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Gouvernement de Transition : ségrégation entre les groupes armés

Après le boycott des concertations nationales, le pas en avant par la participation à la cérémonie de prestation de serment du Président Bah N’DAW, et du Vice-Président de la Transition, le colonel Assimi GOITA, la Coordination des Mouvements armés (CMA) pourrait franchir le pas décisif par une participation au Gouvernement de Transition dont le choix des membres fait l’objet, depuis la nomination du Premier ministre, Moctar OUANE, d’intenses tractations de coulisses.

 

On se rappelle, par un Communiqué daté du 4 octobre, la Coordination des mouvements armés, signataire de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, se démarquait clairement des concertations nationales, au Centre international de conférence de Bamako (CICB) dont la phase régionale a été superbement ignorée à Kidal. Il y est dit : ‘’après avoir réaffirmé son engagement à collaborer de bonne foi et de manière constructive avec tous les partenaires notamment le CNSP, elle est cependant désolée de constater en première approche que :
1. La politique des décisions unilatérales qui avait presque gagé la mise en œuvre de L’Accord issu du processus d’Alger avec les gouvernements précédents reste de rigueur ;
2. Les mesures de confiance nécessaires à la construction d’un partenariat pour des responsabilités partagées ne semblent pas d’actualité ;
3. La programmation de la réunion de concertation qui avait été décidée d’un commun accord a été reportée sine die sans justifications convaincantes ;
4. Les calendriers établis pour des concertations d’une importance capitale laissent apparaître un dilettantisme peu rassurant.
Au vu de ce qui précède, la CMA ne saurait ni cautionner ni accompagner aucun processus qui ne soit au préalable issu des concertations participatives et consensuelles’’. Le message était suffisamment clair pour que nul ne soit surpris de l’absence de ce mouvement politico-militaire au CICB, les 10, 11 et 12 septembre 2020.

Cependant, en répondant à l’invitation du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), et surtout en se faisant représenter au plus haut niveau, avec la présence effective de Mossa Ag ATTAHER, membre Directoire de la CMA et du Comité de suivi de l’Accord (CSA), marque un pas important et s’inscrit en droite ligne de l’engagement qu’elle prenait dans son communiqué : ‘’ la CMA tout en restant ferme sur ses positions ci-dessus énumérées renouvelle sa disponibilité à asseoir un dialogue franc et sincère avec tous les acteurs’’.

Dans la mouvance de la formation du Gouvernement de Transition, un pas supplémentaire est en train d’être franchi. En effet, selon plusieurs sources bien introduites, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a donné son accord de principe pour participer au gouvernement de transition, mais pour l’heure rien n’est définitivement arrêté.
Du côté de la Plateforme des mouvements du 14 Juin, c’est un autre son de cloche. Face aux rumeurs persistantes selon lesquelles ce groupe signataire, à l’instar de la CMA, aurait donné son accord de principe pour participer au Gouvernement de Transition, nous avons voulu en avoir le cœur net, en joignant son président, Fahad Ag ALMAHMOUD. Voici sa réponse : ‘’Personnellement, jusqu’à présent, je n’ai pas été approché et aucun membre de mon groupe n’a été approché’’ pour participer au Gouvernement de Transition qui, selon de nombreuses sources, est attendu d’ici la fin de semaine.

Deux maîtres mots devraient présider à la formation du Gouvernement de Transition, après la nomination du Premier ministre en la personne de Moctar OUANE.
D’abord la taille réduite. C’était une des recommandations phares du Dialogue National Inclusif : ‘’améliorer l’action gouvernementale, en réduisant la taille du gouvernement et en renforçant la coordination entre les différents ministères’’. Un gouvernement riquiqui, c’est également une des recommandations des concertations nationales des 10, 11, 12 septembre 2020 sur la Transition. L’on comprend aisément qu’il soit question d’un gouvernement de 25 membres, avec une représentation conséquente des femmes (soit en environ 30% comme le stipule la loi).

Ensuite, il y a l’inclusivité, une ligne recommandée par la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tout comme par la plupart des acteurs nationaux. Elle implique une configuration gouvernementale largement représentative de la société dans son ensemble. La participation des mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger devrait participer de la prise en charge de cet impératif.
Dans ce cadre, la composition du Collège de désignation du Président de la Transition est un mauvais signal. Fallait-il comme credo du nouveau Mali exclure les partis politiques pour refonder ? Un apartheid viscéral dirigé contre ceux qui ont pour vocation la conquête et l’exercice du pouvoir ? L’article 28 de la Constitution dispose : ‘’Les partis concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminées par la loi.
Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité du territoire, de l’unité nationale et la laïcité de l’État’’. Il découle de cette disposition qu’un régime démocratique est inhérent des partis politiques.
In fine, il urge de se hâter lentement pour que le Mali sorte d’un immobilisme mortifère imprimé par quasiment 6 mois d’absence de Gouvernement.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : INFO-MATIN

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