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Lettre à grand-père

Cher grand-père…

Une fois de plus je t’envoie ma lettre de mardi, cette 87e pour te donner mes nouvelles, me manifester et te dévoiler mes plans les plus utopiques où le premier est dévoilé à tout le monde et le second avec un chronogramme bien détaillé mais réservé seulement aux initiés de la cour, pardon du CNT. Bienvenues les illusions !

Cher grand-père, le Mali tombe de plus en plus. On descend de plus en plus. Le clou s’enfonce davantage. Tout le monde sait, parle, conseille et propose dans tous les domaines. Cher grand-père, j’avais dénoncé ici la primauté des légitimités émotives et éphémères sur la légalité, et nous voilà dans le buisson le plus touffu de l’histoire. Des colonels par héritage au pouvoir. Ne discernant pas leur avenir de celui du pays. Des germes de chaos qui s’implantent partout. Aujourd’hui, la vie de la nation est dictée et proposée par tous et certains font de ce créneau une entreprise.

Cher grand-père, quand on voit que les grandes nations ont été architecturées par des Hommes les plus élevés le plus spirituellement possible, issus des cercles les plus fermés dont l’accès n’est conditionné qu’à une élite. Ces Hommes ayant remporté les combats les plus difficiles contre leur âme, détachés de toute émotivité et de peur. Des Hommes qui sont imprégnés des Lois et de leur esprit. Par des débats d’idées aidés par l’amour du frère et du futur. Et voir ce qui se dessine aujourd’hui, au Mali. Des gens qui prennent de l’argent par-ci et par-là et se font experts en tout jusqu’à des débats de fond sur notre loi fondamentale. Notre Constitution. J’ai peur.

Oui cher grand-père, je n’ai pas connu Karim Keita, notre constitutionnaliste malien mais j’ai appris de Abdrahamane Touré. La Constitution resterait à jamais un mystère, même pour les juristes les plus avisés, a fortiori les profanes. Derrière chaque lettre d’une Constitution dort une histoire, un passé qu’elle essaie de corriger et un futur qu’elle cherche à établir, d’où la Loi et l’Esprit de la loi. La Cause et l’objectif. Le Dessein de l’Etat, l’Architecture des institutions. Les Pouvoirs, leur fonctionnement et contrôle. Les libertés, les droits et devoirs. Le devenir juridique, judiciaire et international d’un pays, d’une nation et de tout un peuple. Un profane pourrait-il montrer où aller ici ? Savoir se taire souvent, est la meilleure logique. Aux constitutionnalistes, les constitutions ! Au peuple l’appréciation !

Cher grand-père ! Comme l’a dit Dr. Yaya Traoré, le politologue, la vraie histoire est que nous n’avons que des pouvoirs (contrôle de force) sur les hommes. Nous n’avons pas d’Etat. Nul doute cher grand-père, un Etat ce sont des institutions qui œuvrent pour le futur et non des hommes qui se partagent et ne cherchent qu’à se maintenir au pouvoir. Un Etat, pour de vrai, nous ne l’avons jamais eu. Même l’époque dessinée comme notre gloire, l’ère du Président Modibo Keita, c’était aussi des hommes au pouvoir, jamais des institutions. Raison pour laquelle, le moindre souffle d’air fait écrouler tout ce qu’ils ont construit. Car s’ils chutent, eux-mêmes, tout s’écroule avec. Les institutions fortes, c’est aussi ce que les Américains ont vécu avec Trump. N’eussent été les institutions, l’USA aurait connu le chaos. Seules les institutions fortes sauvent ! Aucune autre issue ! A mardi prochain ! Inch’Allah ! En attendant, buvons notre lait !

 

Lettre de Koureichy

Source : Mali Tribune

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