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Soumeylou dans le marasme du Centre du Mali : Ce que le Premier ministre n’a pas vu

En visitant les écoles de Moussawal et Tiaboly, le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga est allé au cœur du mal du centre du Mali. Ici l’analphabétisme et l’obscurantisme côtoient la méfiance à l’égard de l’état et ses représentants. Certes, il a par cette visite rassuré le corps enseignant venu de diverses contrées du pays mais a aussi mis le doigt dans le cambouis nauséabond d’une société désorientée autant qu’indécise.

Voilà deux écoles de plus de 20 ans d’âge incapables de présenter un seul bachelier à leur actif dans deux villages meurtris par des années successives de mauvaises récoltes puis vidés de leur jeunesse.

Ce que le PM n’a pas vu, ce sont les séquelles de deux inondations en cinq ans dont a été victime le village de Moussawal (les tentes du HCR sont visibles du côté opposé de l’école par rapport à la route.)

Ce que le PM n’a pas vu, c’est ce second cycle de Tiaboly en chantier depuis 15 ans, qui aurait pu prolonger la scolarité de ces filles et garçons sans logeur ni à Fatoma ni à Sévaré.

Ce que le PM n’a pas vu, ce sont les piquets délavés et dressés tel des sagaies dans les champs de cases des parents d’élèves longeant la route du côté Est entre les deux écoles et constituant la façade ouest d’un futur camp militaire.

Ce que le PM n’a pas vu, c’est cette masse de spectateurs dont l’apprentissage de l’écriture et la lecture (essentiellement coranique) s’est arrêtée avant leur 10ème année de vie et qui apprécie modérément la présence de l’école.

Ce que le PM n’a pas vu, c’est l’inquiétude de ces populations destinataires des menaces non voilées via les téléphones et autres RS en cas de participation aux récentes élections.

Ce que le PM n’a pas vu,  c’est l’absence de jeunes valides capables de participer à des activités de développement mais qui se trouveraient dans les zones d’orpaillage et/ou sur les mers.

Ce que le PM n’a pas vu, c’est l’incompréhension de ces populations dont la proximité de Mopti a exclu des listes des bénéficiaires de l’assistance de l’état.

Tel est la triste réalité d’un quotidien incertain d’une population prise en étau entre les djihadistes et les convoitises incompréhensibles de l’armée  nationale que le PM laisse perplexe.  Quelle sera la réaction des premiers nommés. Les seconds leur permettront-ils d’accéder à leurs champs la campagne agricole prochaine ?  Le nombre d’heures de cours au moment du premier bilan de la part du CAP de Sévaré nous édifiera.

Fakara Faïnké

 

Source: Le Républicain

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