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Découverte d’un nouveau charnier au Mali : Amadou Haya, « le Samuel Doe » du Mali? Quelles surprises nous réserve encore l’ère Sanogo ?

Visiblement, le mystère des disparus de Kati n’a pas fini de livrer tous ses secrets. Le dimanche 23 février dernier, cinq autres corps de militaires, probablement des bérets rouges, vêtus de leurs treillis et dont certains étaient ligotés, ont été découverts dans deux fosses communes à Kati, à côté de têtes de caïmans morts, après les 21 corps découverts dans un charnier en décembre dernier dans la même localité.

A ce rythme, ce lieu, où le tombeur d’Amadou Toumani Touré (ATT) et ses hommes avaient installé leurs pénates, est en train de gagner en triste réputation, tant les cadavres encombrants ne cessent de sortir des placards. Aussi, l’on peut légitimement se demander quelles autres surprises macabres l’ère Sanogo nous réserve. Car, à l’évidence, ce charnier est loin d’être le dernier. C’est certainement la raison pour laquelle deux puits profonds, qui ont été localisés dans ladite région, attendent aussi d’être passés au peigne fin.

 

Si Sanogo avait réussi à pousser des racines au palais de Koulouba, que serait alors devenu le Mali ?

 

A l’analyse, cet amoncellement de cadavres enterrés à la sauvette et qui remontent à la surface, vient traduire la profondeur de la haine viscérale que se vouaient les bérets verts et les bérets rouges à Bamako. Et, tout porte à croire que les tenants du pouvoir d’alors, emmenés par un mégalomane sans vision, assoiffé de pouvoir, appelé Amadou Haya Sanogo, n’ont pas fait dans la dentelle en termes de répression aveugle et barbare. Cette situation met surtout à nu toute la cruauté du personnage qui avait des velléités de s’accrocher au pouvoir, et qui n’a eu aucun scrupule à se faire bombarder général par le président de la transition, Dioncounda Traoré qui a lui-même subi les foudres de l’ex-capitaine. Sanogo est l’archétype du tyran dont les ambitions ont vite été étouffées dans l’œuf, et qui s’est introduit par effraction dans l’histoire du Mali.

 

En moins d’un trimestre d’exercice du pouvoir, les méfaits qu’il a engendrés sont immenses. Non content d’avoir renforcé la division au sein de l’armée, il est en passe d’être le Samuel Doe des rives du fleuve Djoliba, au regard de ces découvertes macabres. Le comble est que, face à l’invasion djihadiste de son pays, il se terrait lâchement à Bamako, refusant d’aller au front pour combattre l’envahisseur en vue de libérer son pays qui n’a finalement dû son salut qu’à l’intervention de forces étrangères. Si Sanogo avait réussi à pousser des racines au palais de Koulouba, que serait alors devenu le Mali ? En tout cas, il y a fort à parier que ces cadavres de la République ne seraient pas remontés de si tôt à la surface. Et, nul doute que ces dossiers auraient peut-être fini dans les méandres de l’histoire sans jamais connaître de suite.

 

En contrecarrant très tôt les velléités de Sanogo, le Mali l’a, quelque part, échappé belle, même si visiblement les dégâts sont énormes pour le temps de son éphémère passage à la tête de l’Etat. En dehors du fait qu’il a révélé au monde le vrai visage du régime corrompu du président ATT qui se cachait derrière une démocratie de façade, l’avènement de Sanogo au pouvoir n’aura rien apporté au Mali, si ce n’est la cruauté.

Et au regard de la cruauté des faits, la Justice devrait sévir de telle sorte que plus jamais, des Maliens ne songent à traiter d’autres Maliens de la sorte.

 

Aussi, c’est le lieu de saluer l’engagement du président Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), et la détermination du juge Yaya Karembé, de faire toute la lumière sur cette affaire afin que justice soit rendue aux familles des victimes. En cela, il faut espérer que la base des responsabilités soit élargie afin que tous ceux qui ont trempé de près ou de loin dans cette affaire, soient démasqués et traduits devant la Justice, à l’instar du chef d’état-major particulier du président IBK, lui-même, le général Yamoussa Camara, ministre de la Défense à l’époque des faits, qui a été arrêté et écroué le 13 février dernier dans le cadre de cette affaire, de même que trois autres grosses têtes arrêtées le lendemain, à savoir le général Sidi Touré, ancien patron des services de renseignement maliens, le capitaine Amadou Konaré, numéro 2 de l’ex-junte et Tahirou Mariko, aide de camp de Sanogo, lui-même aux arrêts avec 24 autres de ses proches.

 

Oui, les Maliens ont besoin de savoir ce qui s’est réellement passé. C’est pourquoi ce procès doit être médiatisé, afin que le linge sale soit publiquement lavé pour situer toutes les responsabilités. Car, des révélations pourraient permettre de remonter à des acteurs insoupçonnés qui ont pu jouer un rôle majeur dans cette affaire. Et au regard de la cruauté des faits, la Justice devrait sévir de telle sorte que plus jamais, des Maliens ne songent à traiter d’autres Maliens de la sorte.

 

En attendant son procès, le principal concerné vogue en prison entre mysticisme et excentricité, troquant au passage sa tenue de général contre celle de dozo (donso, chasseurs traditionnels, ndlr).

Source: Le Pays (Burkina Faso, Publié le lundi 24 février 2014)

SourceSoir de Bamako

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