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Leçon d’une présidentielle au Mali: IBK doit avoir le triomphe modeste

Les rues de Bamako ont été marquées par une liesse des partisans du candidat IBK, dès l’annonce des résultats officiels, mais toujours provisoires, par le Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, pour célébrer la victoire de ce dernier face à son challenger de tous les temps, Soumaïla CISSE.

Comme en 2013, le candidat du RPM a battu le même adversaire par un score élevé, soit 67, 17 % contre 32,83 %. Mais à comparer avec les résultats de la précédente présidentielle, le président sortant bien que réélu a pourtant chuté de 10 points, ce qui en dit long pour un prédisent sortant.
77 % en 2013, contre 67 % en 2018. Ces chiffres sont aussi révélateurs pour un président qui a fait 5 ans à la tête d’un pays. Malgré le grand écart entre lui et son adversaire, cette victoire doit avoir le triomphe modeste, vu les grandes attentes du peuple et les énormes défis que le président de la république se doit de relever.
Si la chute de 10 points est révélatrice, le taux de participation très faible des électeurs, soit 48 % contre 34 %, doit aussi susciter des questions. Car, les attentes des Maliens en 2013 étaient claires : il s’agissait pour le président IBK, plébiscité, avec ce score record de 77 %, de débarrasser d’abord le pays des forces du mal qui sévissaient au Nord et ensuite de changer les conditions de vie, alors très difficiles, des Maliens lambda. Cependant, avec une crise sans précédente qui a délabré toutes les sphères de l’État, les choses n’ont pas été faciles pour l’équipe présidentielle, puisque ne disposant pas de baguette magique. Ainsi, malgré des efforts, le déficit de communication sur les actions de l’État et surtout les défis grandissants auxquels le Mali a continué à faire face, une frange de la population a été sensible aux virulentes critiques des détartreurs du président de la république qui n’a, à vrai dire, eu aucun arsenal de guerre de communication pour soigner son image. Laissé à son triste sort, entre les mains des animateurs véreux au compte de ses détracteurs, le président est du coup devenu le souffre-douleur d’une population plus que pressée de voir son pays débarrassé de tous ses malaises. Le ‘’nouveau Mali’’ tant entendu tarde à venir. Pire, au lieu qu’on l’applaudisse pour le Nord libéré, les Maliens assistent à une autre crise dite du centre, qui fait du Mali un morceau de fromage entre les rats.
Malgré tout, c’est ce ‘’Mali nouveau’’ auquel aspire le boss lui-même et c’est à cela qu’il s’attèle depuis cinq ans, dit-on. Mais qu’est-ce qui n’a pas marché pour que les Maliens aient ce dégoût de l’homme politique malien ? En tout cas, la très faible mobilisation des électeurs est une équation à plusieurs inconnues qu’il va falloir résoudre.
En tout état de cause, le président IBK devra relever de nombreux défis au cours de sa nouvelle mandature. Que ce soit en matière de sécurité, d’éducation ou de chômage des jeunes. Il aura également à faire face à des conflits intercommunautaires, qui prennent de l’ampleur dans le centre du pays.

Christelle KONE

Info-Matin

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