Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne

Diéma : Bagamabougou Sacko, un village qui s’en tire bien

Diéma, 26 novembre (AMAP) Bagamabougou Sacko, village de la Commune rurale de Madiga Sacko, dans le Cercle de Diéma. La bourgade est perdue dans les broussailles, sans  réseau téléphonique. Une population, composée, majoritairement de Soninkés, estimée à plus de 4.000 habitants. A leurs côtés, vivent une minorité de peulhs,  bambara et maures.

L’économie du village repose, principalement, sur l’agriculture et l’élevage. L’apport de ses ressortissants joue un rôle prépondérant dans son développement.

Comme rapporté par Sadio Gory, un  notable de Bagamabougou Sacko, le fondateur de ce village, du nom de Tounkoro Coulibaly, un Massassi, est venu de Diabé, de l’arrondissement de Sandaré, Cercle de Nioro du Sahel, à la recherche de terres fertiles. Une famille Sacko est venue  s’installer à ses côtés, vers l’est. Ils ont  tissé des relations de bon voisinage. C’est ainsi que, lorsque le tour d’occuper les fonctions de chef de village est arrivé à Tounko, considéré à l’époque comme le doyen des Massassi de Diabé,  on manda quelqu’un à cheval  pour le chercher à Bagamabougou Sacko.

Avant de ramasser ses affaires, Tounko remit, à ses hôtes, le village qu’il a fondé de ses propres mains. Les Sacko ont, donc, quitté leur lieu de résidence habituelle pour venir s’installer dans les maisons abandonnées par Tounko. Ils ont remercié leur logeur pour ce cadeau, combien précieux, à leurs yeux. 

De sa création à nos jours, il y a près de 200 ans, 9  chefs de villages  se sont succédé à Bagamabougou Sacko, à savoir, Damou Sacko, qui a régné 47 ans, suivi de Sanga Sacko, qui a fait 50 ans de pouvoir, 3 ans pour Diarouma Sacko, Sandiakou Sacko, 7 ans de règne, Diaguély Sacko, 23 ans, Demba Koré Sacko, 19 ans, Oura Mahamadou Sacko, 10 ans, Kankou Demba Sacko, 5 ans. Oussoubi Sacko, désigné comme chef de village, sera le prochain à monter sur le trône.

Les ressortissants de Bagamabougou Sacko sont, un peu partout, dans le monde,  en France, en Espagne, au Gabon, en Angola, au Congo-Brazaville, en Guinée équatoriale, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, etc.

Bagamabougou Sacko, est un village qui s’en tire assez bien. Les populations de cette localité  n’attendent pas tout de l’Etat. « Le Mali est un pays vaste, l’Etat, à lui seul, ne peut résoudre tous les problèmes. On n’a pas besoin d’être instruit pour le savoir », explique un septuagénaire, assis en tailleur sur le mirador.

Ici, les ressortissants ont fait de nombreux investissements. Selon leur représentant, Sanga Sacko, les différentes réalisations portent sur, notamment, la construction d’une école fondamentale premier cycle, une medersa, un centre de santé, un château d’eau d’une capacité de 5000 litres, quatre mosquées, un centre d’alphabétisation non fonctionnel qui manque de moniteurs, une boulangerie moderne en chantier, un barrage de retenue d’eau, emporté à deux reprises par les eaux de ruissellement, deux magasins pour l’approvisionnement en denrées alimentaires des populations, deux grands miradors modernes, situés au centre du village, un pont d’une longueur de 50 mètres, pour faciliter, surtout en période d’hivernage, la traversée de l’affluent qui coupe le village en deux.

Hormis ces infrastructures et  équipements, les ressortissants  du village payent, chaque année, la totalité des impôts et taxes de leurs populations et assurent la prise en charge des salaires des enseignants et des agents de santé, depuis plusieurs années. Ils envoient de l’argent pour acheter des bœufs, les égorger, tous les lundis et vendredis, et partager la viande entre les familles, sans distinction, mêmes les parents qui n’ont pas d’enfants émigrés, gagnent leur part.

Le directeur de l’école, Lamine Sanogo, affirme, lui, qu’il reçoit, régulièrement, son tas de viande. Le drapeau de l’école est en berne ! Le directeur, avec beaucoup de tristesse, nous annonce le décès, le même jour, d’une de ses écolières, du nom de Oumou M. Sacko, âgée de 11 ans, en classe de 4èmeannée, « qui se faisait distinguer par son courage et son intelligence ».

Le village dispose également d’un mini car qui fait la liaison entre Bagamabougou Sacko et Bamako, desservant tous les villages sur le tronçon. 

Le coût total des investissements des ressortissants s’élève à environ 500 millions de francs cfa. 

Le représentant du chef de village, Sounkoutou Sacko, ne cache pas sa satisfaction devant les gigantesques œuvres réalisées à l’échelle d’un village. Il a rendu grâce à Dieu et dit des  bénédictions pour tous les fils de Bagamabougou Sacko, « qu’ils soient à l’extérieur ou à l’intérieur du Mali et qui songent, nuit et jour, à leurs parents ». Le chef du village de Bagamabougou Sacko souhaite que le Gouvernement du Mali leur vienne en aide, surtout pour le paiement des salaires des enseignants et agents de santé qui constitue, selon lui, « un lourd fardeau ». Il a formulé des vœux pour l’instauration de la paix et la quiétude dans le pays.

Sanga Saccko, 2ème adjoint au Maire de la commune rurale de Madiga Sacko, résidant à  Bagamabougou Sacko, fait de son mieux. L’élu  développe de belles initiatives qu’il compte mettre en œuvre.

Selon lui, le constat général, dans ce village, comme partout dans le Cercle de Diéma, est que la campagne agricole s’est bien déroulée, sans « aucun dégât majeur causé aux cultures ». Malheureusement, l’absence de réseaux téléphoniques des deux opérateurs majeurs, rend difficile la communication. « Pour pouvoir émettre ou recevoir un appel, il faut aller se percher sur la colline », raconte Bouyagui, un jeune du village. « Or, à cette gymnastique, poursuit-il, les femmes et les vieilles personnes ne s’y prêtent guère ».

Une « fatiya » prononcée par l’Imam Cheickné Sacko mit fin à la conversation avec notre équipe de reportage à Bagamabougou Sacko.

OB/MD (AMAP

Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne
Ecoutez les radios du Mali sur vos mobiles et tablettes
ORTM en direct Toutes les chaînes africaines en direct