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Edito : 2019 a tiré sa révérence, chronique d’une année faite d’ombres et de quelques étincelles

A l’aube  du nouvel an, il sied normalement de jeter un regard rétrospectif sur celui qui vient de s’achever avant de se projeter dans l’avenir. En effet, les douze derniers mois ont été à la fois éprouvantes sur le plan sécuritaire, avec son cortège de morts et de déplacés, et pénible sur le plan sociopolitique avec une paupérisation ambiante et une crise politique qui ne faiblit pas. A côté de ce bilan, à la fois macabre et précaire, il y a eu quelques actions salvatrices qui augurent d’un lendemain enchanteur pour le Mali en 2020.

 

Retour sur les grands évènements qui ont caractérisé l’an 2019 : sur le plan sécuritaire, il y a eu plus de 400 attaques qui ont occasionné plus 900 morts tant civils que parmi les militaires des FAMa et ceux d’autres armées venues nous aider. Jamais, depuis le début de la crise en 2012, une année n’a été aussi sanglante que celle de 2019, d’Ogossagou, à Tambakort, en passant par Boulkessi, Indelimane, Dioura et Guire, la liste est loin d’être exhaustive. Les forces de défense et de sécurité du Mali ont payé le prix fort pour  la défense de la mère patrie. Dans cette guerre sans visage imposée par la coalition narco-islamo-terroriste, les forces étrangères n’ont pas été épargnées. Qu’elles soient Barkhanes ou MINUSMA, elles  ont perdu beaucoup d’hommes sur les théâtres des opérations, dont le plus récent  est celui d’Indelimane qui avait fait treize morts parmi les militaires français. Pourrait-on clore le chapitre sécuritaire sans faire allusion au regain de tension communautaire au centre entrainant morts d’hommes, une décimation du cheptel et un afflux des populations vers les centres plus apaisés.

Sur le plan sociopolitique, il y a eu une exacerbation de la situation sociale avec des grèves dans tous les secteurs entrainant une morosité économique  et une précarité sociale à nulle autre pareille. Jamais, pendant les 30 dernières années, le Mali n’a connu une telle instabilité sociopolitique, l’on était à un doigt du soulèvement populaire. Le déclic ne viendra que  des députés de la Majorité, qui après le grand rassemblement inédit du 5 avril, avaient décidé de faire  une motion de censure, contre  celui qui était à la base de toutes les crispations sociopolitiques, à savoir le Premier Ministre Soumeylou Boubèye Maiga, SBM. Ce dernier jeta l’éponge 48 heures avant le vote fatidique à l’Assemblée Nationale. L’Imam Mahmoud Dicko, hier victime est finalement devenu  le bourreau de SBM. Auréolé de cette prouesse, l’ancien Président du Haut Conseil Islamique jeta les bases d’un Mouvement politico religieux, la CMAS et dit ne plus se taire face à la mal gouvernance et à la perversion de certaines valeurs.

SBM est parti sans grand honneur et un jeune premier ministre du nom de Boubou Cissé a pris les rênes de la Primature. Ce dernier  initia dans la foulée de sa nomination un Accord politique de gouvernance, APG et lance un appel à toutes les forces sociopolitiques pour  un grand consensus à travers la  signature de  l’APG, en vue de la formation d’un gouvernement de mission. Son appel a fait voler en éclats le principal regroupement politique de l’Opposition, le FSD, car certains ténors ont répondu, en l’Occurrence, Tiébilé Dramé, Oumar Hamadoun Dicko et Djibril Tall. Par ces départs, le chef  de file de l’Opposition, Soumaila Cissé venait de perdre certains grands animateurs du FSD. Un gouvernement de plus de 35 membres a été formé avec l’entrée des nouvelles figures de la société civile, des technocrates et le retour de certains caciques du parti majoritaire. Même si la composition de la nouvelle équipe gouvernementale n’a pas mis fin à la crise sociale, elle a eu l’avantage d’atténuer la tension politique et de baisser la température sociale, surtout avec la signature de  protocole d’accord avec les différents syndicats en grève depuis des mois. Le coup de grâce du régime viendra de l’implacable lutte contre la corruption enclenchée par la justice sous le leadership éclairé de Me Malick Coulibaly. Jamais une lutte contre la corruption au Mali n’a permis d’écrouer autant des gros bonnets que sous IBK. Du Maire du District Adama Sangaré, au Président de l’APCAM, Bakary Togola, en passant par le Président de l’Assemblée régionale de Kayes Bandiougou  et des dizaines de maires et de chefs de services.  Comment pourrait-on conclure ce chapitre sans faire allusion aux groupes armés signataires ou non de l’Accord, qui ont presque tous tenu leurs congrès à Kidal en violation de la Constitution. A commencer par le HCUA, le MNLA et le GATIA, lesquels congrès ont donné lieu à un défilé militaire que seuls les Etats indépendants peuvent faire.

L’année 2019 aurait pu finir en beauté pour le régime si tous les acteurs sociopolitiques avaient pris part au Dialogue National Inclusif, qui allait être  sans nul doute la  dernière grande prouesse du gouvernement. Le dernier événement qui a attiré l’attention de l’opinion, c’est le retour triomphal de l’ancien Président de la République ATT. De victime, il devient le héros.

Youssouf Sissoko

 Inf@sept

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