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Funérailles nationales de l’ancien président IBK : Les derniers hommages de la nation à un patriote

Les autorités de la Transition ont rendu, ce vendredi 21 janvier 2022, un hommage national à l’ex-Président de la République du Mali, décédé le 16 janvier dernier chez à Sébénicoro, Commune IV du District de Bamako. Cette cérémonie d’hommage s’est déroulée au camp du Génie militaire de Bamako, et présidée par le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, représentant le Chef de l’État, le Colonel Assimi Goïta.

La cérémonie était en soi un symbole, le condensé des événements qui ont bouleversé le Mali au cours des dix-huit derniers mois. Ce vendredi 21 janvier, des centaines de militaires, en rang le long de la place d’armes du 34e bataillon du génie militaire de Bamako, ont regardé passer, immobiles, le cercueil de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), recouvert du drapeau national et porté par six hommes en uniforme de parade.

Au cours de ce vendredi de deuil national, il s’agissait de faire table rase des batailles politiques du passé. L’heure est au recueillement et au consensus affiché pour dire au revoir à ce grand baobab qui vient de s’incliner, démocrate pragmatique, républicain dans l’âme et amoureux de culture à la générosité légendaire, qui avait coutume de dire qu’il avait le Mali ”chevillé au corps”.

”Il n’avait aucune amertume et n’en voulait à personne”, a relevé, au pupitre, Boubacar Keïta, son troisième fils, retraçant brièvement les dernières semaines de son père président qui, depuis son retrait forcé de la vie politique, ”suppliait presque ses interlocuteurs de venir en aide à ceux qui ont la lourde charge du Mali aujourd’hui”.

A ceux qui l’avaient renversé, l’ancien président IBK avait, selon son entourage, pardonné leur geste. S’abstenant de tout commentaire public sur la situation politique nationale, et malgré son vœu ardent de se plonger dans sa riche bibliothèque, il n’arrivait pas à se désintéresser des problèmes du Mali. Cela le rongeait plus que tout, a souligné Aminata Jeanne Keïta, une des petites-filles de l’ancien président, face à une assemblée constituée principalement d’invités maliens.

Après les témoignages de la famille ainsi que des collaborateurs politiques du défunt Président, entre autres Me Kassoum Tapo, Amadou Koïta, etc. suivis de la sonnerie aux morts et du défilé militaire, les remerciements du Président Goïta, à l’endroit de toutes les personnalités qui ont effectué le déplacement à cette occasion, ont été transmis par le Chef du Gouvernement, Dr Choguel Kokalla Maïga. 

Dans leurs différents discours, tous les intervenants se sont penchés sur les mérites humains de l’homme, son patriotisme et son amour pour le Mali. Aux dernières minutes de sa vie, il tenait toujours le Mali dans son cœur, avoue un des proches du défunt.

Le corps de l’ex-Président a ensuite été remis à sa famille pour les prières mortuaires à son domicile à Sébéniocoro. De sources proches de la famille, l’ancien Président IBK serait inhumé à son domicile à Sébénicoro.

DES ABSENCES DE MARQUE

Un absent de marque de la cérémonie : Karim Keïta, fils aîné de l’ancien président. Celui qui fut président de la commission défense de l’Assemblée nationale se trouve, depuis l’été 2021, sous le coup d’un mandat d’arrêt pour sa présumée implication dans l’assassinat du journaliste malien Birama Touré, disparu en 2016. Karim Keïta s’est réfugié en Côte d’Ivoire.

Signe de l’isolement croissant du pays, les funérailles de l’ancien dirigeant ont été marquées aussi par d’autres absences. D’abord celle des délégations de chefs d’Etat membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). La junte ayant, malgré les pressions internationales, décidé de ne pas rendre le pouvoir comme promis à l’issue d’élections, le 27 février, le Mali a été placé sous embargo par ses voisins. En janvier, après l’annonce par les putschistes d’une transition qui durerait six ans et demi, l’organe sous-régional a prononcé de lourdes sanctions, notamment économiques et financières, contre le pays et la fermeture des frontières. Ce 21 janvier, seule une délégation venue de Guinée était présente. Comme le Mali, la Guinée aussi est dirigée par un jeune colonel, Mamadi Doumbouya, lui-même ayant renversé le président Alpha Condé en septembre 2021. Cependant, certains pays étaient représentés par leurs Ambassadeurs accrédités au Mali.

Il faut noter que le Président de la République, le Colonel Assimi Goïta, à travers le décret N° 0015 en date du 20 janvier 2022, a décrété un deuil national de trois (03) jours allant du vendredi 21 janvier au dimanche 23 janvier.

Youssouf SANGARÉ

Source: Le Malien

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