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Résoudre la crise énergique au Mali…

Au-delà des standing-up et des critiques, des innombrables communiqués et déclarations, le problème de l’énergie au Mali requiert de l’aptitude, de la vision, de l’audace, du pragmatisme, de l’ouverture et de l’action.

 

Un réel audit de la structuration et de la gestion d’EDM-SA est requis. Cette société créée en la forme d’une société anonyme avec des capitaux publics et privés peine à se relever, à s’auto gérer, à satisfaire sa clientèle sa raison première d’être et d’exister, à savoir garantir à chaque client abonné de l’électricité de bonne qualité et à tout moment, autant que l’abonné est en règle vis-à-vis d’EDM-SA.

Un véritable audit juridique s’impose. Une révision technique de toutes les installations et centrales dont EDM-SA est l’unique acheteur de l’électricité produite est vitale et primordiale. Évidemment, cela devait se faire pour prévoir la « pandémie énergique » que notre pays connaît. Manque de pot, cela ne s’est pas fait. Mais, il n’est tout de même jamais trop tard.

Un audit comptable des revenus des abonnés d’EDM-SA, ceux-là qui en font le chiffre d’affaires, doit être mené ou s’il est fait qu’on nous dise combien les Maliens apportent à EDM-SA. Une publication légale des résultats annuels de la société pourrait suffir à satisfaire cette demande.

Aussi, l’énergie achetée par EDM et distribuée à nous, consommateurs, coûte chère à EDM-SA ; c’est une électricité produite en HFO au fuel lourd et c’est coûteux. Beaucoup de contrats de fournitures de carburants non réglés (ils sont nombreux) sont signés par EDM-SA pour assurer l’approvisionnement des centrales. C’est un modèle qui ne fonctionne plus et ne bénéficie pas à EDM-SA, ni aux nombreux « pétroliers », et qui ne peut, par ricochet, satisfaire ses clients.

Le monopole de la distribution de l’électricité doit être revu, avec plus d’ouverture et un vrai libéralisme du secteur. Prenez un exemple simple : quand une station ne peut pas vous fournir de l’essence, vous vous rabattez sur l’autre station pour que votre engin ne manque pas d’essence et cela garantit l’économie qui tourne, la saine concurrence et la satisfaction du consommateur qui est

UN GAGE DE COHESION SOCIALE ET DE PAIX.

Conserver le monopole de la distribution de l’énergie ne garantit plus la souveraineté nationale. D’ailleurs cela ne l’a jamais garantie. C’est plutôt la mise à disposition et la facilité d’accès aux besoins essentiels et fondamentaux dont l’énergie, vitale et cruciale pour tout développement personnel et collectif, qui garantissent INCONTESTABLEMENT la souveraineté nationale du pays. Libéralisez-le secteur. L’accès à l’énergie est un droit fondamental.

C’est en cela que l’on apprécie les réelles réformes politiques et publiques d’un Etat qui aspire au développement et au changement.

EDM-SA est une société anonyme donc une société de capitaux qui a besoin d’être restructurée de fonds en comble par un nouveau type de management et des fonds, avec un business plan réaliste adapté et des objectifs de performance absolument à atteindre.

Aux hommes et femmes d’affaires du Mali, voilà la réelle opportunité à laquelle vous devrez plutôt aspirer pour sortir le malien lamda de l’obscurité et par la suite prétendre aux fonctions suprêmes. Usez de “votre influence” pour avoir des réformes et politiques publiques de développement !

Ensuite, les nouvelles énergies n’attendent que l’État pour prendre ses responsabilités et son courage, pour casser la routine de l’énergie coûteuse, lourde et insatisfaisante au fuel lourd, avec des centrales presque non fonctionnelles. Cela permettra de passer à l’énergie solaire, la vraie énergie solaire, pas celle opportuniste, dans le seul but de vendre des panneaux solaires, mais selon une politique publique pensée du solaire et/ou de l’éolienne, selon le cas et la nécessité ou, pourquoi pas, de passer à une solution hybride.

Il ne s’agit pas seulement de passer des conventions de 25 ou 50 Mgw mais d’avoir de vraies centrales de 500 ou 1000 Mgw (voir projet Burkina et Ghana) en solaire avec des lignes de liaisons, de mobiliser les capitaux locaux. Il s’agit aussi de signer des conventions bilatérales de partenariat avec la main-d’œuvre internationale qualifiée disponible et moins chère, comme le Mali en a déjà signé une multitude, de donner un véritable sens à ces partenariats en les rendant plus stratégiques et gagnant-gagnant selon le pays. La Turquie comme bien d’autres, j’imagine est un partenaire idéal pour aider le Mali dans le domaine de l’énergie, même solaire.

Nous les abonnés également, investissons dans l’énergie. Nos propositions et cris doivent également aller dans le sens d’exiger l’ouverture du capital de EDM-SA et la mobilisation d’un investissement social par la population pour sauver le soldat “EDM” et sortir le Mali du noir.

La saisine de la CREE pour se plaindre, dénoncer et même réclamer les dommages causés par les coupures, faire de vraies revendications fondées en la forme et au fond par devant les instances habilitées.

L’Etat est un sujet de droit également qu’il faut mettre devant ses responsabilités par le droit.

On n’a pas besoin d’une autre forme de crise, on en a assez déjà. Trouvons des solutions. J’ai lancé quelques pistes. Le reste relève de ma vocation professionnelle.

Avec tous les droits réservés sur cette réflexion que j’ai menée en ma qualité de malienne, de consommateur d’abord puis d’expert en Droit de l’énergie.

Me TALL Nadia BIOUELE Avocat

Droit Energie Infrastructures et Financement – Université NANTERRE

Politiques et Management du développement – Sciences Po Paris

Source : Le Challenger

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