? Mais bon ! C’est au Chef d’état-major général des Armées Françaises de nous expliquer mieux».

Comme pour dire que le choix des noms voulus par la France n’est jamais innocent. «Takuba» serait loin de l’être.

Aussi, pourquoi une unité spéciale européenne aux côtés de Barkhane, opération jouissant pourtant de tous les «privilèges» et de gros moyens sur le terrain ?

Il est évident que ces «forces spéciales» dont il est question sont tout simplement des «Mercenaires» (des groupes de sécurité privés) appelés à faire les sales boulots au sujet desquels les armées régulières et respectables évitent d’être mêlées.  C’est justement la raison pour laquelle, les pays concernés (le Mali en particulier) n’ont nullement été consultés. D’ailleurs leur avis compte-t-il ?

Ces Etats doivent tout simplement refuser ce déploiement, synonyme pour eux, de début de la fin. Leurs sociétés civiles respectives, ont la latitude de saisir les juridictions internationales compétentes puisqu’il ne s’agit, ni plus ni moins que d’une invasion en règle et d’une grave violation de leur souveraineté territoriale.

B.S. Diarra

Source: La Sentinelle

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