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Bavures policières : le Mali a besoin d’un nouveau type de policier

‘’Le placage au sol, le genou sur le coup du suspect n’est enseigné dans aucune école de police’’ dixit le premier responsable du syndicat de police de la France

 

Tous ceux qui sont au parfum de l’actualité internationale, quelque soit le canal utilisé, ont appris avec ou sans indignation ce geste du policier blanc sur un citoyen afro américain du nom de George Floyd.

Pendant près de deux mois maintenant que cette image, celle du genou du policier blanc sur le coup de l’afro américain George Floyd, fait la boucle sur la toile mondiale. L’afro américain, plaqué au sol sur la face et le genou du policier sur son coup, l’empêchant de respirer, n’a pas survécu à ce traitement inhumain et criminel. Sa mort a réveillé le vieux démon du racisme à travers le monde. En France, l’Affaire Adama Traoré, un adolescent noir mort entre les mains des éléments de sécurité dans les conditions encore peu élucidées, a refait surface. Pour parler de cette affaireau cour d’un entretien sur la radio France International, le premier responsable du syndicat de police de la France (toutes nos excuses de n’avoir pas mentionné son nom et la date de l’entretien, car ce qu’il a dit c’est ce qui parait important à nos yeux) a dit : ‘’Le placage au sol, le genou sur le coup du suspect n’est enseigné dans aucune école de police’’. Il ajoutera même que la technique du placage s’applique exceptionnellement sur les suspects dangereux c’est-à-dire munis d’armes et que, une fois plaqué au sol, les mains au dos et menottés, le suspect est neutralisé. Loin de nous de mettre les bavures policières aux USA par exemple dans le même sac que celles en cour au Mali. Ce n’est pas le même contexte, ni les mêmes motivations. Seulement, cela nous a fait comprendre que donc, les techniques de neutralisation d’un suspect sont enseignées dans les écoles de police comme toutes les manières d’interpellation, même en circulation. En est-il le cas au Mali ? Pour avoir passé au moins trois ans à l’école de police sans être policier, les échos des cours et des ateliers nous sont parvenus, même si c’est en bribes.

Cette belle institution, qu’est la police nationale, a-t-elle tiré tous les enseignements des patrouilles, fussent-elles conjointes, de la période de confinement ? Penser le contraire serait peut-être une insulte à la police. Mais nous savons, pour l’avoir fait nous-mêmes, que beaucoup de reproches ont été faits à la police, première responsable des patrouilles conjointes dans la cité. C’est beaucoup pour être faux. Les pratiques récriminées sont-elles toutes enseignées à l’école de police Capitaine Amadou Touré dit Gandi ? Certainement non ! Les causes mêmes lointaines de ces bavures, liées pour la plupart à l’indiscipline, ont été évoquées. Beaucoup ont insisté sur le mode de recrutement, nous, nous avons ajouté la faiblesse du commandement. Cette faiblesse du commandement qui n’est ou n’est plus propre à la police seulement. Elle touche tous les corps habillés. Voilà que de nouveaux contingents débutent, dans plusieurs centres à la fois leur formation (nous y reviendrons), pour des corps les plus connus comme l’armée, la police… C’est là où il faut assoir les bases de la discipline pour minimiser les dérapages dans la vie professionnelle des éléments. Le Mali a besoin d’un nouveau type de policier que nous avons vu dans les dix ou vingt dernières années.

Drissa Tiémoko SANGARE

Source : L’Analyste

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