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Les mouvements armés privilégient la fortune du trafic de drogue à la paix au Mali

Selon le rapport final (juillet 2019) des experts des Nations unies sur le Mali, «le transport de drogue à travers le territoire malien continue de faire l’objet d’une concurrence entre réseaux criminels rivaux, faisant intervenir des éléments associés aux mouvements signataires». Et, déplore-t-il, cela «menace la mise en œuvre de l’Accord».

 

Dans son rapport final, le Groupe d’experts a fait état d’un affrontement violent entre la CMA et le Groupe d’autodéfense des Touaregs Imghad et leurs alliés près d’Amassin, en avril 2018, au cours duquel des éléments affiliés à la CMA ont intercepté des stupéfiants d’un convoi du Groupe d’autodéfense d’Ahmoudou Ag Asriw qui est sous le coup de sanctions.

Le Groupe d’experts a confirmé auprès de plusieurs sources que Mahamadou Ag Attayoub, membre de la tribu des Ifoghas/Ifergoumissen, était à la tête du réseau criminel affilié à la CMA. En avril 2019, Ag Asriw et Ag Attayoub semblent s’être réconciliés dans le dessein d’agir de concert pour intercepter trois tonnes de résine de cannabis près de Tabankort, lieu notoire de stockage et de transbordement de drogue sur la route reliant Gao à Kidal.

Le chargement de drogue qui appartenait à des membres de la tribu arabe des Lehmar affiliés au MAA-Plateforme de Gao était transporté par un réseau criminel affilié à la CMA. L’opération s’est déroulée sans violence et des sources internes ont confié au Groupe d’experts qu’un accord avait probablement été trouvé pour augmenter les droits de passage.

Il convient de noter qu’Ahmoudou Ag Asriw avait assisté à une réunion interarabe tenue le 30 novembre 2018 à Tinfanda (commune de Tarkint). Mahri Sidi Amar Ben Daha, alias Yoro Ould Daha, a confirmé la présence d’Ag Asriw en affirmant que celui-ci ne représentait «aucune menace pour la paix et défendant ses agissements». Destinée à unir les communautés arabes de Gao contre la restructuration administrative, la réunion de Tinfanda a également été l’occasion, pour les trafiquants de la tribu arabe des Lehmar associés au MAA-Plateforme, de limiter les convois des réseaux de la région de Kidal opérant sous la protection de la CMA à emprunter le chemin du désert de Tamesna et à longer la frontière nigéro-algérienne…

D’une manière générale, le groupe d’experts a mis l’accent sur la recrudescence du trafic de cocaïne transitant par le Sahel 171. Le Groupe d’experts a constaté une apparente reprise du trafic d’importantes quantités de cocaïne en provenance d’Amérique latine via le golfe de Guinée et le Sahel. Outre la saisie opérée le 9 mars en Guinée-Bissau, le 29 avril 2019, les autorités sénégalaises ont saisi 72 kg de cocaïne à bord d’un véhicule en provenance de la Guinée-Bissau et à destination de Bamako conduit par un Malien.

En ce qui concerne les autres saisies importantes récemment effectuées dans la région (10 tonnes au Cap-Vert, le 25 janvier 2019, et 238 kg au Sénégal, le 31 juin 2019), le Groupe d’experts n’a pas obtenu d’informations laissant supposer que des acteurs maliens y étaient impliqués ou que ces cargaisons devaient transiter par le Mali.

M.B

LE MATIN

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