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Recrudescence de l’insécurité à Niono : les civils exigent des autorités des mesures fortes

La population civile de Niono est de plus en plus inquiète face à l’insécurité grandissante dans leur zone. Les affrontements sporadiques, les mesures répressives de l’Etat, la crise sécuritaire, exacerbée par la présence des djihadistes, depuis certain temps, ont plongé la zone dans une phase nouvelle.

 

Pour éviter le déclenchement d’un nouveau conflit armé entre les djihadistes et les donsos, dont les principales victimes sont les populations civiles, ces dernières invitent le président de la Transition à aller « au-delà des mesures cosmétiques et mettre en œuvre d’urgence des réformes majeures avant d’engager un dialogue inclusif de haut niveau avec les habitants ».

De sources locales, des affrontements qui durent depuis quelques temps dans la région de Ségou ont fait au moins des dizaines de morts et plusieurs blessés parmi les habitants.

Pour la population, ces heurts qui sont le signe d’une forte détérioration du climat social dans toute la zone, requièrent une réaction urgente des autorités de la Transition et une réponse très ferme des partenaires internationaux.

Du fait de ces affrontements meurtriers, le nombre des victimes civiles augmente de jour en jour, et certains d’entre elles songent résolument à l’idée d’une lutte armée ou « d’autodéfense ».

« S’il veut éviter la naissance d’une insurrection armée dans cette zone, qui ne manquerait pas d’avoir des répercussions, le président Assimi Goita doit aller au-delà des mesures cosmétiques et prendre ses responsabilités pour trouver des solutions politiques à cette situation », a fait savoir un habitant de la zone.

Pour la population civile, la gravité de la situation oblige les autorités de la transition à agir plus vite.

« Les autorités maliennes doivent mener un dialogue inclusif au plus haut niveau afin d’envisager des solutions durables. Car ces affrontements qui ont fait des morts requièrent désormais l’intervention d’un médiateur crédible », souhaite Assitan Traoré, ménagère à Niono.

« Notre zone est devenue le nid des djihadistes. Il faut que les autorités maliennes songent un peu aux habitants de Niono, sinon nous risquons beaucoup ici. Il est vraiment temps qu’elles prennent des mesures urgentes pour la sécurisation des personnes et leurs biens », plaide Youssouf Dembélé, chef de famille.

En ces derniers temps, la situation est à nouveau très tendue. C’est dans ce cercle qu’avait été conclu en mars dernier, il y a quatre mois, un accord entre les djihadistes de la Katiba Macina, membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Aqmi, et les chasseurs traditionnels dozos de la zone, qui tentaient de leur faire face.

Cet accord de cessez-le-feu avait permis, au prix de concessions faites aux djihadistes sur le port du voile ou les décisions de justice par exemple, de mettre un terme aux affrontements meurtriers qui ensanglantaient la zone depuis des mois. Il y a eu le cas devenu emblématique de Farabougou, qui avait été soumis à un blocus pendant plusieurs mois, jusqu’à la conclusion (pas de signature, accord oral) de cet accord. Mais des heurts récents mettent à présent cet accord en péril.

« Le 3 juillet dernier a marqué la fin de l’accord », déplore un élu local, qui signale une reprise des déplacements de populations, craignant le retour des violences contre les civils.

Depuis ce jour, selon plusieurs sources locales, entre trois et six chasseurs traditionnels dozos ont été tués et plusieurs blessés par les djihadistes de la Katiba Macina, dans des villages du cercle de Niono, notamment dans la commune de Dogofry, qui rassemble plusieurs hameaux.

Négociations en cours

Mais cette situation fait suite à un regain de tension plus ancien : selon un médiateur du Haut conseil islamique, qui avait obtenu le cessez-feu-conclu au mois de mars, certains « éléments incontrôlés » des chasseurs dozos ne respectaient pas les termes de l’accord : empêchant des bergers peuls de circuler avec leurs bêtes, rackettant un village peul tout entier, ou coupant du bois dans des zones censées être préservées par l’accord.

« Ce sont les djihadistes qui ont commencé », affirme au contraire un dirigeant des chasseurs dozos de la région, qui explique cependant vouloir « trouver une solution ».

Des consignes auraient été données aux chasseurs de la zone de Niono « pour ne pas enflammer la situation ».

Lire la suite sur L’Indicateur du Renouveau

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