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Crise au Mali : les réseaux sociaux inondés de fake news

Cette propagation de fake news inquiète dans un contexte de crise politique. Mais certains activistes luttent pour les démentir et limiter leur propagation.

 

Abdoulaye Guindo donne les consignes à son équipe. Ce coordinateur du site d’information Benbere a créé, avec d’autres confrères, la composante Benbere Vérif, qui traque et démonte les moindres fausses nouvelles. Et ces dernières semaines, les vidéos, photos ou encore faux communiqués abondent sur les réseaux sociaux maliens.

“Ces fake news tournent autour de la désinformation contre les forces armées étrangères qui sont Barkhane, Takuba ou la Minusma. Mais également en faveur de l’accueil au Mali de la société de sécurité Wagner”, constate Abdoulaye Guindo.

Si la rue soutient le gouvernement, une large partie de ces fake news vont également dans son sens et tendent à discréditer la politique française en Afrique ou encore la Cédéao.

Certaines vont jusqu’à annoncer la rupture des discussions entre les partenaires, plongeant le pays dans une brouille informationnelle.

Mode d’emploi d’élaboration des fake news

Le coordinateur du site d’information Benbere, Abdoulaye Guindo, explique sur la DW que “Les fake news sont d’abord rédigées en français. Des personnes les traduisent ensuite en langue locale et les envoient dans les groupes WhatsApp des populations. Donc lorsqu’on les démonte en français, pour toucher le plus grand nombre de population, on est en collaboration avec des radios de proximité qui traduisent ces fake news dans les langues locales.” 

Pour Boukary Sangaré, chercheur malien qui a longtemps étudié la question, si certains de ces influenceurs d’opinion sont connus, beaucoup d’entre eux réalisent ces vidéos dans leur chambre, à l’abri des regards. Ou presque :

“Ces vidéo men, ces Tiktok men, ces activistes, ce ne sont pas des professionnels de la communication, ce ne sont pas des journalistes, ce sont des gens qui ont un réseau et qui se sont spécialisés dans ce type de communication.”

Propagande rémunérée

Et bien sûr contre rémunération.

“Ce qu’on peut remarquer et qui est inquiétant, cela s’est passé lors de la contestation contre Ibrahim Boubacar Keïta, est que ces gens avaient approché les hommes politiques afin de dénigrer l’autre partie et en contrepartie, ils gagnaient de l’argent”, affirme sur la DW le chercheur malien  Boukary Sangaré.

Mais les acteurs politiques ne semblent plus être au cœur de la machine de la désinformation aujourd’hui. En coulisse, certains insinuent que la présence d’un nouvel acteur n’est pas inconnue à cette campagne. La même méthode ayant été utilisée par les Russes dans d’autres pays, notamment en République centrafricaine.

Source : DW

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