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Dans la conscience humaine, le Divin garde-t-il encore plus de place ?

Le Divin perd de plus en plus de place dans la conscience des humains engagés dans une course effrénée à la recherche des plaisirs de la chair. Mikailou Cissé, professeur de philosophie au Mali, explique cette déviation comme une conséquence du silence du Divin aux appels à secours des humains.

Les questionnements sur la mort ne sont pas centrés uniquement sur ce que pourrait devenir une personne après sa migration définitive. Ils portent aussi sur la cause de la mort du défunt, de ce qu’adviendrait sa postérité. Sur ce que deviendrait la vie des vivants après la mort d’une personnalité influente d’une famille ou d’une communauté. C’est ce qui explique la raison pour laquelle qu’à chaque fois qu’un membre d’une communauté meurt, la vie et le vide que cette mort pourrait laisser après son départ sont généralement sujets d’inquiétude.

Destinée d’une communauté après la mort d’un membre influent

Certes, certains se fient aux théories qui ont été développées par leurs prédécesseurs en fonction de leur croyance et évitent de s’étaler sur la problématique de la mort. Mais ceux qui se livrent à des jugements sur l’après-mort sont plus nombreux que ceux qui s’abstiennent. C’est ce qui explique pourquoi on assiste de plus en plus à des débats sur la mort d’un individu, sur les causes qui l’ont conduit à quitter le monde des sens, sur ce qui l’attend et ce que deviendrait l’existence de ses descendants ou de sa communauté après son voyage.

Admettre l’existence d’un divin transcendant en apparence, et observer la prière comme cela avait été recommandé ainsi que toutes les pratiques d’une religion quelle qu’elle soit ne font pas de soi un croyant. Ils ont certes une grande place, mais ne suffisent pas en soi. Car la religiosité d’un être ne se mesure pas en fonction des pratiques ou des actes visibles, mais par son degré d’avancement sur le chemin spirituel. Elle se juge en fonction de la place qu’un être consacre au respect des préceptes édictés par une religion bien définie. Elle dépend fortement aussi de la foi et n’exclut pas l’usage de la raison.

La raison et la foi permettent toutes d’accéder au Divin, mais par des chemins différents. La première sans preuve et la seconde après déduction. Le Divin dont il est question ici est pris dans son sens le plus étendu.Il prend en compte toutes les conceptions, qu’elles soient monothéistes, polythéistes, théistes ou toutes autres considérations acceptant l’existence d’un être transcendant.

« Le Divin ne se manifeste pas pour punir »

La crainte de la mort était bien présente dans la conscience des humains qui craignaient le Divin dans leur grande majorité. Cette crainte était liée à la place considérable qu’occupait le Divin dans la vie des hommes. Elle était due au fait que l’homme se voyait comme un être redevable à un autre qui pouvait influencer sa destinée.

Au fur et à mesure que les humains maîtrisent la nature, parviennent à la plier à leur volonté sans l’aide d’un Divin, prennent conscience qu’ils disposent d’une puissance créatrice, ils ont commencé à sentir du mépris vis-à-vis du Divin.

Ce cran face à la mort a gagné de l’ampleur lorsque l’idée selon laquelle le Divin n’interfère pas dans le cours des choses et dans la vie des humains à gagner l’esprit de certains hommes. Elle est celle qui a conduit les premiers agnostiques à contester la puissance du Divin.

Outre cela, puisque le Divin ne se manifeste pas pour punir ceux qui transgressent, dans les discours et les actes, ses interdits, alors il n’a pas de puissance selon ses gens. De ce fait, les récits à son sujet deviennent du coup à leurs yeux des fables.

Tout être humain qui perd la foi ou vient d’en manquer ne mérite pas de prétendre être un croyant. Il est plutôt un pratiquant ou un simple adepte d’une tendance religieuse. Mieux, il est un croyant de façade, un agnostique déguisé en religieux. Qu’est-ce que le manque de foi dans ce cas ? Il désigne le refus d’admettre que le Divin est un être suprême, un être qui a le pouvoir sur tout, un être souverain.

Silence du Divin

C’est une prise de conscience de trop. Car cette attitude de l’humain devant le Divin et la mort aura pour conséquence le durcissement du cœur de certains humains. Et ne tardera pas à se répandre. Elle les conduira à ne plus accorder d’intérêt à la mort et à ce qui pourrait advenir après ce phénomène de la nature. Le silence du Divin face à certains agissements des humains qui, jadis, l’irritaient comme il est exposé dans les récits, mais qui ne le contrarient plus, est ce qui fait fléchir la foi des croyants de manière générale.

En plus des deux raisons évoquées, il convient de souligner la recherche du plaisir de la chair, c’est-à-dire le penchant pour le matériel, précisément l’argent, la vie de luxe, qui ont fait que les humains n’accordent de l’importance qu’à la vie en tant qu’être sensible au détriment de la vie en tant qu’être spirituel. Perde la vie devient à leurs yeux insignifiants. Ce dont il faut avoir peur, c’est vivre dans une condition misérable.

Il résulte alors que c’est le silence du Divin face aux appels à secours des humains pendant des moments difficiles qui les a poussés à ne plus s’occuper de son sujet. Il est ce qui a conduit certains humains à déclarer que l’homme est abandonné à lui-même, sans guide. Et cela n’est pas sans conséquence : l’être transcendant a fait place dans la conscience des hommes à l’être humain.

Mikailou Cissé

Source : saheltribune

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