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Un rempart bienvenu

PÔLE JUDICIAIRE SPÉCIALISÉ CONTRE LA CYBERCRIMINALITÉ

Un rempart bienvenu contre les mille et une vilenies sur les réseaux sociaux

Une jungle sans limites où tous les excès sont cultivés, tous les écarts validés, toutes les dérives attisées, toutes les ignominies encouragées, toute la bêtise humaine encensée. Voilà la triste et regrettable vitrine présentée par une large partie prisée des réseaux sociaux au Mali. Ce ne sera peut-être plus le cas dans un avenir proche voire très proche. Le gouvernement a décidé (enfin !) de mettre sur pied un Pôle judiciaire spécialisé contre la cybercriminalité. Une perspective qui rassure. Mais qui ne doit pas non plus fertiliser le terrain pour la censure sans justification.   

  

Il faut véritablement s’en féliciter. Bientôt, le pays disposera d’un outil-rempart contre les innombrables et innommables dérives qui écument les réseaux sociaux version malienne. L’annonce de la création prochaine d’« un Pôle judiciaire spécialisé pour lutter contre les dérives sur les réseaux sociaux » a été faite au Conseil des ministres du mercredi 18 mai.

“Enfin !” et “Parfait !” peut-on se permettre de clamer, tant la mise en marche programmée de ce dispositif judiciaire nous donne l’espoir de voir l’univers des réseaux sociaux purger des pratiques les plus inadmissibles. Ce Pôle prévu sera d’autant plus bienvenu et d’autant plus nécessaire que la toile est devenue, dans les mains de centaines de vidéomen maliens, le carrefour privilégié de tous les excès et de toutes les vilenies :  insultes les plus outrecuidantes, menaces de mort, appels au meurtre et/ou au lynchage, diffamation en série, atteinte à l’honneur etc. ; la liste est infinie des vidéos et des actes les plus attentatoires qui monopolisent les réseaux sociaux vus du Mali.

Le gouvernement l’assure (et nous espérons sur ces assurances exprimées) : le Pôle va servir de garde-fou et va élaguer les réseaux sociaux des inadmissibles canailleries qui y sont devenues le contenu dominant. L’annonce gouvernementale parle d’une lutte contre les cas de « cyberattaques, d’escroquerie, de discrédit contre les gouvernements, les entreprises et les particuliers. » Il faut souhaiter que ledit Pôle, dès sa mise en service, mènera une guerre sans merci contre tous les mauvais diables qui ont pris l’habitude abjecte de transformer l’espace des réseaux sociaux en championnat de l’invective crue, de l’agressivité enflammée, de l’ensauvagement, des propos diffamatoires en règle et de l’encanaillement sans frein ni scrupules.

 Face à la fuite en avant de l’utilisation galvaudée de la toile dans le seul dessein de nuire, de détruire, de calomnier, de déshonorer, d’avilir, d’intimider etc. ; le procureur Touré de la commune IV avait pris la courageuse et salutaire résolution de dégainer l’épée vertueuse de Thémis. Une initiative énergique de l’homme de loi qui a permis, dans une large proportion, de dresser une digue contre la furie et le comportement de paria de beaucoup de vidéomen et influenceurs. En décidant de la mise en place de ce Pôle, les autorités font un pas de géant dans la lutte contre des dérives qui, si elles ne sont pas vite endiguées, présentent le risque d’attiser encore et encore les feux de la criminalité, de la vulgarité et de la haine qui sont hélas ! déjà répandus dans notre société au socle fragile.

En même temps, il est de la première importance de délimiter avec précision les frontières de ce Pôle afin que, même de bonne foi ou inconsciemment, il ne glisse parfois sur la pente de la censure. Car, autant prévenir et réprimer toute forme de dérive et de crime liés aux réseaux sociaux est indispensable pour la quiétude de l’ordre social ; autant il est vital pour notre société de voir la liberté de la presse continuer de s’épanouir en se fondant sur le droit de critique constructive. En aucune manière, la notion de « cybercriminalité » ne doit servir de justificatif pour orienter la presse vers une forme de censure ou d’autocensure. Mais, bien que cette inquiétude doive être soulevée, elle sera certainement dissipée dans les faits. Car il est clair que, dans la lutte contre la cybercriminalité, l’on peut se fier à nos autorités pour faire tomber le couperet de la sanction précisément et uniquement là où il le faut.

Seydou Fané et Mohamed Meba TEMBELY

Source: Les Échos- Mali

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