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Gouvernement d’ouverture et de rupture : Une belle formule vouée à l’échec

Rarement dans l’histoire des nations on a vu un pays en proie à une crise multiforme faire fi des ressources humaines compétentes dont il regorge. Et bien le Mali est ce sombre exemple. La faute à un acquis démocratique utilisé à mauvais escient, notamment la gestion consensuelle du pouvoir qui passe souvent par un gouvernement de large ouverture. Si ce procédé a connu de beaux jours sous le règne du feu président Amadou Toumani Touré, il n’en demeure pas moins qu’il constitue aujourd’hui un obstacle majeur pour la bonne marche du pays.

 

En effet depuis la démission convulsive et tumultueuse de l’ex premier ministre Soumeilou Boubeye Maiga, le 18 avril 2019, l’ancien président.

Ibrahim Boubacar Keita, acculé de toutes parts, avec une légitimité contestée depuis sa réélection en 2018, s’était vu dans l’obligation de chercher des compromis avec la classe politique et des leaders religieux très hostiles à son égard. Dans la foulée, Boubou Cissé, ministre des finances dans le gouvernement sortant, apprécié par beaucoup et particulièrement par l’imam Dicko, est nommé Premier ministre.

Le jeune chef du Gouvernement réussit le pari de faire signer à une quinzaine de partis politiques un accord politique de gouvernement, un accord qui constituait selon lui une opportunité unique de bâtir un Mali nouveau, fort, démocratique et prospère. Une chimère à tous points de vue car un an après, le régime IBK est renversé dans une liesse populaire indéniable. C’était une première faillite du gouvernement de large ouverture. Le 5 octobre 2020 le premier ministre de la transition Moctar Ouane met en place un attelage gouvernemental à la composition très variée mais cette fois spécialement inclusif surtout avec l’entrée des groupes armés.

Mais 7 mois et 19 jours après, cet autre gouvernement, dépassé par les problèmes sur sa table, tire sa révérence au profit d’un nouveau gouvernement mort-né dont l’avènement violait la charte de transition selon l’actuel président de la Transition, le Colonel Assimi Goita. Là où le bât blesse ce que sans tirer les leçons d’un passé très récent, le nouveau Premier ministre Choguel Kokala Maiga semble se faire hara-kiri avec la mise en place, ce vendredi 11 juin 2021, d’un énième gouvernement grandement hétérogène composé de 25 ministres et 3 ministres délégués dans une totale violation de la charte de transition et sous le regard cette fois désinvolte du Colonel Goita.

A la lecture de cette nomenclature gouvernementale, on s’aperçoit aisément que le copinage et les sempiternelles quêtes éhontées de strapontins ont nettement prévalu sur le mérite.  En vérité, au Mali, on végète toujours dans cette aberration de croire que notre type particulier d’inclusivité est un pas incontournable pour nous sortir de cette ornière.

Aussi nécessaire soit-elle, elle n’a de cesse de montrer ses limites comme en témoignent l’échec patent des différentes concertations nationales budgétivores ainsi que les virulentes critiques à l’encontre du Conseil national de transition qui est pourtant d’une représentativité inouïe tout simplement du jamais vu dans l’histoire de notre assemblée nationale. En tout cas, la crédibilité du tandem Assimi-Choguel est quelque peu entachée avec ce nouveau gouvernement, qui n’a totalement pas été d’une inclusivité objective et judicieuse.

Beaucoup de Maliens attendaient un gouvernement composé essentiellement de grandes compétences reconnues à divers niveaux et qui, à défaut de faire des miracles, seraient au moins sincères avec le peuple. Même si on veut accorder le bénéfice du doute à ce nouveau gouvernement, certaines nominations scandalisent plus d’un et, sans faire de langue visqueuse, la rupture promise d’avec l’ancien système risque d’encore attendre.

Ousmane Tiemoko Diakité

SourceLe Témoin

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