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Mali : Quand le coronavirus accroit le taux de chômage !

Le chômage est un phénomène que vivent les jeunes diplômés du Mali depuis fort longtemps, mais avec l’arrivé de la covid-19, la  situation a empiré. La pandémie a causé le licenciement et le chômage techniques des centaines de travailleurs.

Au Mali, la covid-19 a fait beaucoup de dégâts dans le secteur de l’emploi. Dans un premier temps, elle a fermé les opportunités d’emploi pour les jeunes chômeurs. Et plus grave, Beaucoup d’employés, à cause de la pandémie, ont été mis en chômage technique. D’autres ont été licenciés. La pandémie a contribué à l’augmentation du taux de chômage au Mali.

Au cours de notre recherche, nous avons non seulement échangé avec les personnes mises en chômage techniques mais aussi des entreprises qui ont licencié ou mis en chômage technique leurs employés. Selon ces agences, la covid-19 a  changé leur façon de travailler et a ralenti leurs activités. Et cela s’est fait sentir surtout dans le domaine de l’hôtellerie.

C’est le cas de l’hôtel de l’Amitié, l’un des plus grands hôtels de la capitale malienne situé en commune III du district de Bamako. En effet, selon son directeur général, M. Karim Debbeche, ce grand hôtel de Bamako, qui enregistrait des dizaines de clients par jour, avec l’arrivé de la covid-19 enregistrais à peine 20 clients par mois.

Face à ces difficultés, la direction a mis en chômage technique, 101 employés sur 167. « Nous avons, au niveau de l’hôtel de l’Amitié, 157 employés en CDI et 10 en CDD. Sur ce nombre, nous étions obligés de mettre 101 en chômage technique pendant des mois », a expliqué le Tunisien Karim Debbeche. Plus grave, la direction était obligée de s’endetter pour subvenir aux petits besoins de l’hôtel. « Durant toute ces périodes, on était en train de cumuler de dettes. On est hyper endetté. On est en train de voir des arrangements avec la société Energie du Mali (EDM), des arrangements avec l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS), avec l’État et aussi avec les fournisseurs. Avec moins de clients, on ne pouvait pas tenir », nous confie le directeur général de l’hôtel de l’Amitié.  Face au problème économique, la dernière « dure » décision qu’elle a prise, c’est le licenciement d’une soixantaine d’employés. « Nous avons été obligés de licencier 66 employés pour motif économique », explique Karim Debbeche qui dit que cette décision « était pour éviter » à ce grand hôtel la fermeture.

L’hôtel Radisson Blu, un autre grand établissement hôtelier du quartier chic d’ACI 2000 en commune IV du district de Bamako a aussi subi les conséquences de la Covid-2019. Comme tous les autres hôtels, sa direction a aussi procédé au chômage technique. Ainsi 90 employés ont été envoyés en chômage technique, selon le directeur commercial de Radisson. D’ailleurs, même ceux qui étaient en activité ne percevaient qu’une partie de leurs salaires, certes, avec un temps de travail quelque peu réduit, confesse l’hôtelier. « En principe, on devrait même fermer parce qu’on a des revenus qui ne parviennent même pas à prendre les charges fixes mais avec le temps cela s’est amélioré », confie M. Sidibé.

Selon les personnes qui ont subi le chômage technique, le licenciement s’est fait de façon anarchique. C’est le cas de Aichatou Thera, agent à l’INPS qui dit « La crise sanitaire a vraiment impacté ma vie professionnelle parce que les contrats sont toujours valables mais mise à part le faite qu’on n’est pas rémunéré  par exemple moi je suis agent d’enroulement. Je suis à l’INPS, je suis assuré, j’ai ma carte AMO, je suis moi-même mon propre assuré, je bénéficiais de tous ces avantages, mais maintenant avec l’arrivé de la covid-19, j’ai été mise en chômage technique et je n’arrive plus à faire des prestations avec ma carte puisqu’à partir 6 à 9 mois. ».

Elle continue en disant que malgré le chômage technique, elle parvient à gérer sa vie puisque selon elle, avant d’être mis en chômage technique, elle avait des contrats dans les agences évènementielles et qu’à travers cela, elle parvient à gagner sa vie. « Sinon après le chômage technique, ça n’a pas été du tout facile » laisse entendre Aichatou avec un regard froid.

Quant aux jeunes diplômés sans emploi, ils s’expriment en disant que la covid-19 a freiné tous leurs activités. C’est le cas chez Bassidiki Kaba Diakité jeune diplômés sans emploi. « C’était très difficile à gérer bien avant la pandémie, avec la pandémie, c’est encore pire car tous les petits business que je faisais pour subvenir à mes besoins sont aux arrêts, et puis la gestion catastrophique du gouvernement a encore empiré la situation.  Donc je parviens à gérer cette crise en diminuant mes dépenses, pour ne pas être au fond du trou » explique M. Bassidiki.

Il continue en disant que « La situation est très critique et compliquée dû à la pandémie à Coronavirus. Mais nous arrivons à concilier les deux, notamment la crise sanitaire et économique à travers l’organisation des petites activités pour subvenir à nos besoins les plus importants et nécessaires ».

Quant à la quête, tout le monde sait que le marché de l’emploi est très difficile au Mali, les secteurs sont déjà saturés, les mérites ne sont pas respectés, le favoritisme et le népotisme ont pris le dessus dans nos administrations. Une autre cause du chômage est que les formations que nous recevons dans les universités ne répondent plus aux marchés de l’emploi, ce qui fait que nous nous lançons vers l’entrepreneuriat et c’est la seule clé de la réussite selon moi » relate M. Diakité.

Selon les experts de l’ONG Allemand (FRIERICH-EBERT-STIFTUG MALI) FES Mali Policy Paper, il ressort d’une note du gouvernement malien sorti en Avril 2020, que les impacts du covid-19 furent énormes puisque le manque à gagner au niveau des aides budgétaires (dons, programmes, et dons projets) s’étendait autour de 67,8 millions de dollars (39,9 milliards de FCFA)

Il ressort d’un rapport du FMI que la croissance économique pour 2020 avait chuté de 5% à 0,9%, cela signifie que la croissance annuelle est tombée bien en dessous du démographique qui est de 3,6%, cela poussera plus les maliens dans la pauvreté dans les jours à venir si la situation ne s’améliore pas.

Ce qu’il faut retenir ici c’est que la Covid-19 à dangereusement impactée le secteur de l’emploi, a causé des problèmes financiers et à augmenter le nombre de chômage au Mali qui avait déjà pris de l’ampleur. Et cela risque de s’aggraver si les jeunes ne se dirigent pas vers l’entreprenariat.

Tioumbè Adeline Tolofoudié

Cet article a été publié avec le soutien de JDH                 

(Journalistes pour les Droits Humains et Affaires Mondiales Canada)

Source: LE PAYS

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