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Mali : qui sont les chefs du GSIM, cette coalition djihadiste qui met à mal l’armée malienne?

Le camp militaire de Kati, à 15 kilomètres de la capitale Bamako, a été la cible d’un assaut de la katiba Macina le 22 juillet dernier. Ce 27 juillet, trois attaques coordonnées ont eu lieu dans le centre du pays contre l’armée malienne. Derrière ces actions armées, deux noms reviennent : Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa. Qui sont les chefs du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, cette coalition djihadiste qui met à mal l’armée malienne ?

 

En 2017, plusieurs groupes se sont unis sous la même bannière du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim selon son acronyme arabe) : Ansar Dine (créé en 2012 par Iyad Ag Ghaly), la katiba Macina (créée par Amadou Koufa en 2015), et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi, dirigé par l’Algérien Droukdal jusqu’à sa mort en juin 2020 au Mali sous le feu de l’armée française et dont l’actuel chef est une figure du djihad algérien, Abou Oubaïda Youssef al-Annabi).
Selon les forces françaises au Sahel, le GSIM regroupe plus de 2000 à 3000 hommes armés, une force supèrieure à l’autre grande organisation djihadiste dans la région, l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS).

 

Iyad Ag Ghaly, le chef touareg
Le GSIM est dirigé par Iyad Ag Ghaly. Ce membre de la tribu touareg des Ifoghas, originaire de Kidal (nord du Mali), est incontournable depuis plusieurs décennies sur l’échiquier sahélien. D’abord à la tête d’une rébellion touareg dans les années 1990, il se retire ensuite pour faire des affaires avant de revenir sur le devant de la scène en 2012.

 

C’est à cette époque que ce personnage charismatique crée Ansar Dine, groupe djihadiste qui collabore d’abord avec le mouvement rebelle indépendantiste du MNLA pour prendre le contrôle de larges pans du nord du Mali.

 

Mais il évince vite ce dernier et s’affirme comme un des principaux acteurs du conflit dans le nord du pays. Plusieurs villes y sont restées sous domination djihadiste jusqu’à l’intervention militaire française en 2013.

 

“Iyad Ag Ghaly incarne la stratégie d’Al-Qaïda au Sahel. Ce n’est pas un homme qui pense le terrorisme, c’est un homme qui le pratique au quotidien. (…) Il n’hésite pas à prendre lui-même les armes”, soulignait ainsi le 1er février 2021 Bernard Emié, alors patron du renseignement extérieur français, dans une rare intervention publique.

Iyad Ag Ghaly conditionne toute forme de dialogue avec le pouvoir malien au retrait des dernières forces françaises et onusiennes.

L’homme se présente désormais comme le protecteur des civils face aux exactions présumées des mercenaires de Wagner. “Si vous avez le droit d’engager des mercenaires pour tuer des innocents sans défense, alors nous avons le droit de vous détruire et de vous cibler”, avait prévenu l’organe de propagande du GSIM dans son message de revendication des attaques de Kati.

Amadou Koufa, le prédicateur peul

Au sein du GSIM, le prédicateur peul Amadou Koufa est certes “subordonné” à Ag Ghaly, mais il n’a cessé de prendre de l’importance depuis la création de sa katiba Macina en 2015.

Capitalisant sur les anciens antagonismes liés à la terre, fertile mais disputée, entre éleveurs et agriculteurs, entre ethnies et au sein même de ces communautés, Koufa a embrigadé à tour de bras dans le centre du Mali ces dernières années. L’homme se présente comme un protecteur du peuple peul.

 

D’abord marginal, le conflit dans le centre du Mali n’a cessé de prendre de l’ampleur jusqu’à devenir aujourd’hui un des points névralgiques de la crise sahélienne. Les attaques jihadistes ou à caractère intercommunautaire y sont désormais incessantes.

Koufa avait été donné pour mort fin 2018 par Paris et Bamako après une opération militaire française, avant qu’Aqmi ne démente sa mort et qu’il réapparaisse dans une vidéo quelques mois plus tard.

L’attaque contre le camp de Kati, au coeur de l’appareil militaire malien, a été revendiquée par les jihadistes de la Katiba Macina, affiliée à Al-Qaïda.

Abou Obeida Youssef al-Annabi, le successeur d’Abdelmalek Droukdel figure du djihadisme algérien

L’organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique état dirigé par une figure du djihadisme algérien, Abdelmalek Droukdel. Celui-ci a été tué en juin 2020 par les forces armées françaises dans le nord du Mali.

Dans une vidéo reçue par l’agence américaine SITE, spécialisée dans la surveillance des groupes djihadistes. AQMI annonçait la désignation de son nouveau dirigeant, l’Algérien Abou Oubaïda Youssef al-Annabi, l’actuel chef de son “conseil des notables”, qui tient lieu de comité directeur du groupe djihadiste.

Étudiant en sciences économiques à l’université de Constantine, il devient militant actif du Front islamique du salut (FIS), le parti islamiste algérien crée en 1989. Le processus électoral est mis à l’arrêt par le régime militaire algérien et le FIS ne prendra pas le pouvoir. C’est le début de la “décénnie noire”, la guerre entre les militaires algériens et les djihadistes qui fera plusieurs dizaines de milliers de morts de civils.

Abou Oubaïda Youssef al-Annabi prend le maquis et rejoint les rangs de l’Armée islamique du salut (AIS) puis du GIA où il fait la rencontre d’Abdelmalek Droukdel en 1996. Il fait parti des fondateurs d’Aqmi aux côtés de Droukdel, né en 2007 .

“Il est plus connu comme un propagandiste et un pseudo-religieux qu’une figure opérationnelle”, écrit Alex Thurston, professeur de sciences politiques à l’université de Cincinnati (Etats-Unis). Sa prise de pouvoir, écrit-il, traduit aussi une organisation “qui se bat pour trouver une pertinence et manque d’autorité charismatique”.  Aqmi opère dans le nord du Mali.

Mais selon un spécialiste des groupes djihadistes à l’ONU, cité par l’AFP, la stratégie du GSIM est de “fixer loin du nord du Mali l’attention et les forces” armées maliennes. Et au sud du pays, d’utiliser la “même stratégie de contagion qui a réussi avec le centre”, au détail près que la nébuleuse peut désormais jouir des liens ténus entre katibas.

Source : TV5 Monde Avec Africa Guinee

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