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Bah N’Daw, Moctar Ouane en « résidence surveillée » : Le silence coupable de la Cédéao, la crainte des putschistes

Quelle information ont les chefs d’Etat de la Cédéao pour garder le silence au sujet de la « résidence surveillée » jugée illégale de l’ancien président de la Transition, Bah N’Daw, de son Premier ministre, Moctar Ouane et des officiers ? Les ont-ils lâchés ? De quoi Assimi Goïta a-t-il peur pour mettre « ces geôliers » en liberté ? 

 

 Bah N’Daw et Moctar Ouane respectivement ancien Président et Premier ministre de la Transition sont toujours assignés à résidence surveillée. Ils avaient été arrêtés le 24 mai 2021 dans un second coup de force mené par le colonel Assimi Goïta. Messieurs N’Daw et Ouane ont pu rentrer chez eux à Bamako, le 27 mai 2021, mais sont maintenus en « résidence surveillée ».

Deux mois après qu’ils aient été chassés du pouvoir, les deux personnalités et des militaires ne sont toujours pas libres de leur mouvement. Plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme sont sorties de leur réserve demandant la relaxe des personnalités. Au nombre de celles-ci ; la Coordination nationale des droits de l’Homme (CNDH), l’Association malienne des procureurs et poursuivants, l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH). Ces regroupements n’ont-ils pas qualifié « d’atteintes graves à la Constitution de la République du Mali en son passage de relatif à la liberté de mouvement ».

Me Ismaël Konaté engagé comme avocat par les « prisonniers », après l’envoi d’une correspondance au chef de l’Etat, pour demander la relaxe de Bah N’Daw et Moctar Ouane, a fini par être refoulé par des militaires quand il voulu leur rendre visite. Ce dernier a dénoncé ce qu’il qualifie « la dictature des autorités de la Transition ». Et de poursuivre que ses clients sont « à résidence sans droit ni motif et sans base juridique …Le droit est violé et les citoyens bafoués au vu et au su de tous ».

Justement beaucoup de nos compatriotes ne comprennent pas cette inertie de la représentation de la Cédéao et des chefs d’Etat de l’institution ouest africaine.

Impliquée dans la médiation de la crise malienne, la Cédéao à travers son envoyé spécial, Gooluck Johathan, aux lendemains du second coup de force, le 26 mai 2021, avait exigé la relaxe sans condition du président déchu et de son PM. Cette demande a été renouvelé lors de l’entretien qu’à eu Assimi Goïta avec le médiateur Goodluck.

Si le président de la Transition est resté sourd à la demande des défenseurs des droits de l’Homme, la Cédéao ne manque pas de moyens de pression pour obtenir la relaxe des « détenus ». Qu’est ce qui explique ce mutisme des chefs d’Etat ? Cautionnent t-il cette violation des droits de l’Homme par Assimi ?  Les ont-ils lâchés ?

Aujourd’hui, l’opinion ne comprend pas qu’après plus de deux mois de détention, ce que la junte a comme reproche à Ba N’Daw et Moctar Ouane pour qu’ils soient gardés comme des « chiens méchants ».

Dans des salons feutrés de la capitale, on tente de donner des explications. Pour certains, les putschistes se méfieraient toujours de Bah N’Daw, un militaire de surcroît un colonel. Donc, laisser vaguer librement les « détenus » à leurs occupations en ces temps-ci, n’est pas de nature à ramener la quiétude. D’autres estiment que le régime craint un imprévu entre le colonel à la retraite et l’ancien patron de la Sécurité d’Etat, le colonel Kassoum Goïta, en fuite.

En sommes, libérer Ba N’Daw et les autres militaires et n’avoir pas mis la main sur Kassoum Goïta serait très risqué et représenterait une erreur à ne pas commettre. Depuis le 24 mai, la disparition du colonel Goïta coupe le sommeil au régime.

Amadou Sidibé

Source : Arc en Ciel

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