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SBM lors du lancement des concertations régionales: ‘‘nous n’allons pas nous laisser distraire’’

Le Premier ministre, Soumeylou Boubeye MAÏGA, a présidé, ce mardi, la cérémonie officielle de lancement des concertations régionales sur le projet de réorganisation territoriale sur l’ensemble du territoire national, au gouvernorat du District de Bamako. Ces concertations qui vont durer trois jours (13, 14, 15 novembre), constituent, selon le Gouvernement, un lieu d’expression démocratique qui permet de recueillir les avis, les suggestions diverses et plurielles, mais constructives des citoyens sur les avant-projets de réorganisation territoriale.

Outre le chef du Gouvernement, la cérémonie officielle de lancement des consultations populaires a eu lieu en présence du ministre de l’Administration, Mohamed Ag ERLAF ; du Gouverneur du district de Bamako, Débérékoua SOARA ; de maire de la commune IV, Adama BERETE ; du Maire du district de Bamako, Adama SANGARE, etc.

On notait également la présence des maires du District ; des représentants des familles fondatrices de Bamako ; des représentants des Partis politiques, des organisations de la société civile, etc.

Le contexte

Selon le gouvernement, le processus qui a été lancé hier mardi vise deux objectifs essentiels : rapprocher davantage l’Administration des populations ; redimensionner les grands espaces pour permettre à l’Etat de mieux encadrer les collectivités territoriales et de favoriser l’atteinte des objectifs de développement économique, social et culturel.

Sur l’ensemble du territoire, il y aura la conférence régionale de Kayes-Nioro-Kita ; Koulikoro, Dioïla, Nara ; Sikasso-Bougouni-Koutiala ; Ségou-San ; Mopti-Douentza-Bandiagra ; Tombouctou-Taoudénit ; Gao ; Kidal ; Ménaka ; et District de Bamako.

Ainsi, chaque Conférence régionale permettra de prendre en compte les avis et les suggestions raisonnables des populations et de proposer, à une instance nationale de validation de la réorganisation territoriale, un projet fondé sur les réalités socioculturelles et économiques de chaque région et permettant de faire face aux défis sécuritaires et de promotion d’un développement local équitable.

Dans son mot de bienvenue, le Maire Adama BERETE a souligné qu’aucune nation ne peut se développer sans une bonne réorganisation du territoire. Ceci doit tenir compte des équilibres territoriaux et communautaires.

De son côté, le gouverneur a souligné que la complexité et la multiplicité des attributions dévolues au gouverneur ne lui permettent pas de fournir, à souhait, des services de qualité aux communes dont il assure la tutelle. Ainsi, la création d’un second niveau de décontraction, a-t-il fait savoir, est nécessaire pour permettre à l’administration d’offrir de meilleures prestations aux usagers du service public.

Sur le plan administratif, a-t-il poursuivi, certaines communes de Kati constituent des quartiers-dortoirs d’innombrables citoyens travaillants à Bamako. Aujourd’hui, la capitale est une enclave dans le cercle de Kati au risque de s’étouffer, à tel point que certaines communes de Bamako et certaines communes du Cercle de Kati ne connaissent plus de frontière. Bamako, n’a plus de réserve foncière.

Écrire une nouvelle page

Dans son discours d’ouverture, le ministre Mohamed Ag ERLAF a souligné qu’à travers ces conférences régionales, notre pays s’apprête à écrire une nouvelle page de sa réorganisation administrative et territoriale.

Après avoir fait un aperçu général de toutes les réformes que le pays a connues, il ressort, selon le ministre Ag ERLAF que si l’on veut éviter l’effritement de la Nation et celui des fondements de l’Etat, la gestion des seuls hommes devrait être complétée par celle des territoires sur lesquels ils exercent leur citoyenneté.

Aujourd’hui, en termes de déconcentration, notre pays compte 410 circonscriptions parmi lesquelles 56 ne sont pas encore fonctionnelles, 19 régions, un district, 60 cercles et 330 arrondissements.

En termes de décentralisation, le pays compte 825 collectivités territoriales, 10 régions et un district. On compte également 60 cercles et 754 communes parmi lesquelles, 63 collectivités territoriales ne sont pas encore dotées d’organes délibérants et exécutifs.

Une révolution

Pour le ministre, la réforme proposée aujourd’hui aux Maliens s’apparente à une révolution par l’innovation qui réside dans le fait que pour la 1re fois au Mali, le Gouvernement décide de soumettre un avant-projet de réorganisation administrative du territoire à l’avis des citoyens regroupés de manière inclusive au niveau de chaque région. C’est dire que l’avant-projet de réorganisation administrative proposé participe de la mise en œuvre de la loi du 2 mars 2012. Une réforme qui a été stoppée par la crise multidimensionnelle que notre pays a connue en 2012.

Selon le chef du département en charge de l’Administration, ces concertations permettront aux populations de répondre à 4 préoccupations : comment couvrir l’ensemble du territoire national par un maillage efficace des Cercles et Arrondissements garantissant une meilleure répartition de l’action publique ? Comment concevoir des schémas d’aménagement opérationnel du territoire pouvant impulser un véritable développement, économique, social et culturel des collectivités territoriales créées ou à créer ? Comment renforcer la démocratie en disposant de listes d’électeur communales révisées ? Et enfin, comment mieux renforcer le nombre des bureaux de vote et leur emplacement dans les villages ou sites de fractions nomades qui composent les communes ?

«Les conférences n’ont pas d’autres objets, elles sont le début d’un processus qui nous permettra de construire durablement notre pays », a-t-il rassuré.

Toutefois, a-t-il prévenu, la recherche de l’atteinte de ces objectifs ne doit pas se faire au détriment de quelques principes à sauvegarder: le maintien et la dynamisation des solidarités sociales basées sur des liens historiques et de mode de vie ; la viabilité de chaque territoire ; la continuité spatiale et la réduction des distances d’accès à l’Administration et aux services sociaux de base ; la réorganisation territoriale à l’intérieur de 19 régions et un District.

La correction des insuffisances

Dans sa déclaration, le Premier ministre a souligné que la tenue des conférences régionales traduit la volonté du Gouvernement de rendre utiles l’exercice et le caractère décentralisé de notre pays et d’approfondir aussi la proximité de l’administration des administrés de manière à rendre plus efficace l’action publique dans les différents secteurs.

En termes clairs, il s’agit de corriger les insuffisances constatées, jusque-là, dans l’administration du territoire. Pendant tout le temps que le Mali existe, a-t-il fait savoir, pratiquement aucun gouverneur de Tombouctou n’a jamais pu se rendre à Taoudénit.

Les enjeux

Depuis que les concertations ont été engagées par le gouvernement, a dit son chef, le processus a suscité beaucoup d’intérêt de la part des populations, soulevé beaucoup de passions, d’interrogations, d’inquiétudes sur les statuts de telle ou telle autre localité qui veut être érigée en cercle, en région.

«D’autres veulent être rattachés à tel endroit, plus tôt qu’à tel autre. Nous avons toujours apporté la bonne réponse en disant que le Gouvernement restera attentif aux résultats des concertations. Après les concertations régionales, il y aura d’autres niveaux de synthèse pour décider de ce qui sera adopté définitivement», a expliqué Soumeylou Boubeye MAIGA.

Comme c’est souvent le cas, a-t-il déploré, il y a beaucoup de suspicions, beaucoup de tentations incohérentes, des scènes de manipulation, de récupération politique de cet exercice. «Il y a des gens qui pensent qu’ils ont des propositions assez lumineuses, mais qu’ils ne peuvent pas soumettre aux populations. Il y a des gens qui pensent que les populations ne sont pas assez majeures pour décider de ce qui leur convient. Nous, nous avons décidé de faire parler les citoyens, de leur faire confiance, de les laisser s’exprimer », a-t-il critiqué. Pour le PM, ce n’est pas dans les conclaves des états-majors des partis politiques que nous allons décider de l’avenir du pays.

La politique

de la chaise en ligne de mire

Ainsi, il a rappelé que tout le monde a vu les populations se mobiliser pour exiger l’opérationnalisation immédiate des nouvelles régions. «Nous allons poursuivre avec détermination ce processus. Et nous en tirerons les leçons une fois qu’on aura eu les recommandations qui proviennent de l’ensemble des conférences», a-t-il tranché.

Dans les débats démocratiques, a poursuivi le PM, nous avons toujours considéré la politique de la chaise vide comme un manque de confiance en soi-même. «Nous sommes dans un débat démocratique ; donc tous ceux qui sont assez sûrs de leurs propositions ou qui ont tout simplement des propositions à faire peuvent le faire. On n’a aucune raison de faire la politique de la chaise vide dans le débat démocratique sachant bien qu’on est porteur de projet pour le pays. Nous n’allons pas nous laisser distraire des tentatives pareilles. Nous allons continuer avec le processus et le moment venu le Gouvernement prendra, en toute connaissance de cause, les décisions qui s’imposent. Il faut que les citoyens fassent confiance à leur capacité collective de construire un destin commun. C’est ce mandat que les citoyens ont validé par rapport au Président pour continuer à mettre en œuvre une politique plus solidaire, plus proche des citoyens qui prend en charge leurs préoccupations», a dit le SBM.

Par Abdoulaye OUATTARA

Info-matin

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