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31 ANS DE L’ADÉMA-PASJ

31 ANS DE L’ADÉMA-PASJ

Puiser dans l’énergie militante du passé pour éclairer la marche démocratique vers l’avenir

Devoir de mémoire et opération remobilisation pour les adémistes. Le mercredi 25 mai, les militants du parti à l’effigie de l’Abeille se sont retrouvés par centaines au Centre International des Conférences de Bamako (CICB) pour souffler leurs 31 bougies. Un anniversaire que les membres, amis, sympathisants et invités de l’ADÉMA PASJ ont mis à profit pour alimenter le débat existentiel sur l’avenir de la démocratie dans notre pays.

Qu’elles qu’aient été les sorts divers que le parti a connus en trois décennies d’existence, les anniversaires de l’Adéma PASJ ont toujours su conserver le pouvoir de recréer l’ambiance enthousiaste et la force de la conviction militante qui ont porté l’Abeille sur les fonts baptismaux un 25 mai 1991. Hier, mercredi 25 mai 2022, le refrain de l’engouement militant et l’hymne de l’optimisme démocratique ont encore fortement résonné dans la salle des banquets du CICB à l’occasion des 31 ans du PASJ.

Venus nombreux, au point qu’il a manqué dans la salle des places assises pour certains, les militants adémistes et leurs invités ont, durant quatre heures, partagé les souvenirs, les appréciations, les jugements, les attentes qu’ils ont de l’Adéma PASJ.

La cérémonie s’est déroulée en quatre temps.

Dans un premier laps, le président du parti, Pr Marimantia Diarra, a prononcé un discours dans lequel il a résolument défendu le rôle capital des formations politiques dans toute société tournée vers des horizons démocratiques. « Vous n’êtes pas sans savoir que certains de nos concitoyens jettent le discrédit sur les partis politiques, les tenant pour seuls responsables de tous les maux qui nous assaillent, allant jusqu’à prôner leur suppression ou leur mise en veilleuse. La question est de savoir, comment construire une société démocratique et un état de droit, dans lequel les libertés individuelles et collectives sont protégées, la justice bien distribuée et rendue, sans les politiques et les partis politiques ? Même si les partis politiques en Afrique jouent insuffisamment leur rôle de fonction programmatique, de contrôle de l’action gouvernementale, de socialisation politique ; il n’en demeure pas moins que la crédibilité de la démocratie dépend de la vitalité des partis politiques à proposer des projets de société et des programmes de gouvernement compétitifs et alternatifs. Quel type de démocratie pouvons-nous construire sous nos tropiques sans les partis politiques ? », a-t-il posé comme préoccupation.

Le numéro 1 du PASJ s’est aussi affiché en avocat déterminé des actions, des choix et des réalisations de sa formation politique. « Je ne cesserai de rappeler que l’Adéma-PASJ, notre parti, est un grand Parti qui a fait la fierté du Mali et suscité le respect et l’admiration en Afrique et dans le monde ; des avancées significatives ont été faites sous son leadership que nous devons valoriser dans la cohésion, l’unité et la discipline en notre sein. Sans anticiper sur le bilan des actions et réalisations de la décennie 1992-2002, dans le cadre du programme de notre Parti qui sera très bientôt publié, à l’occasion très certainement de l’anniversaire de l’accession de notre parti au pouvoir, un 08 juin 1992, je voudrais réfuter les procès faciles qui nous sont souvent faits à dessein et refuser l’auto-flagellation, car « notre parti n’a jamais été l’ennemi de ce pays, il a été sa truelle et son ciment, accompagné par d’autres forces, d’autres volontés, d’autres démocrates et patriotes », dixit le camarade Dioncounda Traoré . Je vous invite donc renouer avec nos valeurs de camaraderie, de travail, de discipline, de respect de l’autre, mais surtout de solidarité et de justice, pour faire face aux accusations infondées et injustes. Nous devons absolument redevenir des camarades engagés autour des mêmes valeurs et travaillant pour le même projet de société. Car, nous disposons d’un projet de société qui n’a jamais été remis en cause, et n’avons pas le droit de le renier, ni de trahir la mémoire des camarades qui sont morts pour son triomphe, ni de trahir le contrat d’espérance et de confiance qui nous lie au peuple malien, à travers nos nombreux élus. », a-t-il vigoureusement défendu. Dans son élan verbal aux accents de plaidoyer, le Pr Diarra a appelé les militants adémistes à se remobiliser afin de raviver la flamme démocratique qui, selon lui, est la raison d’être même du parti.

 

Dans un deuxième temps, les responsables des partis politiques nationaux invités (URD, RPM, ASMA, PS YELEEN COURA, PARENA etc.) se sont succédé au pupitre pour apporter des témoignages sur la contribution de l’Adéma au combat pour la liberté au Mali. Ces passages de divers acteurs politiques au micro, ont surtout servi de créneaux à certains des orateurs pour émettre des réflexions critiques sur l’actualité politique de notre pays. Parmi les interventions, celle de Djiguiba Keïta dit PPR, le secrétaire général du PARENA, a eu l’art de provoquer de vives acclamations dans le public. PPR a regretté une forme de recul des acquis démocratiques, et a appelé l’Adéma « à assumer son rôle de leadership historique » dans le sursaut contre le rétrécissement de la démocratie qui menace à présent la Nation.

Le troisième temps de la journée-anniversaire a été consacré à la conférence-débat au thème si brûlant d’actualité : « Quel avenir pour les partis politiques dans les démocraties africaines ? Cas du Mali. » La séquence, co-animée par l’historien et ex-ministre, le Pr Doulaye Konaté, et le Dr Ousmane Sy, également ancien ministre, a été modérée par le Pr Moustaph Dicko qui a aussi occupé un maroquin ministériel. Ce panel de haut calibre a développé des réflexions croisées sur la forme mais aussi le fond de notre démocratie depuis trente et un ans. En s’appuyant sur des épisodes historiques allant de l’époque coloniale à la décennie actuelle, le Pr Konaté et le Dr Sy ont brillamment analysé l’évolution, les fragiles acquis, les faiblesses, les ratés et les énormes défis des formations politiques du Mali. Tous deux ont notamment relevé la défiance aiguë que les populations nourrissent aujourd’hui à l’égard des partis politiques. Ainsi le Pr Konaté et le Dr Sy d’encourager les acteurs politiques et les universitaires à « un travail soutenu de recherches et de réflexions » sur les causes profondes du discrédit qui souffle sur les partis politiques depuis des années et à « trouver ensemble les meilleures solutions » pour que les partis incarnent « dans les projets comme dans les faits » les aspirations et la confiance des citoyens.

Les arguments déroulés par les deux ex-ministres ont provoqué un intérêt certain chez l’auditoire. Au sein duquel beaucoup d’autres personnalités ont tenu à nourrir le débat par leurs contributions. La Pr Bintou Sanankoua et l’ancien ministre Adama Samassékou, entre autres, ont insisté dans leurs prises de parole sur la nécessité de repenser l’exercice politique autour de nos valeurs éthiques fondamentales. « Cultiver la vérité en toute chose… Se convaincre du caractère sacré du bien public… faire de l’honneur et de la dignité sa boussole de tous les jours… » a prôné A. Samassekou en bamanankan.

Enfin, de nombreuses questions, adressées aux panélistes, et auxquelles ils ont apporté des réponses approfondies mais pas tranchées, ont mis fin à la journée indéniablement riche en actes.

MOHAMED MEBA TEMBELY

Source: Les Échos- Mali

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