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Transition : fin de la période de grâce entre SBM et les militaires ?

« Nous avons toujours dit que s’il y a rupture du consensus, nous pouvons renter dans une zone de turbulence que personne ne connait », a déclaré l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga (SBM), président du parti ASMA-CPF, lors d’une rencontre entre responsables de plusieurs partis politiques, le lundi 26 juillet 2021, à l’hôtel de l’Amitié à Bamako, autour de la Transition.

 

Ces propos marqueraient-ils la fin de la période de grâce entre SBM et les militaires au pouvoir ?

L’hôtel de l’Amitié à Bamako a abrité, le lundi 26 juillet 2021, une rencontre autour de la transition, qui a réuni des responsables des partis RPM, ADEMA-PASJ, PS YELEN KOURA, ASMA-CFP, CODEM, YELEMA, RDS, CDS Mogotiguiya, APR, ARP, RpDM, les Non Alignés, MIRIA, MOREMA.

Présent à cette rencontre, l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga (SBM), non moins président de l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des Forces Patriotiques (ASMA-CFP) a déclaré : « Nous avons voulu nous rencontrer pour exprimer notre position, notre soutien au processus de la Transition et notre attachement au consensus interne national, qui s’est dégagé sur le délai de la Transition, lequel consensus a obtenu le soutien unanime de la communauté internationale ».

Soumeylou Boubeye Maiga a profité de l’occasion pour mettre en garde contre toute autre initiative, qui se tient de manière parallèle aux conclusions de l’atelier organisé, il y a quelques semaines, par le gouvernement sur l’organisation de l’élection, notamment sur la problématique d’un Organe unique de gestion de l’élection.

« Nous, nous en tenons aux conclusions, que nous avions à l’unanimité dégagée à l’occasion de cet atelier. Pour nous, toute autre initiative, qui se tient de manière parallèle, non règlementaire, ne nous engage pas. Nous restons engagés par les termes de référence de cet atelier », a-t-il soutenu.

Selon SBM, les autorités de la Transition doivent tenir compte de l’impératif pour le pays de « sortir d’une situation relativement instable, et de se doter d’institutions ayant la durée et la légitimité pour pouvoir rassembler l’ensemble des Maliens et nos partenaires afin de relever les défis auxquels nous faisons face, qui sont des défis que tout le monde connait ».

Et le président de l’ASMA-CFP d’ajouter : « Ce qui est impératif pour nous tous, c’est le respect du consensus national. Nous avons toujours dit que s’il y a rupture du consensus, nous pouvons renter dans une zone de turbulence que personne ne connait ».

Fin d’une période de grâce entre SBM et les militaires ?

Après ces propos de Soumeylou Boubèye Maiga, qui sonnent comme une menace à l’endroit des nouvelles autorités de la Transition, à savoir les militaires, on peut se demander si nous n’assistons pas à la fin de la période de grâce entre SBM et les militaires, au pouvoir, supposés être ses alliés.

En effet, depuis le coup d’état d’août 2020, l’ancien Premier ministre s’était lancé dans une sorte de campagne de séduction envers les militaires, qui ont renversé le régime d’IBK.

Dans ses interviews données aux médias nationaux et internationaux, SBM avait toujours essayé de caresser les autorités de la Transition dans le sens du poil. Entendre SBM, le lundi dernier, hausser le ton contre les autorités transitoires, prouve visiblement que les attentes du président de l’ASMA-CFP par les militaires, les nouveaux patrons de la Transition en cours au Mali, ne sont pas satisfaites.

Certaines sources proches des militaires ont révélé, au mois de mai dernier, que SBM avait essayé de rencontrer l’ancien président de la Transition, Bah N’Daw, à Paris lors de sa dernière visite officielle dans la capitale française. Quelques jours après Bah N’Daw et son Premier ministre, Moctar Ouane, ont été arrêtés par les militaires. On connait la suite.

Par ailleurs, les propos de SBM interviennent également, quelques jours après que l’influent Chérif de Nioro, Bouyé Haidara, ait appelé à une prolongation de la Transition.

Selon ses proches, le Chérif de Nioro aurait déclaré : « Nous nous devons de supporter les éventuelles sanctions et autres embargos en vue d’accorder du temps aux Autorités de la transition. Cependant, nous n’hésiterons pas à dénoncer également les Autorités actuelles de la transition si jamais elles ne se montrent capables à hauteur des attentes du peuple malien ».

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