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Manifestation dispersée au Mali: l’opposition réclame un accès égal aux médias

Malgré l’état d’urgence, une coalition de partis et d’associations d’opposition a organisé samedi 2 juin à Bamako une manifestation pourtant interdite. La mobilisation a été violemment dispersée par les forces de l’ordre, faisant seize blessés. Parmi ses revendications, l’opposition réclame le droit d’avoir, comme la majorité, un accès égal aux médias publics.

Comme dans d’autres pays de la sous-région, la radio-télévision d’Etat ORTM (Office de radiodiffusion télévision du Mali) ne trouve pas grâce aux yeux des opposants politiques maliens.

« Nous sommes déterminés à ce que l’ORTM puisse être accessible à tout le monde, affirme Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition. L’Office de radiodiffusion télévision du Mali s’est prêté au jeu du chef de l’Etat qui est candidat quand même, qui fait sa déclaration à la télé traduit dans toutes les langues. Je crois que nous ne pouvons pas continuer à avoir des medias d’Etat aussi instrumentalisés aujourd’hui, où vraiment la liberté de la presse est quelque chose d’acquis ».

A l’ORTM, RFI n’a pas pu avoir un interlocuteur officiel, mais quelqu’un qui connait bien la maison explique : « L’ORTM rapporte les activités de tous les partis. Quant au président de la République, il est au-dessus des partis, c’est une institution et il est normal qu’on couvre toutes ses activités ». Cette source assure que « pendant la campagne électorale, tous les candidats auront le même temps d’antenne, y compris donc le président candidat ».

Propos rapportés à Soumaïla Cissé qui n’est pas du tout convaincu par ces déclarations. Il a décidé de saisir deux organes de régulation : le Conseil National de l’égal accès aux médias d’Etat et la Haute autorité de la communication du Mali (HAC).

Etat d’urgence

Cette demande de l’opposition d’ouvrir davantage les médias publics était une des revendications de la manifestation dispersée du 2 juin. Une manifestation non autorisée en raison de l’état d’urgence. Pour les partis de la majorité présidentielle, si manifester est un droit, il est néanmoins nécessaire de se plier aux restrictions imposées par l’état d’urgence.

« En démocratie, marcher est un droit. Mais une démocratie a des règles, des principes et des valeurs, avance Mohamed Dibassy, vice-président du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES). L’état d’urgence a été décrété. Donc cet état d’urgence fait que les libertés sont restreintes : la liberté de marcher, la liberté de se rassembler. Ce n’était pas une marche autorisée. »

Interrogé sur le caractère gênant d’une telle interdiction à deux mois d’une élection cruciale, le représentant du PDES rétorque qu’il ne peut pas « parler au nom des autorités administratives qui ont estimé que vu l’état d’urgence, il n’était pas souhaitable qu’il y ait une manifestation ».

Mohamed Dibassy estime que « ce dont le pays a besoin, c’est un climat d’apaisement parce que nous sommes bientôt aux élections. Le pays n’a pas besoin de désordre ». « Donc je pense que c’est une situation déplorable, poursuit-il. Nous regrettons qu’il y ait des blessés de part et d’autre. La majorité à laquelle j’appartiens a déploré la situation et a dit force serait à la loi ».

RFI

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