Adama Ben Diarra, alias Ben Le Cerveau, semble toujours. Le juge d’instruction du pôle judiciaire anti-cybercriminalité, en charge de son dossier, a rejeté la demande de mise en liberté provisoire introduite il y a deux semaines par ses avocats. Une décision qui prolonge la détention de cet ancien membre du Conseil National de Transition (CNT), poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État ».
Un tournant décisif dans l’affaire
Bamada.net-La décision du juge intervient après une audition de l’activiste la semaine dernière, où il avait plaidé sa cause en présence de ses avocats. Cependant, la justice malienne a jugé insuffisants les arguments avancés en faveur d’une liberté provisoire, maintenant ainsi Ben Le Cerveau derrière les barreaux.
Ce rejet est perçu par ses partisans comme une sanction politique contre l’un des fervents soutiens de la transition militaire, devenu depuis un opposant à une prolongation de la période transitoire. Arrêté le 5 septembre 2023 et placé sous mandat de dépôt, il a été condamné à deux ans de prison, dont un an ferme.
De fervent soutien à adversaire critique
Adama Ben Diarra s’était imposé comme l’une des figures de proue du mouvement « Yerewolo – Debout sur les remparts », un collectif pro-transition qui avait appelé à soutenir les militaires au pouvoir après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août 2020.
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Longtemps proche des nouvelles autorités, il a progressivement pris ses distances en s’opposant publiquement à une extension de la transition. Cette position, jugée dérangeante, lui a valu des poursuites judiciaires et son incarcération.
Appels à la clémence
Depuis son arrestation, plusieurs voix s’élèvent pour demander sa libération. Des organisations de la société civile et des personnalités influentes plaident pour une mesure de clémence, estimant que son emprisonnement ne contribue pas à l’apaisement du climat sociopolitique au Mali.
Certains de ses soutiens considèrent que la transition devrait prévaloir l’unité nationale et permettre à l’activiste de retrouver les siens, afin qu’il puisse continuer à contribuer à la construction du « Grand Mali » dans la paix et la cohésion.
En dépit de ces appels, la justice maintient pour l’instant sa position. Reste à savoir si les démarches engagées par ses avocats aboutiront à une issue plus favorable pour Ben Le Cerveau dans les semaines à venir.
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Moise Touré
Source: Bamada.net