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Mali : quand la Covid-19 creuse le fossé des inégalités

Selon notre interlocuteur, sur les 105 personnes, 95 ont été licenciées « pour garder les autres pour la rénovation des lieux ». Malgré ces licenciements, le patron faisait des efforts sur fonds propre en apportant son aide aux personnes libérées, notamment en leur donnant des vivres. La situation était compliquée, les licenciés, tous chefs de famille, avec en charge des enfants, des cas de maladies, se sont trouvés sans emploi du jour au lendemain. « Personnellement, je comptais sur l’ancienneté, la retraite ou encore l’appartenance à la maison », a –t-il dit.

 

« Mauvaise communication »

En ce qui concerne le secteur informel, les commerçants ont eu également leur dose. Djènèba Koïta, mère de famille, évolue dans le commerce de fripes. Depuis l’avènement de la pandémie, son commerce ne marche plus. Elle venait de prendre des balles de fripes d’une valeur de 700 mille francs  CFA quand le Mali a enregistré son premier cas. « Malheureusement pour moi, raconte-t-elle, avec la mauvaise communication, on a intégré dans l’esprit des gens que le coronavirus peut être chopé dans les habits ou articles venus de l’extérieur. » Résultat, Djènèba n’a rien vendu pratiquement depuis un an et arrive à joindre difficilement les deux bouts. Ayant des enfants, elle n’arrive pas à assurer leurs dépenses les plus insignifiantes. « C’est vraiment compliqué, et pour eux et pour moi », lâche-t-elle.

Pour sa part, Hama Kassambara, gérant de la boite de nuit Doux Club, à Hippodrome, quartier populaire de Bamako, nous explique ce qui lui est arrivé au début de la pandémie au Mali. La boite de nuit, sa seule source de revenu, a fermé. « Avec la fermeture de nos locaux en raison de la Covid-19, déplore-t-il, c’est vraiment compliqué de rester à la maison à ne rien faire. C’est pire pour les femmes et pour les enfants. »

Avant de poursuivre : « On vit au jour le jour. Certaines personnes avec qui je travaille se sont retrouvées dehors, parce qu’ils n’arrivaient plus à payer le loyer. D’autres ont eu de sérieux problèmes à force de s’endetter. L’État a pris de nouvelles restrictions en exigeant une fois de plus la fermeture des bars et boites de nuit. Nous nous sommes conformés à ces décisions, en attendant de recevoir des mesures d’accompagnement. On nous a demandé de monter des dossiers individuels pour cela ; nous l’avons fait. »

« Les temps sont durs »

Aucun secteur d’activité n’a été épargné par la Covid-19. Moussa Sissoko était chargé de formation au programme USAID/EDC/PACEN. Il était en fin de programme mais avec une rallonge qui s’annonçait très bien avant la phase 2 du projet. Avec l’avènement de la Covid-19, le projet a définitivement fermé. Depuis, Moussa est sans activité et sans source de revenu. « Quand vous avez l’habitude de dépenser plus de 10 000 francs CFA par jour pour la famille et que vous vous trouvez à dépenser difficilement 3000 francs CFA par jour, cela veut tout dire », explique M. Sissoko.

Pour Kany Coulibaly, mère de famille assurant le service de restauration pour une entreprise, n’a plus d’activité. La structure pour laquelle elle faisait la cuisine a dû basculer dans le télétravail. Les temps sont durs : avec un mari malade, 4 enfants à prendre en charge.

 Source : Benbere

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