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Les législatives avant la présidentielle: quel enjeu?

es autorités de la transition ont présenté, ce mardi 28 juin, le chronogramme des différentes élections qui devront sanctionner la période transitoire aux forces vives de la nation. Ledit chronogramme prévoit l’organisation du référendum pour le mois de mars 2023 ; l’élection des conseillers des collectivités pour juin 2023 ; les législatives pour novembre 2023 et la présidentielle en février 2024 pour boucler la boucle.

 

Ce chronogramme a été salué par les Maliens, car il constitue un grand pas vers la levée des sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA qui pèsent sur notre pays depuis le 9 janvier dernier. Cependant, beaucoup d’observateurs ont été tiqués par l’agencement des différentes élections. Il s’agit notamment de la tenue des législatives avant la présidentielle.
Ce qui n’est pas une tradition dans notre pays. La remarque suscite beaucoup d’interrogations au sein de l’opinion. Si certains saluent la décision, beaucoup d’autres ne cachent pas leur inquiétude. Ces derniers soutiennent qu’au cas où les élections législatives sont organisées avant la présidentielle, le Président élu court un risque s’il n’a pas la majorité à l’Assemblée nationale.
Comment gouverner sans majorité absolue ? Quel sera le pouvoir d’un Président de la République s’il n’a pas la majorité à l’hémicycle ? Ce sont là des questions qui dominent les débats.
En tout cas, si la victoire au sortir de l’élection présidentielle est une étape nécessaire pour tout candidat, elle est loin d’être suffisante. Pour consolider son pouvoir, il est nécessaire d’avoir une majorité acquise à sa cause au sein de l’organe législatif.
Dans l’exercice de sa fonction, le Président élu ne pourra appliquer pleinement son programme qu’en cas de victoire de son parti et ses alliés aux législatives.
Avec le calendrier élaboré par les autorités de la transition, le futur Président démocratiquement élu pourra faire face à ce scénario au cas où il n’aura pas la majorité à l’Assemblée nationale. Comme conséquence, la quasi-totalité des mesures promises par le candidat lors de la campagne électorale ne pourra être mise en œuvre.
Naturellement, lorsqu’il obtient une majorité qui lui est favorable à l’Assemblée nationale, le Président de la République est libre de proposer des lois. Aussi, il sera à l’abri des motions de censure contre son gouvernement.
Généralement, le Président de la République nomme le Premier ministre dans les rangs d’une majorité parlementaire qui le soutient. Il a également le pouvoir le dissoudre l’Assemblée nationale et procéder à l’organisation de nouvelles élections législatives. Ce qui occasionnera des charges supplémentaires pour le pays qui traverse déjà une crise multiforme.

PAR MODIBO KONE

Source : Info-Matin

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