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Lavrov accuse Kiev de sabotage au Sahel : le Mali, le Niger et le Burkina dans le viseur de l’Ukraine

Une déclaration choc du chef de la diplomatie russe, Sergey Lavrov, vient de raviver le débat sur l’ingérence étrangère en Afrique, en particulier dans la zone sahélienne. Lors d’un point de presse tenu à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères a ouvertement accusé l’Ukraine de jouer un rôle déstabilisateur dans le Sahel, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, trois pays unis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).

Bamada.net-« Certains acteurs extérieurs à la région continuent de tenter de la déstabiliser. Outre les anciens colonisateurs, il s’agit notamment du nouveau régime de Kiev, qui soutient ouvertement des groupes terroristes dans cette partie de l’Afrique, tandis que ses sponsors occidentaux ferment les yeux, » a déclaré Lavrov, dans des propos relayés largement par les médias russes et internationaux.

Des propos soutenus par Bamako

Le chef de la diplomatie malienne, Son Excellence Abdoulaye Diop, présent lors de cette rencontre trilatérale, a abondé dans le même sens. Il a souligné que les autorités maliennes disposent de preuves et de signaux concordants attestant d’un soutien extérieur à certains groupes armés opérant dans le Sahel. Selon lui, ces ingérences sont « inacceptables » et compromettent la lutte contre le terrorisme menée par les États membres de l’AES.

L’Ukraine dans la tourmente diplomatique africaine

Ces accusations à l’encontre de l’Ukraine marquent un tournant dans la communication diplomatique russe sur le continent africain. Si jusque-là Moscou s’était contenté de critiquer l’Occident collectif, notamment la France, les États-Unis et l’Union européenne pour leur rôle historique et contemporain dans la déstabilisation du continent, Lavrov vient d’ajouter un nouvel acteur à la liste : Kiev.

Cette dénonciation tombe à un moment charnière, alors que l’Ukraine cherche à renforcer ses relations diplomatiques avec plusieurs pays africains. Une stratégie de « soft power » lancée depuis 2022 pour contrer l’influence croissante de la Russie sur le continent, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’énergie et de la diplomatie.

Une région en pleine recomposition stratégique

Le Sahel reste l’une des régions les plus instables au monde, en proie à des insurrections djihadistes, à des crises humanitaires et à des transitions politiques tumultueuses. Avec l’émergence de la Confédération des États du Sahel, le Mali, le Niger et le Burkina Faso entendent désormais tracer une nouvelle voie souveraine, rompant nettement avec leurs anciens partenaires occidentaux, notamment la France.

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Dans cette dynamique, la Russie apparaît comme un partenaire stratégique de plus en plus influent. Au-delà de la coopération militaire et sécuritaire, Moscou offre aux pays du Sahel une alternative diplomatique dans un monde de plus en plus polarisé. Les accusations de Lavrov s’inscrivent dans cette logique de confrontation géopolitique globale, où chaque bloc cherche à rallier les pays non-alignés à sa cause.

Des accusations qui interpellent

Si l’implication directe de l’Ukraine dans le soutien à des groupes armés au Sahel reste à être étayée par des preuves publiques, les propos de Lavrov ne sont pas sans conséquences. Ils interviennent alors que plusieurs rapports d’experts évoquent déjà une intensification de la guerre informationnelle entre puissances au sujet du continent africain.

L’Ukraine, pour sa part, n’a pas encore officiellement réagi aux accusations russes. Mais des sources proches du ministère ukrainien des Affaires étrangères, citées par certains médias européens, qualifient ces allégations de « purement propagandistes » et dénoncent une tentative de Moscou de détourner l’attention de sa propre implication dans les affaires africaines.

La guerre des récits en Afrique

Ce nouvel épisode illustre une fois de plus la guerre des récits qui se joue en Afrique. Alors que les peuples du Sahel expriment de plus en plus leur volonté de souveraineté, les grandes puissances redoublent d’efforts pour façonner l’opinion publique locale à leur avantage. Le récit russe, basé sur la dénonciation du néocolonialisme et de l’hypocrisie occidentale, trouve un écho favorable dans de nombreuses capitales africaines.

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Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, aujourd’hui unis par une vision commune de la sécurité, de l’indépendance et de la coopération Sud-Sud, se retrouvent ainsi au centre d’une lutte d’influence entre l’Occident, la Russie et désormais, semble-t-il, l’Ukraine.

Conclusion : vers un nouveau chapitre de la diplomatie sahélienne

La déclaration du ministre Lavrov ne saurait être prise à la légère. Elle ouvre la voie à une reconfiguration potentielle des alliances dans le Sahel et au-delà. Si elle était confirmée par des éléments concrets, l’implication de l’Ukraine dans des activités subversives au Sahel marquerait une escalade majeure dans la rivalité entre blocs géopolitiques.

Dans ce contexte, les États de la Confédération du Sahel devront redoubler de vigilance pour préserver leur souveraineté, sécuriser leurs territoires et s’affirmer comme des acteurs incontournables sur l’échiquier international.

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Fatoumata Bintou Y

 

Source: Bamada.net

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