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Bamako : une matinée sans les transports en commun !

La capitale malienne a connu, ce mercredi 3 février, une paralysie des activités suite à la grève des conducteurs de transport en commun. En plus des SOTRAMA (Société de transport en commun), ce mouvement de grève a concerné tous les autres moyens de transport en commun, comme les Taxis, les Tricycles et même les Mototaxis.

Les plus pressés marchent au bord des voies publiques dans l’espoir de raccourcir leur trajet avant que des bonnes volontés ne leur vienne en aide. Ceux qui ont un peu de ressources financières préfèrent emprunter des taxis. D’autres préfèrent plutôt rejoindre les grévistes en décidant de rester chez eux. En tout cas, les conducteurs de véhicules personnels ainsi que les motocyclistes ont eu l’impression que les voies se sont élargies. Voilà ce à quoi nous assistons lorsque les verts, comme on se plait à les nommer, sèchent la circulation.

Bamako, la capitale malienne s’est réveillée différemment ce mercredi. Les transports en commun sont en arrêt de travail. Selon K. Traoré, conducteur de SOTRAMA, le motif de cette grève est « la prise d’une nouvelle mesure par le ministère en charge des Transports et des infrastructures. » Laquelle exige des conducteurs de véhicules en commun, le paiement des péages par nombre de passages tout en doublant la somme. Fixée à 1000 FCFA pour une durée de 24 heures, cette somme s’est vue doublée par tour, explique un syndicaliste.

Impacts sur les passagers

Pendant toute la journée de ce mercredi, on pouvait constater l’absence totale des SOTRAMA sur les tronçons de la capitale malienne. Les taxis et les autres moyens de transport en commun se sont également faits rares sur les différents trajets de la capitale, par crainte de se faire agresser par les apprentis chauffeurs ou tout simplement, pour la bonne conduite de la lutte. De temps en temps, on pouvait voir dans la circulation des apprentis arrêter des conducteurs de mototaxis. Une manière de les obliger à respecter le mot d’ordre.

Ce phénomène n’est pas sans conséquence sur la population dans la mesure où plusieurs résidants de Bamako ont comme moyen de déplacement, ces transports en commun. À cause de cette grève, des responsables de famille se sont vus empêcher d’être dans leurs lieux de travail, des élèves ont séché leurs cours.

« Je suis là depuis 7 heures. Je n’arrive pas à trouver un moyen pour accéder à mon lieu de travail en raison de cette grève. C’est vraiment déplorable ! », laisse entendre une jeune secrétaire dans un service privé à la Rive gauche de Bamako. « Je serai dans l’obligation de retourner à la maison pour n’avoir pas eu un moyen pour aller à l’école », déplore un élève de 10e année au Lycée Sacré-Cœur de Baco Djicoroni alors qu’il était déjà 9 h. Quant à Clémentine, vendeuse de chaussures au grand marché de Bamako, elle se contente d’exhorter les conducteurs et les autorités de la transition à trouver un terrain d’entente afin que cette situation puisse être résolue le plus vite possible.

Le gouvernement calme les tensions

Le gouvernement a bien entendu les appels et s’est montré soucieux des difficultés que traversent les Maliens. Pour calmer les tensions et permettre aux citoyens de vaquer à leurs occupations quotidiennes, le ministre des Transports et des Infrastructures, à travers un communiqué, ce mercredi 3 février 2021, a annoncé le report de la mesure, à l’origine de ce mouvement de grève.

Initialement prévue pour le 1er février 2021, l’entrée en vigueur de ladite mesure concernant le paiement de la redevance de péage par passage à tous les postes de péage est reportée au 17 février 2021, précise le communiqué gouvernemental.

Le ministre précise toutefois que ce mode de paiement, confirmé par le Conseil des ministres à sa session du mercredi 19 février 2020, « est pratiqué par les autres pays de l’UEMOA ».

Selon Harouna Konaré, adjoint du secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats et transporteurs routiers, après le communiqué du gouvernement malien, les transporteurs ont immédiatement repris le travail.

Néanmoins, avant le 17 février 2021, les syndicats espèrent des pourparlers avec les autorités de la transition afin d’échanger autour de cette situation. « Ce pays est pour nous tous. Personne ne viendra le construire pour nous. Mais il faut qu’on s’écoute », invite M. Konaré.  

Bakary Fomba   

Source: Phileingora

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