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« Nous sommes à 70% d’exécution du programme »

NIAMINA KONÉ, PROVISEUR DU LYCÉE KANKOU MOUSSA DE DAOUDABOUGOU

« Nous sommes à 70% d’exécution du programme »

Dans la quatrième étape de notre tour des établissements publics d’enseignement secondaire général de Bamako, nous avons franchi les portes du Lycée Kankou Moussa de Daoudabougou. Le proviseur, Niamina Koné, nous y a reçus, hier jeudi 19 mai, pour parler des défis au sein de son établissement.  

Les Échos : Quel est l’effectif des apprenants au Lycée Kankou Moussa ?

Niamina Koné : Nous avons 2085 élèves.

 

Les Échos : Quel est le ratio fille-garçon ?

NK : Nous n’avons pas encore dégagé le ratio fille-garçon pour cette année. Mais de manière estimative, je peux dire qu’il y a plus de garçons que de filles.

Les Échos :  Combien de salles de classes avez-vous au sein de votre établissement ?

NK : Il y a 34 salles de classes. La capacité d’accueil par classe est de 50 élèves.

 

Les Échos : Êtes-vous confrontés, ici, à un problème de pléthore ?

NK : Tout à fait. Il y a nettement plus d’élèves que de salles disponibles. Ce qui nous contraint, mes équipes et moi, à mettre en place le système de double vacation.

 

Les Échos : Combien de classes de Terminales avez-vous cette année ? 

NK : Nous avons 13 classes de Terminales.

 

Les Échos : Quels sont les défis les plus pressants auxquels vous faites face au sein du Lycée Kankou Moussa ?

Niamina Koné : C’est principalement le niveau des apprenants. Le niveau actuel des élèves est très bas. Mais ce problème incombe à tout le monde. Aux parents, aux élèves, et à nous qui sommes les enseignants.  Pour y remédier, il faut une étroite collaboration entre la direction et les parents d’élèves. Il faut que la rigueur et le suivi strict des temps d’apprentissage soient les normes absolues au sein des établissements scolaires. C’est pourquoi, dans la stratégie de notre lycée, je n’ai de cesse d’exhorter les parents d’élèves à s’impliquer plus fortement dans le suivi de leurs enfants.

Les Échos : Du côté des cours, est-ce que tout se déroule normalement ? Pouvez-vous nous dire le pourcentage d’avancement des programmes dans les différentes matières ?

NK : Dans les différentes matières, l’avancement du programme est encourageant. Nous sommes à presque 70% d’exécution dans chacune des disciplines d’enseignement. J’ai très bon espoir que les programmes seront intégralement exécutés discipline par discipline.

Les Échos : Quels sont vos rapports avec les partenaires, notamment les syndicats au sein de votre établissement ?

NK :  Nous vivons carrément en symbiose ici. Il n’y a pas de problème.

Les Échos : Quelles sont les difficultés les plus saillantes au sein de votre lycée ?

NK :  Surtout l’insécurité. On est dans un quartier qu’on peut qualifier de plutôt difficile. Les murs de clôture, qui constituent le premier cordon de sécurité, sont trop bas pour protéger l’enceinte de notre établissement. Á cause de cela, le lycée est très exposé à de possibles irruptions. Ce qui arrive souvent. Circonstance aggravante, je n’ai pas de gardien. Imaginez-vous ! Avec un espace aussi vaste que celui du lycée Kankou Moussa, je n’ai aucun gardien !

Les Échos : Comment appréciez-vous l’enseignement des sciences au Lycée Kankou Moussa ?

NK :  La tendance est relativement insatisfaisante. Je m’explique. Cela fait plus de trois ans que je n’ai qu’une classe de Terminale Sciences Exactes. Alors qu’auparavant, il y en avait plus de trois. Donc, en tant que scientifique, j’estime qu’il y a un recul dans l’apprentissage des sciences. Mon souhait est de voir l’enseignement des sciences se hisser au-dessus des autres.

Les Échos : Selon vous, à quoi est dû ce recul de l’engouement pour les sciences ?

NK : Mon opinion est qu’il faut chercher la cause à un étage situé plus bas, c’est-à-dire au niveau fondamental. Après le DEF, les enfants viennent au niveau secondaire avec des lacunes énormes. Ce qui, par la suite, aboutit à plusieurs cas de renvois pour insuffisance de moyenne lors des compositions successives. Le niveau étant trop bas, ces enfants peuvent difficilement briller dans les disciplines des sciences dites exactes.

Les Échos : Du haut de votre expérience dans l’administration scolaire, quelles sont vos recommandations à l’endroit de l’État, des parents d’élèves et des partenaires afin d’améliorer l’apprentissage des sciences ?

NK : Il faut dissiper le caractère mystérieux et rébarbatif autour des matières scientifiques. C’est vrai ! Quand on fait croire aux enfants que les mathématiques, par exemple, ne sont pas à la portée de compréhension de n’importe qui, on crée un effet de frein psychologique chez les apprenants. Alors, là, la faute est imputable aux enseignants. Lesquels se doivent de jouer sur le levier de la motivation, quelle que soit la matière. Enseigner, c’est considérer plusieurs paliers. La perte d’engouement pour les sciences n’est pas la faute des enfants mais celle de nous autres enseignants. Si nous parvenions à rendre les matières scientifiques moins mystérieuses auprès des enfants, nous verrions tout de suite que la courbe d’apprentissage des matières scientifiques grimpera en flèche. Voilà tout le problème.

 Entretien réalisé par A. Dicko

Source: Les Échos- Mali

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