Notre pays a pris part à ces travaux, à travers le ministre de la Justice et des droits de l’homme, garde des sceaux, Mamoudou KASSOGUE, qui a prononcé son discours mardi dernier à cette tribune.
A l’entame de mon propos, le ministre KASSOGUE, a tenu à remercier vont Volker TÜRK, Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, avant de réitérer la volonté du Mali à mettre en œuvre les recommandations acceptées à l’occasion de son passage au 4ème Cycle de l’EPU, ainsi que les trois engagements pris lors de l’évènement de haut niveau « Droits de l’Homme 75 » organisé en décembre 2023.
Hommage aux victimes
Il ressort de son propos que les activités des groupes terroristes et criminels dans son pays restent le principal facteur de violation des droits de l’Homme et du droit international humanitaire, faisant des victimes parmi les populations civiles.
Au passage, il s’est incliné sur la mémoire de toutes les victimes, tombées sur le champ d’honneur au Mali.
Il est heureux, dit-il, de constater aujourd’hui que la situation sécuritaire globale et des Droits de l’Homme au Mali s’est améliorée grâce aux efforts des Forces Armées Maliennes avec l’appui de certains partenaires stratégiques.
En outre, face à la complexité de la situation au Sahel, les chefs d’Etat de l’Alliance des Etats du Sahel, a-t-il fait savoir, ont décidé de mutualiser leurs moyens de défense pour lutter contre le terrorisme.
Le Mali, depuis 2023, a opté pour une résolution endogène de sa crise multidimensionnelle à travers un dialogue inter-Maliens.
À cet égard, une commission a été mise en place pour rédiger le projet de la Charte nationale pour la Paix et la réconciliation nationale, qui sera le document de référence pour toutes les initiatives et actions pour la paix, la sécurité, la réconciliation, la cohésion sociale et le vivre ensemble, afin d’éliminer les racines des conflits intracommunautaires et intercommunautaires. Les consultations des forces vives sont en cours.
Poursuite des réformes politiques et institutionnelles
S’agissant des réformes politiques et institutionnelles, le ministre KASSOGUE de rappeler les huit axes stratégiques de la lettre de cadrage du 27 novembre 2024 adressée par le Chef de l’Etat au Premier ministre à savoir : la poursuite des réformes institutionnelles et de la lutte contre la corruption ; la relance économique et la satisfaction des besoins élémentaires des populations ; l’amélioration de la situation sanitaire et de la solidarité nationale ; l’amélioration de l’éducation et de l’accès à l’emploi en mettant l’accent sur la jeunesse ; la décrispation du climat social à travers la recherche d’un apaisement durable ; le renforcement de la diplomatie souveraine à travers des partenariats respectueux des intérêts du Mali et de ses choix stratégiques ; l’organisation d’élections transparentes et apaisées pour mettre fin à la période de Transition.
Ainsi, pour matérialiser le dernier axe, les actes suivants ont été posés : la relance du cadre de concertation entre l’Etat et les partis politiques ; la prorogation de la période de révision des listes électorales ; le lancement de l’initiative de la révision participative et inclusive de la Charte des partis politiques ; l’inscription des crédits pour l’organisation des élections générales au budget national de l’année 2025.
Pour ce qui concerne les réformes juridiques et judiciaires, l’adoption des textes sur la Cour Suprême, la Cour Constitutionnelle, la Cour des Comptes, l’exception d’inconstitutionnalité, et la promulgation le 13 décembre 2024 du code pénal et du code de procédure pénale, fournissent un cadre juridique moderne et adapté aux défis actuels.
« Ces textes garantissent une plus grande promotion et protection des Droits de l’Homme, notamment dans les domaines de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), la protection des victimes et des témoins, la répression de l’esclavage, la lutte contre les violences sexuelles, le terrorisme, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, la traite des personnes, les disparitions forcées, entre autres », a déclaré le ministre KASSOGUE.
Instrumentalisation continue des Droits de l’Homme
Conscient de la responsabilité première de protection des populations civiles par l’Etat, le gouvernement s’est engagé, dit-il, à lutter contre l’impunité sous toutes ses formes. À cet effet, il déploie des efforts importants en vue d’enquêter sur toutes les allégations de violation des Droits de l’Homme et du Droit international humanitaire, y compris celles formulées à l’encontre des Forces armées et de sécurité.
En réaffirmant l’attachement du Mali aux principes fondamentaux universellement reconnus en matière de promotion et de protection des Droits humains, Mamoudou KASSOGUE a exprimé la vive préoccupation du Gouvernement du Mali face à l’instrumentalisation et à la politisation continues des Droits de l’Homme, ainsi qu’à la politique de deux poids deux mesures de certains Etats membres.
«Le Mali réaffirme sa volonté de poursuivre, dans le strict respect de sa souveraineté et des intérêts vitaux du Peuple malien, sa coopération avec tous les mécanismes chargés de la promotion et de la protection des Droits de l’Homme», a rassuré le Garde des sceaux, avant de réaffirmer la disponibilité du Mali à œuvrer de concert avec la Communauté internationale et tous les partenaires sincères pour trouver une réponse rapide à la crise multidimensionnelle qu’il traverse depuis plus d’une décennie.
Par Abdoulaye OUATTARA