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Mopti : Le PM Boubou Cissé en visite dans une région « ravagée par les violences »

Dr Boubou Cissé, le Premier ministre du Mali, à la tête d’une forte délégation, séjourne depuis le mercredi dernier dans la région de Mopti. Cette visite de cinq jours intervient au moment où on assiste à un regain de violences dans la région avec les récentes attaques et exécutions de populations civiles.

Pour cette visite à Mopti, le Premier ministre Dr Boubou Cissé, est accompagné de membres du Gouvernement dont les ministres de la Santé et des Affaires sociales Michel Hamala Sidibé, celui de la Défense et des Anciens Combattants Général de Division Dahirou Dembélé, celui de la Jeunesse et des Sports Arouna Modibo Touré, et celui de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable Housseini Amion Guindo.

L’importante délégation est arrivée, le mercredi 3 juillet 2019, à Mopti au bord d’un avion militaire. L’objectif de la visite, selon la primature, est de parer à l’urgence humanitaire et d’accélérer le renforcement du dispositif sécuritaire, ainsi que le déploiement de l’administration pour améliorer l’accès aux services sociaux de base des populations de cette région. « De plus, la présence des membres du gouvernement ainsi que des notabilités favorisera le dialogue inclusif indispensable à la restauration du vivre ensemble et de la paix dans les régions du centre et au Mali en général. », selon la Primature. 

La visite du Premier ministre intervient dans un contexte sécuritaire très difficile pour la région de Mopti. En effet, la région est en proie à une violence inouïe. « La région est ravagée par les violences. On espère que lors de son séjour,  les vraies questions seront abordées afin de trouver rapidement des solutions. Nous sommes presque à bout de souffle ici », a confié au Républicain, sous le couvert de l’anonymat, un élu de la région de Mopti.

Deux jours avant l’arrivée du Premier ministre dans la région, dans la nuit du dimanche à lundi dernier,  23 civils ont été tués dans l’attaque de villages du cercle de Bankass. “Dimanche, et dans la nuit de dimanche à lundi dans les villages de Bidi, Sankoro et Saran, des hommes armés ont attaqué des civils, tuant 23 civils”, selon Cheick Harouna Sankaré, maire de la de Ouenkoro et ancien candidat à l’élection présidentielle 2018, faisant état de nombreux blessés et des déplacés. Toujours dans la région de Mopti, dans le cercle de Koro, 11 civils à bord d’une moto tricycle ont été tuées par un engin explosif à 7 kilomètres de la frontière du Burkina Faso  le dimanche dernier. Le 17 juin, une attaque visant les villages de Gangafani et de Yoro, près de la frontière burkinabè, avait fait 41 morts.

Selon le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires de l’ONU (OCHA), les violences liées aux conflits ont atteint un niveau de sévérité jamais égalé dans le centre du pays et font payer un très lourd tribut aux enfants, aux femmes et aux hommes affectés. « Plus de 600 civils ont été tués depuis le début de l’année dans les attaques perpétrées principalement dans la région de Mopti. Le nombre de personnes déplacées internes fuyant ces violences a quasiment quadruplé dans les régions de Mopti et de Ségou entre mai 2018 et mai 2019 passant de 18 000 à 70 000 ce qui représente 58 pour cent du nombre total de personnes déplacées internes dans le pays estimé à environ 120 000. »

Lueur d’espoir ?

Pour faire face à la recrudescence de l’insécurité, les milices armées, avec l’aide de l’Etat, s’organisent. Ainsi après une rencontre, le lundi 1er juillet dernier à Sévaré, deux importants groupes armés d’autodéfense Dogon et Peulh, respectivement  Dan Na Ambassagou et le MSA, se sont engagés à unir « leurs efforts pour un retour rapide et définitif de la paix, de la cohésion et du vivre ensemble au centre du Mali. »

Selon les deux groupes armés d’autodéfense, la région de Mopti est aujourd’hui «  victime de violences de tous ordres, préjudiciables à la paix sociale et au vivre ensemble. » On assiste, disent-ils, à une détérioration de la cohabitation entre communautés peulh et dogon et la prolifération de groupes d’autodéfense et d’autres groupes violents et radicalisés. Les deux groupes armés parlent aussi d’une « mise à sac de la région de Mopti : enlèvement de bétail, destruction de greniers, embargo sur les foires, entraves à la libre circulation des personnes et de leurs biens.»

Ils estiment donc nécessaire la «  mise en œuvre des conditions d’un cessez le feu entre groupes armés Peulh et Dogon d’une part et d’une mutualisation des efforts des leaders et autorités légitimes de la région pour la culture de la Paix, de la Cohésion sociale… »

Au vu de tous ces problèmes, les deux groupes armés, ont décidé de  mettre en commun leurs efforts pour un retour rapide et définitif de la paix, de la cohésion et du vivre ensemble au centre du Mali et d’unifier l’ensemble des groupes d’autodéfense Peulh en vue d’en faire un interlocuteur fiable face à l’Etat. Les deux groupes armés ont aussi accepté d’arrêter immédiatement le cycle des attaques et représailles sur toute l’étendue de la région à l’effet d’éviter les violences intercommunautaires, de favoriser la reprise des activités agricoles et de transhumance et le retour des déplacés. Dan Na Ambassagou et le MSA veulent «  instaurer une synergie d’actions entre groupes d’autodéfense Peul et Dogon en vue de mettre hors d’état de nuire les groupes incontrôlés opérant au Centre. »

Les deux groupes armés appellent l’Etat malien à jouer son rôle régalien de défense, de protection des personnes et de leurs biens et de pratique de bonne justice et d’une bonne gouvernance, facteurs de paix et de cohésion. Les groupes armés ont appelé à la mise en place d’un PC opérationnel dans la région de Mopti. Ils se sont engagés à mettre fin aux propos haineux et vindicatifs proférés par une communauté à l’encontre d’une autre communauté dans certains medias et notamment sur les réseaux sociaux, à mettre en place un comité de Veille et de Suivi impliquant les communautés, la Plateforme et la concertation familiale et sociale et une représentation de l’Etat.

Madiassa Kaba Diakité

 

Source: Le Républicain

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