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Lacine Diawara : « L’ancien Président et son Premier ministre ont été contraints de démissionner en violation de la Charte de la transition »

Le BIPREM-Fasoko (Bloc d’intervention populaire et pacifique pour la réunification entière du Mali) a déposé le 15 juin deux requêtes devant la Cour suprême, en vue de l’annulation du décret de nomination du gouvernement, qu’il considère comme une violation de la Charte de la transition. Son Président, Lacine Diawara, nous en dit davantage.

 

Pourquoi voulez-vous faire annuler le décret de nomination du gouvernement?

Nous avons déposé deux requêtes devant la Cour suprême. La première est une demande de suspension du décret de nomination de l’actuel gouvernement et la seconde une requête d’annulation dudit décret, qui porte les membres du gouvernement à 28, au lieu de 25 comme le prévoit la Charte de la transition. Nous pensons que la Charte a été violée par les deux premiers responsables du pays, le colonel Assimi Goïta et le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga.

Ce n’est pas une première. En 2012, vous avez porté plainte contre ATT, en 2018 contre IBK, puis contre le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga. Quelles ont été les suites données à ces différentes plaintes ?

À l’époque on ne connaissait pas très bien la procédure. C’est ensuite qu’on nous a appris que les ministres, le Président de la République et les députés ne pouvaient pas être jugés par les tribunaux normaux. Il fallait que les deux tiers des membres de l’Assemblée nationale acceptent de passer les requêtes à la Haute cour de justice, qui devait ensuite se charger du dossier. Là où nous sommes actuellement, ces plaintes n’ont ni été rejetées ni acceptées, puisque le tribunal n’a toujours pas répondu.

Est-ce que cette fois-ci ce sera la même chose ?

En principe, le contexte actuel n’oblige pas à respecter la procédure classique,  selon nos informations. Une fois la requête déposée au niveau de la Cour suprême, c’est à elle de prendre sa décision concernant la légalité ou la nécessité de suspendre ou d’annuler le décret de nomination. Et nous sommes très confiants. C’est pourquoi nous sommes allés vers la Cour suprême. Ensuite, le cas échéant, nous passerons par d’autres procédures démocratiques, dont des manifestations ou des protestations, pour dire que nous ne sommes pas d’accord.

Si vous n’obtenez pas gain de cause, qu’allez-vous faire ?

Nous allons partir à la rencontre du Président de la Cour suprême pour lui expliquer davantage la nécessité de faire respecter la Charte de la transition. C’est d’ailleurs en violation de cette même Charte que l’ancien Président de la transition et son Premier ministre ont été contraints de démissionner.

Propos recueillis par Boubacar Diallo

Source : Journal du Mali

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