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“Levons-nous comme un seul homme et allons assister le Mali !”

De toute évidence, depuis le dernier coup d’Etat intervenu le 18 Août 2020 dans ce pays frère de notre sous-région ouest africaine, le Mali se révèle être petit à petit, un laboratoire isolé et esseulé de notre espace.

 

Certes un laboratoire de « moyen standing » et d’un genre à part, mais un laboratoire quand même ! Pare ce qu’au Mali il se passe quelque chose. Par mesure de prudence on se garde de qualifier ça de Grand ! Mais cette réserve n’enlève rien à la qualité des actions que mène ce vaillant peuple. Auprès duquel on devrait prendre des cours de patriotisme et de dignité jusqu’à l’obtention d’une moyenne (stable) satisfaisante.

Au mali on a des civils qui ont le courage des militaires, et des militaires qui ont le courage et la bravoure des civils. Ces deux composantes se complètent merveilleusement bien. Parmi les civils il y a des religieux. Au mali la religion dominante c’est l’Islam. L’élite musulmane a des rangs un certain Mahmoud Dicko. Qu’on se plait à appeler l’imam Dicko. Cet homme est à la fois un atout et un très bon atout.

Car il est déterminant dans la vie publique de son pays. Son charisme spirituel et moral lui confère la légitimité de la parole publique. La parole officielle. Permettez qu’on le retrouve tout à l’heure dans ce texte ! Au moment où on s’y attendait le moins, le 26 septembre 2021, sur le pupitre de l’ONU à Washington, Choguel Maïga, Premier Ministre de la République du Mali, accusait la France « d’abandonner son pays en plein vol » !

Ensuite le 10 octobre de la même année, il informait le monde entier du fait que la même France par le truchement de ses éléments stationnés dans le sahel (Barkhane), de former et d’entrainer des organisations terroristes basées à Kidal. Relativement à la première accusation qui est un peu insultante à mon goût, je me demande bien ce que le Mali faisait dans un aéronef appartenant à la France et quel était le plan de vol et surtout pour quelle destination ? Pour que la France abandonne en plein vol le Mali, il reste à savoir dans quelles conditions le Mali est monté dans cet avion. De son plein gré ou de force ?

 

Qu’elle soit oui ou non, j’avoue que la réponse à cette question n’est ni pertinente ni déterminante pour la suite ! Ce qui est bon à savoir c’est pourquoi la France à larguer en plein vol le Mali, et fait semblait de n’être responsable de rien ! Et fait semblant de n’avoir rien fait de grave contre ce pays ! De révoltant au point d’engendrer un divorce que rien ne peut sauver. Voilà ce qui est bon à savoir !

Comme on ne risque pas d’avoir la réponse à ce que le Mali faisait dans l’avion de la France, on peut se lamenter sur son état de santé après ce grave accident intervenu en plein vol ! En effet, si le Mali a été largué en plein vol sans parachute par la France, il va sans dire que le Mali présente des contusions multiples et une gueule des mauvais jours !?

Le Mali à l’heure qu’il est doit être sérieusement amoché, défiguré, transfiguré ! ? Sur cette promenade aérienne j’espère que les autres Etats francophones ont tiré les leçons qui s’imposent et savent à quoi s’en tenir demain ! La vraie question est la suivante. Comment après une telle descente aux enfers, une fois rétabli l’on puisse garder des rapports cordiaux avec un tel ex-ami ? Le 26 septembre 2021 à la tribune de l’ONU, est-ce que le Mali par la voix de son Premier Ministre avait fait l’économie de dire à la face du monde qu’il ne reconnaissait plus l’amitié entre son pays et la France ?

En donnant cette image de la France qui poursuivait sa route et la Mali qui descendait aux enfers, Choguel Maïga venait de déchirer (officiellement) tous les actes d’amitié qui unissaient les deux pays. C’est l’acte de leur amitié qui venait d’être détruit puis jeté à la poubelle de l’ONU ! Est-ce que cela est si difficile à comprendre ? Pourquoi le partenaire après avoir « précipité le Mali dans le vide » donne l’impression de forcer dans une amitié dont n’a plus besoin le Mali ? Au demeurant, cette image absolument bien choisie en dit plus qu’il y a eu de peur dans ce vol plané ! Si c’est comme cela que le partenaire historique se débarrassasse des amitiés qu’il juge encombrantes, il va falloir réfléchir par deux fois avant de monter dans son « aéronef » ?

Si cette histoire pleine de pitié a une forte charge pittoresque, il n’en demeure pas moins qu’elle manque cruellement de romantisme ! Mais bon passons à la seconde observation. Tout le monde connait les raisons pour lesquelles un détachement de l’armée française s’est déployée au Mali en 2013. C’était pour aider le peuple du Mali à combattre les organisations djihadistes. Là, le grand Choguel nous apprend que l’armée française a donné des cours pratiques de défense et de prises de nouveaux territoires aux djihadistes du Mali, précisément dans la région de Kidal. Non content d’être accusé de procéder à des « largages unilatéraux », le partenaire s’entiche d’amitié avec l’ennemi auquel il apprend les bonnes techniques de terrorismes !

Ici ce qui est remarquable, c’est que les deux faits se confirment mutuellement. Toute chose qui crédibilise d’avantage la charge du Premier Ministre. Laissons-ça et allons voir au pas de course ce qu’aurait dit à Dakar au Sénégal en ce mois de décembre, notre bien aimé Mahmoud Dicko: « Nous sommes aujourd’hui la digue, si la Mali cède, tous les autres pays vont céder. C’est pour cela, ce n’est pas facile d’être au premier plan d’un combat ».

Le civil religieux Mahmoud Dicko nous dit sans ambages, que le Mali son pays occupe la place de digue en Afrique. La digue est un obstacle mobile que l’on met en place avec très souvent des brics et des brocs pour freiner le passage d’un liquide qui coule à flots. La digue dans mon esprit est une solution de fortune. On l’utilise pour parer au plus pressé ! Pour sauver une situation, pour sauver quelques meubles ! Si on est d’accord sur la définition de mémoire que je viens de fournir ici on continue !

Comment le Mali a fait pour être en position de digue aujourd’hui, écoutons l’Iman : « le Mali est une grande nation qui a eu à construire de grands empires, de grands royaumes, qui a beaucoup contribué dans la civilisation universelle, mais aujourd’hui, parce que l’histoire on fait face à une certaine situation qu’on ne peut nier. Ça arrive dans la vie des peuples et nous sommes en train de faire face avec beaucoup de dignité ».

Si jusque-là vous ne faites pas attention à la nature de la symbiose qu’il y a entre civils et militaires, j’attire votre attention là-dessus ! Civils et militaires sur le Mali leur Nation, tiennent le même discours de la dignité du Grand Mali. Le Mali se met dans une posture (glorieuse) de locomotive, celle qui aura la lourde et pionnière mission de conduire le reste de nos Etats vers son destin qui se trouve être la terre de sa dignité confisquée, rabotée !

L’Iman prévient, si la locomotive tombe en panne ou si elle est victime de sabotage, le reste des wagons seront livrés à eux-mêmes et la destination que l’on comptait rallier en deux temps trois mouvements, s’en trouverait retardée et compromise à jamais ! Le projet aura donc foiré ! Il le dit lui-même, un tel rôle n’est pas facile à camper à interpréter. Pour réussir à tracter le gros des wagons, il faut que ceux-ci montrent de la solidarité et beaucoup de résilience. Que ceux-ci accompagnent le Mali de leur dextérité.

En d’autres termes, le combat que mène le Mali avec héroïsme et stoïcisme est un combat pour tous ! Toutes les nations africaines doivent se sentir concernées et prendre faits et causes pour lui. En côte d’Ivoire le père de la Nation Félix Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo l’on mené chacun à sa manière sans guère de succès probant ! La différence avec le Mali c’est qu’ils sont maitres des mots. Ils appellent le chat par son nom et non par une périphrase. De sorte que l’interprétation est fluide et accessible à tous !

Au Mali ils ont l’avantage que toutes les couches sociales civiles et militaires se donnent la main pour le succès de ce projet. Après le coup d’Etat du 18 août 2020, le comité national pour le salut du peuple qui a été mis en place, a fait la promesse suivante : une transition politique avec des élections dans des délais raisonnables. Aujourd’hui la France à qui les Maliens reprochent beaucoup de choses, parle de double coups d’Etat. Moi je n’en vois pas la raison puisqu’il n’y a aucun intérêt à se faire à soi-même un coup d’Etat en demeurant à la même place !

On peut à l’extérieur parler de complément de coup d’Etat, mais pas de deux coups d’Etat ! on veut imposer de l’extérieur ce que les autorités du Mali doivent faire pour leur peuple. On demande aux Maliens de respecter leur parole et les engagements démocratiques qu’ils ont pris. Cette exigence-là on ne là pas retrouvée de la part des mêmes, en octobre 2020 en Côte d’Ivoire. Il y a un air de deux poids deux mesures ! Pourquoi ce qui n’a pas été valable pour la Côte d’Ivoire, on le rendre possible au Mali ou ailleurs ?

Au Mali on retrouve la France dans un rôle de recouvrement de la dette démocratique. Tu as promis d’organiser des élections en février 2022, il faut que tu les fasses vaille que vaille ! Chose à laquelle les autorités maliennes répondent en chœur, sur les 19 régions dont compte le pays, seules 5 sont en état de répondre dans des proportions inégales, aux exigences de la démocratie. Les autorités Maliennes n’entendent pas organiser dans leur pays des élections partielles. Des élections qui n’auront rien de nationales. Elles exigent et s’attèlent à libérer le pays afin que le droit civique soit partagé par toutes les filles et fils du grand Mali. Ici ce sont deux conceptions de la démocratie qui s’affrontent.

Au Mali la France joue un rôle de modératrice de la démocratie au Mali que les Maliens ne lui reconnaissent pas ! Tout le fond du problème est là. Les Maliens ne reconnaissent pas ce rôle à la France encore moins à la CEDEAO. En Guinée comme au Mali et peut-être en Centrafrique, il se passe quelque chose. Ouvrons les yeux ! Le 27 décembre 2021 à la place de la confirmation des élections de février 2022, les autorités du Mali vont plutôt confirmer l’indépendance du Mali et la dignité du peuple Malien et pas autre chose !

Si le reste de l’Afrique veut aider le Mali à consolider sa « digue de fortune », levons-nous comme un seul homme et allons assister le Mali dans le but d’ériger à quatre mains une digue industrielle dotée de toutes les nouvelles technologies de pointes !

KONE KOBALI

Libre auteur, créateur

Source : AFRIK SOIR

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