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Le conseil d’administration du FMI approuve le décaissement de 89,7 millions de dollars soit 50,2 milliards de FCFA, achève la huitième et la neuvième revues de l’accord FEC et conclut les consultations de 2018 au titre de l’article IV avec le Mali.

  • La reprise économique s’est poursuivie en 2017, avec une croissance vigoureuse du PIB, une inflation modérée et une meilleure position budgétaire.
  • Les perspectives économiques à moyen terme restent favorables, bien que la fragilité de la situation sécuritaire constitue un risque.
  • Il sera essentiel de maintenir l’élan des réformes structurelles mis en place pendant le programme pour concrétiser les perspectives favorables, améliorer le climat des affaires et pérenniser une croissance robuste et inclusive.

Communiqué complet :

Le 23 mai 2018, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les huitième et neuvième revues des résultats obtenus par le Mali dans le cadre du programme appuyé par un accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) [1].

L’achèvement de ces revues permet de décaisser 63,3 millions de DTS (environ 89,7 millions de dollars), ou 34 % de la quote-part du pays, ce qui porte le total des décaissements au titre de l’accord en vigueur à 154,95 millions de DTS (environ 219,7 millions de dollars), ou 83 % de la quote-part.

L’accord FEC en faveur du Mali a été approuvé le 18 décembre 2013 pour un montant de 30 millions de DTS (environ 46,2 millions de dollars, ou 16,1 % de la quote-part à l’époque, voir communiqué de presse n°13/524) [2]. Un accès supplémentaire de 68 millions de DTS (environ 96,4 millions de dollars), ou 36,4 % de la quote-part, a été approuvé le 9 juin 2016.

Il a été suivi d’une augmentation de 88,6 millions de DTS (environ 125,6 millions de dollars), ou 47,5 % de la quote-part, approuvée le 7 juillet 2017, de même qu’une prolongation d’un an du programme, ce qui porte l’accès du Mali au titre de l’accord FEC à 186,6 millions de DTS (environ 264,6 millions de dollars), ou 100 % de sa quote-part.

À l’issue des débats du conseil d’administration, M. Furusawa, directeur général adjoint et président par intérim, a prononcé la déclaration ci-après :

« Les résultats obtenus par le Mali dans le cadre du programme qui est appuyé par l’accord conclu avec le FMI au titre de la facilité élargie de crédit ont été satisfaisants. La reprise économique s’est poursuivie en 2017, avec une croissance robuste du PIB, une inflation modérée et une meilleure position budgétaire. Les perspectives économiques restent positives, même si la situation fragile sur le plan de sécurité constitue un risque.

« Les autorités maliennes ont réaffirmé qu’elles sont déterminées à remplir les critères de convergence de l’UEMOA fixés pour 2019. Le budget 2018 vise à faire correspondre les dépenses aux ressources budgétaires, tout en protégeant les dépenses sociales et en stimulant l’investissement public à moyen terme. L’assainissement des finances publiques repose sur une meilleure mobilisation des ressources, notamment en accroissant le recouvrement des impôts indirects, et une maîtrise des dépenses courantes, tout en satisfaisant les besoins de dépenses prioritaires en matière de sécurité et de décentralisation.

« Il est essentiel d’améliorer la mobilisation des ressources et de renforcer l’efficience et la qualité des dépenses publiques pour créer l’espace budgétaire nécessaire pour financer l’investissement dans les infrastructures, dans les domaines sociaux et dans le capital humain, tout en préservant la viabilité des finances publiques. Le programme des autorités prévoit de renforcer l’administration fiscale, d’accroître l’efficience du recouvrement de la TVA, d’assurer l’observance fiscale, d’améliorer l’efficacité de l’imposition du secteur minier et de rationaliser davantage les exemptions fiscales. Le renforcement de la gestion des finances publiques et la maîtrise des dépenses fiscales contribueront aussi à la discipline budgétaire.

Le renforcement de la situation financière de la compagnie publique d’électricité contribuerait à atténuer les risques budgétaires et à dégager des ressources pour l’investissement et les dépenses prioritaires.

« Il sera fondamental de maintenir l’élan des réformes structurelles qui a été mis en place pendant le programme afin de concrétiser les perspectives positives, d’améliorer le climat des affaires et de pérenniser une croissance robuste et inclusive. Pour faire avancer la mise en œuvre de l’accord de paix de 2015, les autorités doivent continuer de procéder à la décentralisation budgétaire. La mise en œuvre de la loi contre l’enrichissement illicite, notamment en mettant en application les déclarations de patrimoine des fonctionnaires, contribuera à consolider les réformes récentes de la gouvernance. »

Le conseil d’administration du FMI a aussi achevé les consultations de 2018 au titre de l’article IV avec le Mali.

La reprise de l’économie malienne s’est poursuivie en 2017 sur fond de problèmes de sécurité persistants. La croissance du PIB est restée vigoureuse, à 5,3 % selon les estimations, portée par de bonnes récoltes et une demande intérieure robuste. L’inflation a été modérée, et est demeurée bien en deçà du plafond régional. Les chiffres budgétaires de 2017 et le budget 2018 sont conformes aux objectifs du programme et à l’objectif de convergence, d’ici 2019, vers la norme de 3 % du PIB établie par l’UEMOA pour le déficit budgétaire. Cependant, les perspectives macroéconomiques sont exposées à des risques, qui tiennent principalement à la situation sécuritaire fragile du pays.

Évaluation par le conseil d’administration

Les administrateurs souscrivent à l’orientation générale de l’évaluation effectuée par les services du FMI. Ils félicitent les autorités des solides résultats macroéconomiques enregistrés récemment en dépit d’un environnement difficile. Cependant, les administrateurs notent que la pauvreté et les inégalités restent élevées. Ils notent aussi que, si les perspectives économiques à court terme sont favorables, une nouvelle évolution négative des prix des produits de base et la fragilité de la situation sécuritaire interne constituent des risques. Les administrateurs soulignent qu’il est nécessaire de continuer de mener une politique économique solide et d’opérer des réformes vigoureuses pour préserver les gains économiques, et favoriser une croissance durable et inclusive.

Les administrateurs saluent le budget 2018, qui offre une base adéquate pour la politique budgétaire sur fond des besoins de dépenses urgents qui sont liés à l’accord de paix et à la sécurité. Ils encouragent les autorités à veiller à exécuter le budget comme prévu, en particulier pendant les élections à venir. Les administrateurs notent avec satisfaction que les autorités sont déterminées à remplir les critères de convergence de l’UEMOA pour 2019, ce qui sera important pour que la charge de la dette publique reste gérable.

Les administrateurs saluent l’amélioration des résultats sur le plan des recettes intérieures. Ils encouragent les autorités à créer davantage d’espace budgétaire en mobilisant des recettes intérieures supplémentaires et en renforçant l’efficience des dépenses publiques. Il sera essentiel d’élargir l’assiette de l’impôt, d’imposer de manière plus efficiente le secteur minier et de renforcer l’administration fiscale pour rehausser le ratio impôts/PIB. Les administrateurs soulignent qu’il est important de limiter les dépenses fiscales et d’améliorer l’efficience de l’investissement public afin de dégager des ressources à l’appui de la croissance et des dépenses sociales.

Les administrateurs soulignent que la résilience du secteur financier et l’inclusion financière sont fondamentales pour soutenir la croissance économique. Ils saluent l’amélioration récente des indicateurs de solidité financière, encouragent à s’attaquer aux risques liés à la forte concentration du crédit bancaire sur un petit nombre d’emprunteurs et d’activités économiques, et appellent à mettre en place une stratégie globale de réduction des créances improductives. Les administrateurs souscrivent aussi à un renforcement de l’inclusion financière, notamment en accélérant la mise en œuvre du plan global de consolidation des institutions de microfinance et de réforme du secteur de la microfinance, et en favorisant le développement du secteur émergent de la banque mobile.

Les administrateurs soulignent qu’il est nécessaire de continuer d’améliorer le climat des affaires. Ils encouragent les autorités à s’attaquer aux obstacles à la croissance qui subsistent, notamment la corruption, l’insuffisance de l’approvisionnement en électricité et des infrastructures de transport, l’accès limité au crédit et une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Les administrateurs notent avec satisfaction les mesures qui ont été prises pour améliorer la gouvernance et la responsabilisation. Ils saluent les progrès réalisés par les autorités en ce qui concerne la lutte contre la corruption, en particulier l’obligation de déclaration des actifs pour les fonctionnaires, et engagent les autorités à bien appliquer ces mesures afin d’accroître la confiance des parties prenantes. Les administrateurs encouragent à prendre des mesures supplémentaires pour renforcer la mise en œuvre du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et pour consolider les améliorations de l’intégrité et de la transparence du système de gestion des finances publiques.

Il est prévu que la prochaine consultation avec le Mali au titre de l’article IV se déroulera conformément à la décision du conseil d’administration sur le cycle des consultations pour les pays membres ayant conclu un accord avec le FMI.

Imf.org

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