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La tontine : un levier d’autonomisation des femmes

Au Mali, la tontine est un levier d’autonomisation économique des femmes. Elle aide nombre d’entre elles à entreprendre et à être indépendantes. Même si elle est souvent source d’ennuis.

 

Couramment appelée en bamanakan « ton », la tontine est, selon le sociologue Zymnunt Bouman, une association regroupant des membres d’un clan, d’une famille, des voisins ou des particuliers, qui décident de mettre en commun des biens ou des services au bénéfice de chaque membre à tour de rôle.

Au Mali, la tontine est surtout l’apanage de la gente féminine. Cette pratique sociale consiste à économiser une certaine somme d’argent préétablie. Ensuite les adhérents, par rotation, se distribue l’argent encaissé pour faire face à certains besoins. La tontine repose sur un compromis entre les membres de l’association. Pour en bénéficier, il faut être à jour dans la cotisation. Certaines sont hebdomadaires, d’autres s’étendent plus.

Activités génératrices de revenus

Grâce à la tontine, des femmes arrivent à mener des activités génératrices de revenus. « J’ai commencé la vente de charbon avec l’argent de la tontine », témoigne Assitan Diallo, ménagère qui a bénéficié de 250.000 francs CFA. Son commerce fleurit aujourd’hui. En plus du charbon, elle vend également du bois comestible.

La tontine peut se tenir partout : en famille, dans les marchés. « Nous sommes toutes des cousines et belles-sœurs. Nous nous réunissons le premier samedi du mois chez la présidente qui est la gérante de la caisse (« ton ba », en bamanakan) », explique Koumba Coulibaly, membre d’une tontine familiale. Ce regroupement, outre qu’il maintient le lien familier, assure aussi une autonomie financière aux membres.

Règlement à l’amiable

À la différence des banques locales, la tontine n’exige pas de garantie. En cas de malentendu, le règlement se fait à l’amiable. Il est important de noter que les différends surviennent très généralement en raison des retards de paiement, du détournement de fonds et aussi de l’irrespect de l’ordre de remise du lot. C’est la raison qui pousse certaines personnes à être distantes de la pratique afin d’éviter les zizanies qui peuvent en découler.

Certaines femmes comme Mariam Koné préfèrent plutôt les services qui garantissent une certaine sécurité et à moindre coût. « Je ne m’intéresse pas à la tontine, je préfère confier mon argent à des banques qui sont à la disposition des femmes ». Ce choix pour elle et tant d’autres personnes n’est pas un hasard, car cela permet de prévenir des ennuis que peuvent souvent causer les tontines.

Source : benbere

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