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Ségou : Les résultats probants du groupe de soutien des activités de nutrition

Mercredi, après une heure 15 minutes de route poussiéreuse et cahoteuse, nous arrivons au village de Samabougou, accompagnés d’une équipe de l’UNICEF. Le gros pied d’arbre dans la cour du chef de village abrite des femmes avec des nourrissons sous le bras et une poignée d’hommes. Tous étaient conviés à prendre part à une rencontre instituée par le Groupe de soutien des activités de nutrition (GSAN) de Samabougou. Essentiellement composé de plusieurs membres (hommes et femmes), ce groupe s’investit dans la lutte contre la malnutrition au niveau communautaire par des sensibilisations et démonstrations culinaires.


À travers une présentation de la boîte à images, un appui visuel précieux pour les GSAN, les femmes ont pu mieux appréhender les pratiques essentielles en nutrition à partir des questions et réponses.
Boua Diarra, appuyé par son collègue, a procédé au dépistage de la malnutrition. Le périmètre brachial de chaque enfant a été mesuré à partir de la bande de Shakir qui comprend trois couleurs (le vert, le jaune et le rouge), chacune correspondant à un état nutritionnel. Le premier indique que l’enfant est en bon état de nutrition. Le second montre qu’il est malnutri modéré. Enfin le dernier désigne un enfant malnutri sévère. Maïmouna Bouaré, chef du GSAN de Samabougou, quant à elle, mentionnait dans son registre les résultats de l’analyse qui révèleront plus tard 15 enfants en bonne santé, cinq cas modérés et quatre enfants malnutris sévères. En charge de la démonstration culinaire, Maïmouna Diarra prépare de la bouillie enrichie sous le regard attentif des femmes. Elle combinera de la farine de mil, une poudre d’arachide déjà pilée et tamisée, de l’eau, du sel, du sucre, des feuilles séchées, etc.
Aïssata Diakité prend part à la rencontre. Sa fille Djénéba Bouaré a des cheveux fins cassants et le corps amaigri. étant malnutrie, elle suit actuellement un traitement dans l’aire sanitaire de Boussin, dont le village de Samabougou est rattaché. Aïssata Diakité est consciente de l’intérêt de cet exercice nutritionnel qui est de renforcer sa capacité à préparer des repas équilibrés pour son enfant. Après la phase de démonstration culinaire, chaque enfant a eu droit à un gobelet contenant de la bouillie enrichie. La joie et la fierté se lisaient sur le visage de Maïmouna Diarra et de ses camarades qui ont assuré la cuisson à un rythme cadencé.

Le nombre de groupes de soutien des activités de nutrition dans les districts sanitaires de Barouéli et Ségou est de 153. Les causes de la malnutrition sont multiples. On citera la famine, les guerres, la sécurité alimentaire insuffisante dans les familles qui ne peuvent produire ou acquérir les aliments contenant l’énergie et les nutriments nécessaires, les catastrophes naturelles, etc. Pour combattre ce fléau, l’UNICEF travaille ardemment pour faire bouger les lignes dans un Mali, où, un enfant sur quatre souffre de malnutrition chronique et un sur dix de malnutrition aigüe. Maïmouna Bouaré est fière des actions du GSAN. « Un enfant prénommé Fousseyni, qui a été le premier à être dépisté de la malnutrition se porte mieux à présent », s’est-elle réjouie.
Désignée par les membres de son village pour diriger le GSAN, Maïmouna Bouaré a conscience de la lourde tâche à accomplir afin d’endiguer le fléau de la malnutrition qui sème la terreur dans cette bourgade. Elle ne cessera de remercier ses adhérents et l’UNICEF pour les efforts qu’ils déploient au quotidien afin de résoudre le problème de malnutrition qui affecte la population.
Boua Diarra a le visage illuminé en permanence d’un large sourire. Il dit avoir intégré le groupe en vue d’éradiquer la malnutrition dans son village. Outre cette affection, il révélera que les habitants de son village sont confrontés au paludisme et la diarrhée chronique. Avec l’aide de l’UNICEF, le GSAN a fortement outillé les femmes. « La majeure partie de la population qui vit de la culture des céréales, ignorait complètement les bonnes pratiques alimentaires. Sur le plan culinaire, la bouillie était préparée avant avec une seule céréale. Aussi, les femmes avançaient certaines raisons comme par exemple, qu’elles ne disposent pas de suffisamment de temps pour allaiter leurs enfants. De nos jours, la bouillie est renforcée par d’autres aliments et il y a une réelle prise de conscience de la population grâce à la sensibilisation », a indiqué Boua Diarra.

Le nombre d’enfants malnutris ne cesse d’augmenter dans le pays. Spécifiquement, la Région de Ségou est caractérisée par une forte prévalence avec un triste taux de 11,2% de malnutrition aigüe. Elle arrive en quatrième position derrière Gao (14,2%), Ménaka (13,5%), et Tombouctou (12,5%). Ces données de l’enquête Smart de 2018, conduite par l’INSTAT avec l’appui de l’UNICEF, du PAM, de la FAO et l’OMS sur financement de l’Union européenne révèlent que Ségou est la seule région du sud du pays qui affiche un taux de malnutrition aigüe. C’est conscient du rôle des GSAN et de l’impact de ses actions que le Fonds des Nations unies pour l’enfance au Mali appuie ses entités par la formation des membres sur des thématiques liées à la nutrition, l’utilisation de la boîte à images, la mise à disposition de matériels nécessaires pour les démonstrations nutritionnelles, l’équipement des CSCOM en outils de dépistage et en aliment thérapeutique prêt à l’emploi comme le «Tigadegueni», (en français la pâte d’arachide), une méthode simple, économique et très efficace pour pallier cette problématique de santé publique.
La réduction de la mortalité infantile est la priorité de toutes ses priorités. La bonne compréhension et une grande implication des communautés sont obligatoires pour un dépistage rapide, une prise en charge précoce et massive en vue de réduire le taux de mortalité infantile, d’où l’approche GSAN qui contribue à accroître les connaissances des populations sur les bonnes pratiques nutritionnelles.

Mamadou SY
AMAP-Ségou

Source: L’Essor-Mali

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