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Ingérence de la France au Mali : Macron, ce président despote

Comme la plupart de ses prédécesseurs, le président français, Emmanuel Macron, a toujours voulu avoir l’œil sur la gestion des affaires publiques au Mali. C’est lui qui anime le feu et c’est lui qui se fait passer pour le pompier. C’est un système de despotisme dans lequel les dirigeants français se plaisent. Aujourd’hui, le comportement de Macron face à la situation qui prévaut au Mali témoigne de son intention d’asphyxier le pays pour les intérêts exclusifs de la France.

 

Il y a bientôt neuf ans que la France, à travers une présence militaire, s’est pointée au Mali comme solution à l’insécurité que connaît le pays depuis 2012. De cette date à nos jours, d’abord, le président François Hollande et ensuite Emmanuel Macron n’ont jamais manqué de beaux discours à l’endroit du peuple malien. Mais en réalité, personne ne connaît le vrai fond de cette intervention française au Mali. Pire, incapable de sécuriser ses propres soldats contre les terroristes qu’elle est censée neutraliser, la France de Macron s’est lancée dans une politique de despotisme juste pour pouvoir couvrir son échec.

Le lendemain du coup de force contre le président de la transition, Bah N’Daw, et son Premier ministre, Moctar Ouane, Emmanuel Macron, comme un vrai va-t-en-guerre, fait une déclaration qui dévoile toute son intention de plonger le Mali dans le chaos. «Au Mali, ce qui a été conduit par les militaires putschistes est un coup d’État. C’est inacceptable. Nous sommes prêts à prendre des sanctions ciblées contre les protagonistes. » Certes, il ne s’agit pas d’encourager ou de cautionner un tel coup de force, mais la réaction rapide de Macron, sans connaître la position du peuple malien, est de nature à vouloir faire croire que c’est lui qui force le destin du Mali en lieu et place du peuple malien.

Macron doit savoir que le Mali n’est pas une sous-préfecture de la France et que le peuple malien est assez grand pour discerner le mal du bien. Heureusement la volonté affichée de plonger et de maintenir le Mali dans l’impasse n’a pas été suivie par le Conseil de Sécurité de l’ONU qui a juste déclaré dans un communiqué issu d’une réunion à huis-clos tenue le 26 mai 2021 : « Les membres du Conseil ont réaffirmé leur appui à la transition conduite par les autorités civiles au Mali et ont demandé qu’elle reprenne immédiatement, dans la perspective des élections et de l’ordre constitutionnel, dans le cadre du calendrier de 18 mois établi conformément à la Charte de la transition.  Ils ont demandé aux parties prenantes maliennes de s’attacher en priorité à renforcer la confiance, à engager un dialogue et à manifester une volonté de compromis, afin d’atteindre ces objectifs.  Ils ont qualifié d’inacceptable le fait d’imposer par la force un changement de l’autorité de transition, notamment au moyen de démissions forcées. »

Mali, un fonds de commerce pour Macron !

Les agitations du président français, Emmanuel Macron, ont comme seul but de maintenir la position de la France au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU. D’ailleurs dans une interview accordée à TV5-Monde diffusée le 26 mai 2021, Antoine Glaser, journaliste spécialiste de l’Afrique et auteur, avec Pascal Airault, du livre ‘’Le piège africain de Macron’’ précise : « La France s’emploie depuis des années à monter la force Takuba, avec des forces spéciales européennes. Si elle décide un jour de retirer ses militaires d’Afrique, que vont devenir les Estoniens et les Suédois qui se sont engagés dans cette force ? Elle n’est donc pas prête de quitter l’Afrique. Il n’en demeure pas moins que c’est grâce à ce rôle-là que la France conserve une certaine ascendance sur la communauté internationale. C’est son rôle au Sahel qui lui a permis notamment de se voir confier le poste de secrétaire général adjoint aux opérations de paix aux Nations Unies. »

C’est l’une des raisons qui fait que la présence de la France au Mali et dans le Sahel prendra encore du temps. L’autre raison concerne l’exploitation illégale des ressources naturelles par des entreprises françaises couvertes par ses soldats, particulièrement Barkhane, et avec la complicité des communautés locales. Aujourd’hui, avec plus de cinq mille soldats français engagés au Sahel contre les jihadistes, la France a toujours été incapable d’accomplir ce que le peuple de l’espace attend d’elle. Du coup, les déclarations portant sur le retrait ou la réduction d’éléments de ladite force présente au Mali et au Sahel, ne sont que de la diversion. Au même moment, elle ne veut pas sentir la présence d’une autre puissance militaire étrangère comme la Russie, l’Allemagne, la Chine ou les Etats-Unis d’Amérique. C’est d’ailleurs cela qui agace principalement et constamment Macron quand il s’agit du Mali, du Niger ou du Burkina.

Aujourd’hui, aucune chance n’est accordée à l’un de ces pays du Sahel pour pouvoir trouver et signer, de manière officielle, un accord de défense avec ces puissances militaires étrangères, particulièrement la Russie qui fait trembler toute l’Europe. Sinon, comment comprendre que le même Macron qui a failli infliger ses propres sanctions contre le Mali avant même la réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU, se soit aplati et n’ait fait la moindre déclaration de condamnation à l’endroit du Comité militaire du Tchad qui a aussitôt pris le pouvoir après l’assassinat du président Idriss Deby Itno ? La réponse est simple. Parce que tout simplement, le Tchad n’a pas encore officiellement exprimé son intention de faire recours à un autre soutien militaire étranger que la France. Mieux, Macron a même profité de l’enterrement du père pour recevoir le fils, Mahamat Idriss Déby, qui dirige le comité militaire de transition et l’on n’ignore ce qu’ils se sont réellement dit.

La Cour constitutionnelle tranche !

Le 28 mai 2021, lorsqu’une manifestation était en cours au monument de l’Indépendance pour soutenir les militaires, la Cour constitutionnelle a pris un arrêté dans lequel elle affirme avoir constaté la vacance de la présidence de la Transition suite à la démission de Bah N’Daw. Ainsi, à travers cet arrêté, la Cour constitutionnelle estime que « le vice-président de la transition exerce les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme ». Aussi, elle ajoute : « A compter de la notification du présent arrêt, le vice-président de la transition porte le titre du président de la transition, chef de l’Etat. »

Aussi, à l’issue d’un Sommet Extraordinaire tenu le 30 Mai 2021 à Accra au Ghana, la CEDEAO n’a pris aucune sanction ciblée ou collective contre le Mali. Elle a naturellement suspendu le pays de toutes les institutions de l’organisation. Elle demande aussi la nomination immédiate d’un nouveau Premier ministre civil et la mise en place d’un nouveau gouvernement inclusif pour poursuivre le programme de la transition.

Après cette décision de la Cour acceptée par le peuple malien au nom de la paix et de la stabilité et tolérée par la CEDEAO, Macron doit pouvoir se ressaisir, si réellement il a du respect pour les Maliens. De même, toutes les décisions consensuelles prises entre Maliens pour le bon déroulement de cette transition et pour la paix et la stabilité doivent également être soutenues par la Communauté internationale, si elle aspire vraiment à aider le Mali à sortir de cette crise.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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