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Dr Choguel Kokalla Maiga en conférence de presse: ‘‘Assimi n’a été élu par personne et il n’est pas le président de la République’’

Plus de 3 mois après sa sortie polémique, le 16 novembre 2025, qui lui a coûté son poste de chef du gouvernement, l’ancien Premier, le Dr Choguel Kokalla MAIGA, président du comité stratégique du M5-RFP était face à la presse, ce samedi 22 février 2025, à la Maison de la presse. À cette occasion, l’ex-Premier ministre a critiqué sévèrement la gestion de la transition, tout en pressant les autorités à maintenir le cap, tel que voulu par le peuple lors de la lutte enclenchée en 2020 et définie au cours des ANR.

Après un moment de pause, le Dr. Choguel Kokalla MAÏGA s’est fait entendre samedi dernier. Dans un document intitulé «Bilan du M5-RFP pendant la période de transition, de la rectification de mai 2021 à la clarification de novembre 2024», le leader qui a participé activement à la création du M5-RFP, revient sur ses relations avec le président de la transition, le général Assimi GOÏTA, qui se sont détériorées depuis.
Dans une liberté de ton, sans langue de bois, l’ancien chef du gouvernement a expliqué avoir été ignoré par les autorités de la transition sur les sujets brûlants, où il a été privé de nombreuses prérogatives et même de budget. En deux heures d’horloge, il a dénoncé ses adversaires politiques, dont certains tenants du régime défunt qui « sabordent à longueur de temps le processus de la refondation ».

Nécessité d’une réconciliation entre les acteurs civils et
militaires
De l’avis de certains observateurs, les critiques de Dr. Choguel Kokalla MAÏGA met en lumière les défis structurels et politiques auxquels fait face la transition malienne. Également, il souligne l’urgence d’une réconciliation entre les acteurs civils et militaires pour éviter une crise politique prolongée et répondre aux aspirations démocratiques du peuple malien.
Démis de ses fonctions il y a plus de trois mois, le Dr. Choguel Kokalla MAÏGA, ancien chef du gouvernement et leader du M5-RFP, a exprimé ses frustrations envers le président de la transition, le général Assimi GOÏTA, déclarant que ses relations se sont détériorées.
La rectification, a-t-il rappelé, a consisté à adopter une vision résumée et définie de commun accord pour attribuer la fonction de Président de la Transition, Chef de l’Etat à une personnalité membre de l’ex-CNSP et celle de Premier ministre, Chef du Gouvernement, à une personnalité désignée par le M5-RFP; attribuer certains postes clés du gouvernement à des membres désignés par l’ex-CNSP et les autres au M5-RFP avec les autres Forces socio-politiques.
Un attelage gouvernemental conduit par le Premier ministre, chef du gouvernement, proposé par le M5-RFP, en l’occurrence Dr Choguel Kokalla MAÏGA, nommé le 7 juin 2021 par le Président de la Transition, est ainsi mis en place le 11 juin.

Détérioration des relations avec le général Assimi GOÏTA
Dans son propos, Dr. MAÏGA a déploré l’absence de dialogue entre lui et le président de la transition, le général Assimi GOÏTA. Selon lui, cette rupture de communication a empêché des discussions cruciales sur l’orientation de la transition, susceptibles de compromettre l’avenir du Mali.
Il a affirmé, par ailleurs, avoir tenté sans succès, pendant deux ans, d’engager un débat sur la direction à prendre pour la transition, mais ses efforts ont été vains. Jusqu’à son limogéage, il n’a jamais été possible, pour lui, de rencontrer les militaires. Ce refus temoigne d’un clivage entre les aspirations politiques du M5-RFP et les priorités des autorités militaires de la transition, a commenté le président du comité stratégique du M5-RFP qui était combattu par des fronts politiques.
«Pendant deux ans, j’ai demandé un débat sur l’avenir de la transition. C’est face au manque de visibilité des autorités qui ne voulaient point corriger les erreurs de parcours que j’ai décidé d’aller à la clarification le 16 novembre 2024. Le président de la transition est issu d’un soulèvement populaire et du consensus entre le M5-RFP et les forces armées. Il n’a été élu par personne et n’est pas le président de la République. Il est plutôt le fruit de la lutte de notre mouvement qui a pris les rues, lui permettant d’avoir son actuelle légitimité pour prendre en charge les revendications des populations», a déclaré le conférencier entouré de ses proches politiques.

Remise en cause du Pacte d’honneur
Malgré la Rectification de la trajectoire de la Transition et la mise en œuvre progressive du processus de Refondation de la Nation, sous l’impulsion des autorités de la Transition, le Peuple malien a observé et constaté, avec amertume, un relâchement, voire une remise en cause des termes du Pacte d’honneur et du Partenariat stratégique liant les deux Forces du Changement, civiles, d’ une part, à travers le M5-RFP et militaires, d’autre part, à travers l’ ex-CNSP.
A la surprise générale, une orchestration stipendiée fut servie aux Maliens par des Associations politiques et des Partis, nouvellement créés en méconnaissance des recommandations des ANR, avec comme sponsors des militaires, pourtant parties prenantes du partenariat stratégique entre le M5-RFP et l’ex-CNSP.
Ce remue-ménage fut suivi du limogeage du Premier ministre, Chef du Gouvernement, Choguel Kokalla Maïga, le 20 novembre 2024, et la nomination immédiate, le 21 novembre, d’un nouveau Premier ministre, militaire de son état, anciennement Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration et la Décentralisation, Porte-parole du Gouvernement, qui forme illico presto un gouvernement le 22 novembre 2024, sonnant ainsi définitivement le glas du Pacte d’honneur du 24 mai 2021 entre le M5-RFP et l’ex-CNSP : la rupture officielle du M5-RFP et les membres de l’ex-CNSP est ainsi définitivement consommée.

Manque de consensus
Egalement, Choguel Kokalla MAÏGA a critiqué le refus des alliés militaires de s’entendre sur un candidat commun pour les élections à venir. Pour lui, cette absence de consensus pourrait fragiliser davantage la transition et nuire à la stabilité politique du Mali. D’ailleurs, Dr. MAÏGA a indiqué avoir des doutes quant à la capacité des dirigeants actuels à répondre aux aspirations du peuple malien.
Il craint que les erreurs de gestion et le manque de dialogue ne conduisent à une instabilité prolongée. Les tensions entre les acteurs civils et militaires pourraient exacerber les divisions politiques et compromettre les efforts de réconciliation nationale. De ce fait, Dr. MAÏGA souligne la nécessité d’une gouvernance plus inclusive, où les acteurs civils et militaires collaborent pour répondre aux attentes des citoyens.
«La transition doit aboutir à des élections crédibles et transparentes pour restaurer la légitimité démocratique et apaiser les tensions politiques», a-t-il indiqué.
Ces « comportements inimaginables »
L’ancien Premier ministre, le Dr. MAÏGA déplore ne pas être consulté sur les décisions clés, renforçant son sentiment d’être marginalisé dans le processus de transition. Alors chef du gouvernement, il confesse avoir appris des décisions majeures de l’Etat dans la presse ou sur les réseaux sociaux.
Ainsi, il est déplorable que plusieurs questions majeures de la gestion gouvernementale ont été traitées en mettant le Premier ministre devant le fait accompli, sans aucun débat au sein du gouvernement. Parmi ces sujets, il cite en l’occurrence : la prorogation de la durée de la Transition, la réorganisation territoriale, la gestion de la crise énergétique, la tentative infructueuse d’organisation, le 8 juin 2023, en étroite collaboration avec des ténors du régime défunt, d’un meeting de lancement de la campagne référendaire du 8 juin 2023, qualifié par certains militants de « meeting de la honte », le report des élections, la négociation d’engagements financiers et la conclusion de prêts avec plusieurs bailleurs de fonds et partenaires, à l’insu du Premier ministre.
En effet, depuis déjà fin-2022, et surtout à partir du début de l’année 2023, une sorte de spectre de confusion et d’amalgame plane sur la Transition, avec de véritables et graves risques de remises en cause des acquis.
Ainsi, a-t-il témoigné, «nous avons pu assister, médusés, déjà le 8 juin 2023, à une tentative malheureuse (meeting de la honte) de lancer la campagne référendaire en faveur du « OUI massif » pendant les opérations de vote le 18 juin, sans aucune coordination avec le Premier ministre».
Dès le 1er juillet 2023, le Premier ministre est mis devant le fait accompli pour la formation du nouveau gouvernement, opérant ainsi, dans un premier temps, à la première rupture officielle du Pacte d’honneur initialement incarné par la formation du gouvernement de transition le 11 juin 2021. Celle-ci s’est manifestée, a expliqué Choguel, par le limogeage et le remplacement de la quasi-totalité des ministres issus des rangs du M5-RFP, sans qu’il soit consulté, en sa double qualité de Premier ministre, chef du gouvernement et de président du M5-RFP.
Alors que l’élection présidentielle pour mettre un terme officiel à la transition malienne, qui avait été fixée librement par décret signé contresigné par le Premier, au 24 mars 2024, n’a pas encore eu lieu.
«Le M5-RFP a constaté que des conseillers ont induit en erreur certaines Autorités de la Transition, qui, dès le 22 juillet 2023 (si non dès le 1er juillet ), ont commencé à agir comme si le Président de la Transition, issu pourtant d’un compromis politique historique consensuel au sein l’ex-CNSP, choix accepté et endossé par le M5-RFP et le Peuple malien dans sa grande majorité, est un président de la République constitutionnellement et démocratiquement élu ; et cela, en méconnaissance ou en ignorance totale de la jurisprudence de ! Histoire politique et juridique récente du Mali, pendant la transition de 1991-1992 », a-t-il dit.

Manœuvres et crocs-en-jambe contre le Premier ministre
Après plusieurs péripéties jonchées de manœuvres et crocs-en-jambe contre le Premier ministre, Chef du Gouvernement et son Mouvement le M5-RFP, et face à sa demande infructueuse pendant plus de deux ans en vue d’échanger avec les partenaires de l’ex-CNSP sur l’avenir de la Transition, il s’est enfin résolu à tenir un meeting le 16 novembre 2024.
Rappelant les objectifs de cette rencontre, il a précisé qu’il s’agissait, d’une part, de commémorer l’an I de la libération historique de Kidal, et d’autre part, de donner son avis sur la nécessité d’une clarification et d’une réorientation stratégique de la Transition, afin de remobiliser les Maliens et redonner espoir à notre peuple.
Ce meeting avait pour but d’une part, de magnifier le rôle des FAMa dans la réussite de la Transition dans leur mission régalienne de rétablissement de l’autorité de l’Etat avec notamment la libération et la récupération de Kidal, et d’autre part, de sensibiliser les partenaires stratégiques au sein de la Transition pour corriger les erreurs de parcours et empêcher tout retour de l’ordre ancien et des pratiques d’antan, et proposer au M5-RFP et au Peuple des pistes de solution afin de combler l’espoir des Maliens et des Africains.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source: Info Matin
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