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Funérailles : Du deuil à la fête ?

La mort est-elle devenue une fête. Dr. Moussa Coulibaly, professeur de sociologie, nous explique comment se déroulaient les funérailles.

               

« Les funérailles, avant dans nos sociétés étaient l’occasion de la manifestation de la solidarité agissante ». Pour lui, la charge émotionnelle occasionnait une mobilisation des parents, familles alliées et surtout des voisins.

La famille endeuillée ne préparait pas très souvent. Les plats venaient de chez les parents éloignés et les voisins préparaient aussi. La solidarité venait des collègues de travail, des voisins (comme l’islam l’a recommandé) et des coreligionnaires et familles alliées. Les dépenses étaient exécutées grâce à la contribution très souvent spontanée et désintéressée si bien que la famille endeuillée était dispensée des charges liées aux funérailles. Selon M. Coulibaly, de nos jours, les funérailles occupent une place de choix dans les cérémonies sociales et prennent de plus en plus des allures de réjouissances populaires.

On remarque de plus en plus une banalisation des funérailles. Les plats qu’on prépare sont de plus en riches, variés et soignés comme pour marquer l’événement. L’émotion n’est perceptible qu’à l’instant de la prière mortuaire et assez souvent les prêcheurs sont obligés de rappeler à l’ordre pour replanter le décor du deuil. Les causeries s’animent et touchent des sujets très variés surtout quand des vieilles connaissances se retrouvent. L’évocation des souvenirs peut rapidement ravir la vedette. À travers ces comportements, on constate « la banalisation » de la mort dès que cela ne touche que l’autre et la charge émotionnelle n’est pas perceptible à l’extérieur du cercle familial. Les funérailles maintenant sont de véritables soucis pour la famille éplorée par les dépenses.

En général en l’absence de la solidarité, il faut souvent se « débrouiller » pour préparer et donner à manger à ceux qui sont présents à l’enterrement. Si on peut préparer un baptême ou un mariage pendant des mois, les funérailles tombent souvent au mauvais moment.

Les conséquences sont très éprouvantes car beaucoup de familles dans le cas se plongent dans un grand stress. Pour le cas de familles aisées, le deuil dure plus longtemps pour des raisons diverses comme le menu riche ou l’occasion de faire des rencontres.

Bintou Diawara

Source: Aujourd’hui-Mali

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